Aide médicale à mourir: «10 jours de plus à souffrir!»

Suzanne Nadeau-Whissell craint que les nouvelles directives imposées... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Suzanne Nadeau-Whissell craint que les nouvelles directives imposées par Québec découragent certains médecins d'offrir l'aide médicale à mourir.

Archives La Tribune, René Marquis

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) La Sherbrookoise Suzanne Nadeau-Whissell se sent directement interpellée par les nouvelles directives que Québec vient d'imposer en matière d'aide médicale à mourir.

« Pensez-y, 10 jours de plus à souffrir physiquement et psychologiquement en attendant la fin de cette souffrance! Comment vont-ils décider qui souffre assez pour faire écourter l'attente? Ouffff! (...)Je sens qu'on revient à la case départ », a réagi la dame, une infirmière à la retraite atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), bien connue pour militer en faveur des soins de fin de vie.

Rappelons que dans une lettre envoyée aux dirigeants des établissements de santé du Québec ces derniers jours, le ministère de la Santé revoit certaines dispositions de l'aide médicale à mourir, pour se conformer à la loi fédérale adoptée le 17 juin et éviter tout risque d'infraction au Code criminel, dit-il.

La modification la plus importante impose désormais un délai de dix jours entre la demande et sa réalisation, « excluant le jour de la demande », rapporte le quotidien Le Devoir.

Ce délai pourra être raccourci si les deux médecins qui ont traité la demande jugent que « la mort de la personne ou la perte de sa capacité à fournir un consentement éclairé est imminente », précise le quotidien qui a obtenu une copie de la lettre datée du 13 juillet dernier.

«Quand vont-ils arrêter d'essayer de satisfaire tout le monde sauf les gens qui voudront choisir et auront droit à l'aide à mourir?»


Québec impose également que les demandes d'aide médicale à mourir soient dorénavant faites devant trois personnes plutôt qu'une seule. En plus d'un professionnel de la santé, deux témoins indépendants devront donc signer le formulaire. Et le Ministère insiste pour que le médecin qui administre l'aide médicale à mourir et celui qui fournit le second avis soient indépendants l'un de l'autre.

« Je n'en reviens juste pas! commente Mme Nadeau-Whissell dans un échange de courriels avec La Tribune. Quand vont-ils cesser de jouer au yoyo avec cette loi? Quand vont-ils arrêter d'essayer de satisfaire tout le monde sauf les gens qui voudront choisir et auront droit à l'aide à mourir? »

Concernant la présence de deux témoins, Mme Nadeau-Whissell se montre tout aussi indignée. « Avec tous les critères imposés déjà, je ne pense pas qu'une personne puisse recevoir l'aide à mourir sans la vouloir! »

Mme Nadeau-Whissell confie par ailleurs qu'à sa demande, son médecin a fait des recherches sur la procédure d'aide médicale à mourir dans l'éventualité où elle en ferait la demande officielle et elle s'inquiète que Québec change à nouveau les règles. 

« Ces médecins doivent constamment se mettre à jour avec les chambardements que font nos gouvernements. Ils en ont déjà assez à faire... Il ne faudrait pas les décourager de nous offrir de l'aide! Est-ce ça la stratégie du gouvernement? »

Pas de surprise à Aube-Lumière

À la maison de soins palliatifs Aube-Lumière, la directrice générale Marie Bécotte prenait tout juste connaissance des nouvelles directives lundi et souhaitait discuter avec son équipe avant de commenter. Elle a toutefois dit qu'elle n'était guère surprise puisque à première vue, un délai de dix jours entre la demande et sa réalisation est probablement très près de la réalité compte tenu de la complexité du processus.

Invoquant la confidentialité des dossiers, Mme Bécotte n'a toutefois pas voulu préciser si la Maison Aube-Lumière avait traité plusieurs demandes depuis l'entrée en vigueur de la loi en décembre 2015. 

Au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, enfin, on n'a pas voulu commenter les nouvelles directives. « On est en train d'en prendre connaissance et d'informer nos équipes pour les appliquer », informe la conseillère aux communications Sylvie Vallières.

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