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L'Église baptiste présente ses excuses aux victimes de Claude Guillot

Claude Guillot... (Archives Le Soleil)

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Claude Guillot

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(Victoriaville) L'Association d'églises baptistes évangéliques au Québec (AEBEQ) a exprimé ses regrets et demandé pardon aux victimes alléguées ayant subi les sévices de l'ancien pasteur Claude Guillot.

Le pasteur Gabriel Cotnoir ... (Spectre Média, Jessica Garneau) - image 1.0

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Le pasteur Gabriel Cotnoir

Spectre Média, Jessica Garneau

Louis Bourque, directeur général de l'AEBEQ depuis mars dernier et Gabriel Cotnoir, pasteur principal de l'église baptiste évangélique de Victoriaville de 1980 à 1986, ont prononcé leur allocution dans les locaux de l'église de Victoriaville, là où tout a commencé dans l'affaire Guillot. Ils étaient accompagnés de Normand Charest, président du Conseil d'administration de l'AEBEQ.

En décembre 2015, Claude Guillot a été arrêté et accusé d'avoir commis des voies de fait contre cinq garçons âgés de 4 à 15 ans de 1983 à 2014, à Victoriaville et à Québec, dont quatre auxquels il aurait infligé des lésions corporelles, notamment à l'aide d'une palette de bois.

Les enfants auraient été séquestrés dans un sous-sol par le pasteur, qui leur assénait des coups de poing au visage et à l'abdomen, les privait de nourriture et d'eau et les forçait à se livrer à des exercices physiques jusqu'à l'épuisement.

«Aujourd'hui, nous désirons tourner nos pensées et nos prières vers ceux qui ont souffert et leur famille proche dans cette affaire. Nous voulons exprimer nos sentiments de tristesse sincère et nous souhaitons qu'ils puissent tous cheminer vers la restauration de leur coeur», a déclaré Louis Bourque avec émotion.

L'AEBEQ a dit reconnaître et déplorer «que des enfants aient dû souffrir des sévices corporels entraînant des conséquences par un très mauvais usage de la discipline», que «cela ait placé plusieurs enfants en situation de vulnérabilité» et que les abus aient créé «des répercussions pour plusieurs de ces enfants dans leurs relations personnelles, parentales et sociales».

Le directeur général de l'AEBEQ a également affirmé que les pasteurs et les autorités de leurs églises prenaient cette situation au sérieux et avaient mis sur pied un processus d'enquête interne «dès [qu'ils avaient] été mis au courant de cette affaire troublante».

Quant à lui, l'ancien pasteur principal Gabriel Cotnoir a dit regretté avoir «donné l'autorisation au directeur et aux enseignants de pratiquer la discipline corporelle au moyen d'une palette en bois» pendant qu'il était en fonction, entre 1980 et 1982.

«En 1984, j'ai congédié le directeur de cette école (NDRL : Claude Guillot) pour ses comportements abusifs. Mais je regrette de ne pas avoir fait de signalisations aux autorités compétentes en raison de mon manque de connaissances, et de ne pas avoir mis fin à l'usage de châtiments corporels au sein de cette école. Je suis fort attristé et troublé de constater des sévices physiques, psychologiques, spirituels, émotionnels et académiques qu'ont vécus plusieurs élèves qui ont fréquenté cette école. Et pour cela, je vous demande sincèrement pardon», a-t-il dit sans pouvoir retenir ses larmes.

Une autre étape

Parmi les présumées victimes de l'ancien pasteur Claude Guillot qui étaient sur place pour être témoins de ces excuses publiques, celui que l'on surnomme Adrien paraissait soulagé que la vérité ait enfin fait surface et que l'AEBEQ avoue publiquement ses fautes.

«Pour moi, aujourd'hui est une autre étape, menant vers la fin d'un voyage qui a débuté il y a 34 ans, alors que j'étais un enfant très jeune (...). Dans le sous-sol de l'église baptiste évangélique de Victoriaville, on m'a battu. Ce qui fut doublement blessant, ce fut de constater le support et le cautionnement qui fut apporté à des adultes ayant commis des actes répréhensibles, alors que nous, les enfants qui ont subi ces choses, on nous a méprisés et bafoués», a-t-il déploré.

Il a terminé son discours sur une note plus positive, remerciant Louis Bourque, Gabriel Cotnoir et Normand Charest d'avoir appuyé sa démarche. «Pour moi, ce moment signifie beaucoup, et je vous remercie de l'avoir rendu possible.»

Les victimes alléguées et les membres de l'AEBEQ ont refusé les questions des médias, afin de «ne pas diluer [leur] message».

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