Les paniers bios ont la cote

Le réseau d'Équiterre ne comptait que sept fermes... (Photo fournie par Équiterre, Nathalie Bergeron)

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Le réseau d'Équiterre ne comptait que sept fermes et fournissaient environ 250 familles en 1996. Or, 20 ans plus tard, il regroupe 122 exploitations agricoles qui approvisionnent près de 17000 familles.

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(Magog) Des tas de gens rêvent de faire pousser des plants de tomates, de fèves et de concombres derrière leur maison. Certains finissent par prendre leur courage à deux mains et s'astreignent à effectuer les semis, arracher les mauvaises herbes et récolter les légumes cultivés. D'autres préfèrent se tourner vers les paniers de légumes, une formule qui ne cesse de gagner en popularité.

L'organisme Équiterre est bien placé pour constater l'engouement croissant de la population québécoise pour les paniers de légumes. Depuis 20 ans, l'organisme supervise un réseau de fermes qui préparent des paniers d'aliments biologiques et les écoulent sur différents marchés.

Le réseau d'Équiterre ne comptait que sept fermes et fournissait environ 250 familles en 1996. Or, 20 ans plus tard, il regroupe 122 exploitations agricoles qui approvisionnent près de 17 000 familles.

«On a toujours cru à cette formule, confie Isabelle Joncas, chargée du projet des paniers bios chez Équiterre. On est très content de voir qu'il y a une augmentation et que la tendance à la hausse semble vouloir se maintenir. Cela dit, on a développé notre réseau une ferme à la fois. On a jamais eu d'objectifs précis en ce qui concerne sa croissance.»

Au cours des dernières années, un livre écrit par Jean-Martin Fortier, Le jardinier-maraîcher : manuel d'agriculture biologique sur petite surface, aurait incité de nombreux jeunes adultes à devenir producteurs maraîchers et à joindre le réseau d'Équiterre.

«L'auteur explique dans son livre comment procéder au plan technique pour obtenir de bons rendements dans les champs et propose un modèle d'affaires pour connaître du succès. Le maraîchage bio attire beaucoup de jeunes ces années-ci», note Isabelle Joncas.L'absence d'intermédiaire entre les producteurs de paniers de légumes et les consommateurs constitue un grand avantage pour les deux parties. Les premiers touchent 100 pour cent des revenus tandis que les seconds obtiennent normalement de meilleurs prix.

Puisque les clients effectuent un premier paiement au printemps, les producteurs peuvent par ailleurs plus aisément planifier. «Les fermiers nous le disent que ça les aide d'avoir cet argent avant les récoltes.»

Parfois moins cher

Selon des données recueillies par Équiterre, les consommateurs paient parfois moins cher leurs légumes en les achetant d'un fermier membre du réseau qu'en se les procurant à l'épicerie, et ce, même si on compare des aliments biologiques à d'autres qui ne le sont pas.

«Les fermes traditionnelles, ou non biologiques sont davantage soumises aux fluctuations de l'économie mondiale parce qu'elles doivent acheter des produits comme des pesticides et de l'engrais pour cultiver leurs champs. Ça a une influence sur leurs coûts de production», souligne Mme Joncas.

Tous les ans, les fermes du réseau d'Équiterre doivent remplacer une partie de leurs clients. Entre 30 et 35 pour cent de la clientèle laisse tomber son abonnement à la fin de chaque saison.

«Dans des secteurs, il y a une plus grande mobilité de la clientèle alors le taux de roulement est plus fort, note Isabelle Joncas. Mais il faut également reconnaître que la formule ne plaît pas à tous ceux qui l'essaient. Le fait qu'on retrouve plusieurs types de légumes dans les paniers déplaît à des gens. En plus, tous ne sont pas prêts à se déplacer pour aller récupérer les aliments.»

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«Manger local, c'est important»

Pour différentes raisons, les paniers de légumes biologiques ne conviennent pas à tous, mais Elyse Gagnon-Pelletier, une cliente des Maraîchers stokois, est enchantée par la formule. «Manger local, c'est important pour moi, lance Mme Gagnon-Pelletier. En plus, de façon générale, je cuisine avec ce que j'ai dans le frigo alors ça ne me dérange pas qu'on me mette tout une variété de légumes dans mon panier.»

En ce qui concerne le coût, cette consommatrice a le sentiment de payer un prix tout à fait acceptable pour les paniers qu'elle reçoit. «Si je compare avec les légumes biologiques qu'on retrouve à l'épicerie, je trouve ça très, très abordable », déclare-t-elle.

Qui plus est, Elyse Gagnon-Pelletier accepte sans difficulté qu'on lui demande de payer à l'avance les paniers qu'elle recevra durant la saison. «Je connais la réalité des producteurs parce que j'ai des amis dans le domaine. Je comprends donc pourquoi ils veulent un paiement si tôt.»

Vu son intérêt, on ne s'étonne pas d'apprendre que la garderie-maternelle Hibouge et Bilingo, dont elle est copropriétaire, est un lieu de livraison pour les Maraîchers stokois.

Metro joint les rangs

Possédant des marchés d'alimentation partout au Québec, la compagnie Metro est partenaire de l'organisme Équiterre et de son réseau de fermes produisant des légumes biologiques.

Dans le cadre du partenariat existant, des supermarchés rattachés aux bannières Metro et Super C acceptent de devenir des points de livraison pour des fermes qui préparent des paniers de légumes bios. La collaboration entre les deux organisations a vu le jour il y a cinq ans. «En lançant cette collaboration avec Équiterre, nous voulions faciliter l'accès aux produits des fermiers locaux. Cette initiative permettait également à nos marchands d'offrir un service complémentaire à leur clientèle», indique Geneviève Grégoire, conseillère aux communications chez Metro.

Cet été, 45 fermes des quatre coins du Québec profitent de ce partenariat, grâce auquel elles ont accès à une partie du stationnement des supermarchés participants pour procéder à la livraison de paniers. «Ce programme gagne en popularité et nous sommes ravis de le constater», déclare Mme Grégoire. Dans la région, les marchés Metro Plus Plouffe situés à Magog et à Sherbrooke sont associés aux fermes Les Jardins de l'arpenteuse, La JoualVert ainsi que La Clé des champs de Saint-Camille.

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