Garneau devance le retrait des wagons DOT-111

Affirmant vouloir faire de la sécurité ferroviaire une priorité, Ottawa devance... (La Presse, Edouard Plante-Fréchette)

Agrandir

La Presse, Edouard Plante-Fréchette

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Affirmant vouloir faire de la sécurité ferroviaire une priorité, Ottawa devance de plusieurs mois le retrait des anciens wagons-citernes DOT-111 mis en cause dans la tragédie de Lac-Mégantic, a appris La Presse canadienne.

Ainsi, en date du 1er novembre 2016, les vieux wagons-citernes DOT-111 ne pourront plus transporter de pétrole brut sur les chemins de fer au pays.

C'est six mois plus tôt que ce qui était prévu pour le retrait des wagons-citernes sans protection thermique appelée « chemise ». Quant aux modèles munis de cette protection, ils ne feront pas exception et seront bannis en même temps que les autres, soit 16 mois plus tôt que ce que le calendrier prévoyait à l'origine.

Trois ans après la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic qui a coûté la vie à 47 personnes, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, affirme que la sécurité dans les transports est sa priorité numéro un.

« C'est clair que pour transporter du pétrole brut, il faut quelque chose de plus robuste, a expliqué M. Garneau en entrevue à La Presse canadienne. C'est pour ça qu'on s'en va vers un nouveau standard, qui est le TC-117. »

Le ministre donnera donc un ordre pour devancer le retrait des DOT-111 (qui n'ont pas fait l'objet d'une importe mise à niveau pour se conformer à une nouvelle norme), puisqu'ils sont reconnus pour leur faible résistance aux impacts. Il en fera l'annonce lundi, à Montréal.

Les TC-117 sont faits d'un acier plus épais et comprennent davantage de dispositifs de sécurité, comme des boucliers protecteurs et une couche de protection thermique. « Ce genre de wagon-citerne serait beaucoup plus capable de résister à une perforation », a assuré M. Garneau.

Matières dangereuses

Cette annonce ne signifie pas que ces DOT-111 disparaîtront complètement des chemins de fer au Canada. Seulement, ils ne pourront plus transporter de pétrole brut.

« La réalité, c'est qu'on ne pourra pas empêcher le transport de matières dangereuses à travers le pays, a fait valoir M. Garneau. Mais on peut certainement prendre beaucoup plus de précautions, et c'est ce que mon gouvernement est en train de faire. »

Dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic, diverses mesures avaient été prises pour minimiser les risques d'accident. Ainsi, la vitesse des convois a été réduite dans les villes et les municipalités sont désormais informées du type de matières dangereuses qui peuvent traverser leur territoire.

M. Garneau dit examiner actuellement d'autres mesures qui pourraient améliorer davantage la sécurité ferroviaire.

« On est en train d'explorer ces mesures-là. En temps et lieu, j'en parlerai. Mais c'est certainement quelque chose qui est important pour moi, parce que je veux m'assurer, dans la mesure du possible, qu'on n'ait aucun accident quand on transporte des matières dangereuses », a-t-il affirmé.

Ces précautions sont d'autant plus importantes que le transport du pétrole par rail a grimpé en flèche au cours des dernières années. L'an dernier, 146 000 chargements de pétrole brut ont circulé sur les voies ferrées du pays.

L'industrie avait d'abord été réticente devant la volonté d'Ottawa de se débarrasser des vieux DOT-111, compte tenu des coûts importants pour les remplacer. M. Garneau soutient qu'elle fait désormais équipe avec le gouvernement fédéral. « C'est du progrès, parce qu'on a réussi à avoir l'accord de tout le monde pour accélérer ce processus », a-t-il signalé.

Le Canada collabore également de près avec les États-Unis, puisque les réseaux ferroviaires sont interconnectés et qu'une part importante du pétrole qui circule au Canada provient du Midwest américain.

Voie de contournement

Par ailleurs, le ministre n'exclut pas la construction d'une voie de contournement pour le chemin de fer qui traverse toujours Lac-Mégantic.

L'entreprise AECOM a, dans une phase préliminaire de son étude, proposé une voie de contournement de près de 12 kilomètres, qui pourrait être réalisée pour 115 millions $. La deuxième étape de l'étude consiste à évaluer notamment les impacts environnementaux et à identifier les propriétaires qui pourraient être expropriés. Les citoyens de la municipalité estrienne s'impatientent toutefois, puisque l'infrastructure ne pourra être réalisée avant 2021.

M. Garneau affirme qu'il discutera justement bientôt des échéanciers de cette étude avec le maire de Lac-Mégantic, Jean-Guy Cloutier.

« Je vais m'entretenir très prochainement avec le maire de Lac-Mégantic, à savoir s'il y a moyen d'accélérer cette étude, en prenant en considération le fait que c'est la ville qui gère ce contrat », a-t-il souligné.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer