Un écran de fumée, estime l'organisme Convoi-Citoyen

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(Lac-Mégantic) Un écran de fumée. Voilà comment Nicole Jetté, porte-parole de Convoi-Citoyen, a présenté la communication où son organisme réagit aux mesures du gouvernement fédéral et de Transports Canada pour rassurer les municipalités canadiennes en matière de sécurité du transport ferroviaire de matières dangereuses, à la suite de la tragédie de juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Convoi-Citoyen croit que cette campagne de séduction mise en place dernièrement ne constitue qu'une façon détournée de calmer la grogne, tout en évitant de s'attaquer au problème fondamental. L'organisme s'interroge entre autres sur la déclaration du ministre Garneau spécifiant que ce qui le préoccupe le plus, c'est de s'assurer «que les premiers répondants puissent réagir dans le cas où il y a un déraillement avec possiblement une explosion et une fuite de matière dangereuse» ! Ce qui préoccupe Convoi-Citoyen, au contraire, ce sont les conditions dans lesquelles ces matières dangereuses circulent!

«Cette campagne est un écran de fumée derrière lequel se cache malheureusement l'inquiétante réalité que depuis 2013, fondamentalement, rien n'a changé! Ce qui met à risque la sécurité de nos populations et de nos milieux de vie, c'est la réglementation... ou plutôt, la déréglementation!», écrit Mme Jetté. «La relation chaleureuse" entre l'industrie et Transports Canada est un obstacle à l'amélioration de la sécurité ferroviaire... Veiller à la sécurité des populations, c'est travailler en amont des équipes d'intervention d'urgence. C'est établir une réglementation beaucoup plus stricte et veiller à ce qu'elle soit appliquée. C'est prioriser la population plutôt que le profit.»

Convoi-Citoyen le mentionnait d'ailleurs dans une lettre envoyée au ministre Garneau: «Ce système de gestion de la sécurité ferroviaire est la faille majeure du système de sécurité ferroviaire au Canada. Le Bureau de la sécurité dans les transports (BST) a d'ailleurs souvent déploré la non-divulgation des fautes que ce système favorise.»

Mme Jetté s'interroge ensuite sur la réduction des budgets de Transports Canada de 21 pour cent, alors que l'organisme est déjà en déficit de 25 milliards$. Elle craint que Transports Canada soit ainsi obligé de réduire ses activités, notamment quant au nombre et au type d'inspections et à la quantité d'inspecteurs, de plus en plus confinés à du travail de bureau.

Le chercheur à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Bruce Campbell, l'a d'ailleurs mentionné dans son discours lors du rassemblement, à Lac-Mégantic, du 10 juillet dernier: «Le mythe de l'autoréglementation des entreprises n'est jamais fondamentalement remis en question.»

«Si les maires et mairesses veulent véritablement protéger leurs concitoyens, (...) ils et elles doivent prendre position et étudier sérieusement la question de la réglementation ferroviaire et des systèmes de gestion de la sécurité. (...) Le cadre actuel de la mainmise de l'industrie sur la réglementation fait que la sécurité des populations est menacée... Ne nous laissons pas berner, prévenons l'irréparable!», conclut Nicole Jetté.

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