« Par quoi veut-il les remplacer? »

Ni la Coalition des citoyens et organismes engagés... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Ni la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, ni le maire Jean-Guy Cloutier ne semblent impressionnés par l'annonce faite hier par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, confirmant le le retrait des wagons-citernes DOT-111 pour le transport du pétrole lourd au Canada.

Archives La Tribune, René Marquis

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) «Il ne s'agit pas nécessairement d'une nouvelle. L'annonce avait déjà été faite en lien avec la réglementation américaine, que cela allait se faire un an plus vite aux États-Unis. Comme les DOT-111 circulent de part et d'autre de la frontière canado-américaine, nous croyons que le ministre Garneau ne fait que s'ajuster, il n'a pas vraiment le choix! C'est comme une contrainte pour lui, disons un enjeu auquel il doit se plier.»

Voilà comment le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, a réagi à la nouvelle que le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, souhaite devancer à novembre prochain le retrait des wagons-citernes DOT-111 pour le transport du pétrole lourd au Canada.

«Pour nous, la grande question, c'est par quoi veut-il les remplacer? Les wagons CPC-1232 sont disponibles, une nouvelle classe de wagons sur les rails depuis 2015-2016. Mais en 2015, en Ontario, ces wagons ont été impliqués dans des déraillements importants et ils ont explosé comme les DOT-111 à Lac-Mégantic. Pour ce qui est des TC-117, qui sont évoqués, avec des boucliers protecteurs et une couche de protection thermique, ils ne sont même pas encore sur le marché. C'est beau les nouvelles normes sur papier, ils ne sont pas encore sortis des usines. Ces nouveaux wagons-citernes vont coûter 200 000 $ chacun, et le changement des DOT-111 pour eux coûterait, semble-t-il, 40 milliards $. Qui va payer pour ça?», questionne M. Bellefleur.

«Pour Lac-Mégantic, cela ne change pas grand-chose. Nous restons inquiets, car les DOT-111 vont continuer à être utilisés sans doute pour d'autres produits dangereux, l'acide sulfurique, le chlore et autres. C'est une chose d'annoncer le retrait des DOT-111, mais il faut prendre des mesures correctives. Ce qui nous sécuriserait le plus, c'est d'annoncer la construction de la voie de contournement du centre-ville. Nous avons vu que le ministre doit appeler le maire Jean-Guy Cloutier pour faire devancer l'étude de faisabilité. N'est-ce pas le monde à l'envers? N'est-ce pas M. le maire qui devrait appeler le ministre et le talonner? Ne sommes-nous pas trop prudents avec la Ville de Lac-Mégantic?»

Voie de contournement

Déjà lundi matin (hier), le ministre Garneau a appelé le maire Cloutier.

« J'étais content qu'il m'appelle. Je ne suis pas contre le remplacement des wagons DOT-111, plus rapidement, par des wagons TC-117 pour atteindre les objectifs. Cela va avantager la sécurité de tous les Canadiens, mais cela ne guérira pas la population de Lac-Mégantic. Ils savent ce que nous voulons», réagit Jean-Guy Cloutier.

«L'étude de faisabilité de la voie de contournement, M. Garneau m'en a parlé, il sait que la ville administre le contrat avec AÉCOM. Nous allons étudier assez rapidement, d'ici un mois ou deux, les conditions de réalisation de cette étude. Maintenant, est-ce que nous pouvons gagner des heures, ou des jours, ou bien des mois, ou encore un an, c'est là la question. Je ne suis pas satisfait que l'étude de faisabilité nous mène à une réalisation de la voie de contournement en 2021-2022. On va tout faire ce qu'on peut faire pour obtenir le dossier final. Nous allons voir avec notre monde et puis nous parlerons avec le gouvernement provincial pour faire devancer des choses.»

M. Cloutier a ainsi évoqué des délais causés par des règlements du ministère de l'Environnement, entre autres du BAPE.

«Comme il s'agirait d'un contrat de plus de 100 millions $, c'est une autre classe de réglementation. Nous allons passer tout ça au peigne fin et essayer d'obtenir plus de latitude de leur part, concernant ces règlements majeurs, afin de gagner du temps. Mais depuis trois mois, nous faisons notre travail et on va aller frapper aux portes en temps et lieu», indique-t-il.

L'UMQ et le BST apprécient l'avancée

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) a réagi favorablement à l'annonce, par le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, que l'échéance pour le retrait graduel des wagons-citernes DOT-111, destinés au transport de pétrole brut, serait devancé de sept mois, au 1er novembre 2016.

« L'accélération du retrait des wagons-citernes DOT-111 constitue une bonne nouvelle et un pas additionnel pour accroître la sécurité ferroviaire du transport de matières dangereuses au Québec et au Canada. Le ministre répond ainsi aux demandes exprimées par l'UMQ en faveur d'une meilleure prévention, entre autres, dans son Plan d'action sur la sécurité du transport ferroviaire, pour éviter que des tragédies comme celle de Lac-Mégantic ne se reproduisent », déclare Michel Angers, président de la Commission de la sécurité publique de l'UMQ et maire de Shawinigan.

L'organisme estime toutefois qu'il reste beaucoup de travail à effectuer pour réduire les risques liés au transport de matières dangereuses par train au Canada. À cet égard, l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, conjointement avec l'UMQ, prépare une Journée de réflexion sur la sécurité ferroviaire. Le ministre Marc Garneau y a été invité. Les élus du Québec et du Nouveau-Brunswick pourront y faire le point sur les améliorations en matière de sécurité ferroviaire, depuis la tragédie de Lac-Mégantic, et les lacunes toujours existantes.

Le BST satisfait

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a également réagi à l'annonce faite par le ministre Garneau, sous forme de déclaration de sa présidente, Kathy Fox. Celle-ci s'est dite heureuse de constater que le ministre Marc Garneau accélère le retrait de ces wagons-citernes comportant un risque accru, afin qu'ils ne servent plus à transporter du pétrole brut.

« La publication de l'ordre annoncée aujourd'hui (lundi) constitue une mesure positive, et met en évidence le leadership du Canada en ce qui a trait à la prise de mesures pour améliorer la sécurité des wagons-citernes. Nous nous attendons à ce que la prise de mesures rigoureuses se poursuive de la part de l'organisme de réglementation et de l'industrie en vue de réduire les risques associés au transport par rail de pétrole brut et d'autres liquides inflammables »,

souligne Mme Fox.

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