L'art urbain prend sa place

Boris, un artiste originaire de Sherbrooke vivant désormais... (Spectre média, Maxime Picard)

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Boris, un artiste originaire de Sherbrooke vivant désormais à Montréal, pratique l'art urbain depuis une dizaine d'années. Au Happening d'art urbain organisé samedi par la Boutik MTN Sherbrooke, il a choisi de produire une oeuvre représentant le dieu Zeus tenant un éclair.

Spectre média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) « On veut donner une visibilité positive à l'art urbain, parce que souvent, aussitôt qu'on parle de graffitis, les gens voient ça comme négatif, alors que c'est coloré et ça met de la vie! »

Afin de faire tomber les préjugés associés aux graffitis et à l'art urbain en général, la Boutik MTN Sherbrooke tenait samedi la troisième édition de son Happening d'art urbain. À côté du magasin situé sur la rue Wellington Sud étaient rassemblés une quinzaine de graffeurs amateurs et professionnels de la région et d'ailleurs, venus couvrir à la bombe aérosol de grands panneaux de bois installés pour l'occasion.

« On est une boutique d'art urbain : on fait du tatouage et on vend des vêtements, mais de prime abord, ce qui nous a fait ouvrir ce magasin, c'est l'art urbain. Avec cet événement-là, on avait envie de montrer aux gens que l'art urbain, ce n'est pas du vandalisme nécessairement. Ce qui fait qu'un graffiti va être du vandalisme, c'est l'endroit où on le fait », soutient la copropriétaire Émilie Trottier.

Son frère Olivier, avec qui elle a ouvert la Boutik MTN il y a un peu plus de deux ans, réalise lui-même des graffitis depuis plusieurs années.

« À un moment donné, Olivier a réalisé qu'avec son talent, il pouvait faire quelque chose de constructif : il a entre autres fait des murales pour la Fondation du CHUS, raconte Émilie. Donc c'est un peu là qu'on a eu le déclic et qu'on s'est dit que l'art urbain, c'était beaucoup plus grand que les graffitis illégaux dans la rue. »

L'Happening d'art urbain a également été motivé par la constatation que très peu d'événements été consacrés à ce type d'art dans la région. Mis à part le festival Amalgame, les occasions pour les graffeurs d'étaler leur talent se font rares, affirme Olivier.

« On est tannés de voir que tous les artistes qui ont du talent ici s'en vont à Montréal, déplore-t-il. On veut que les gens puissent faire leur art à Sherbrooke, et on se dit que si on n'organise rien, ça ne bougera pas. »

« Quelque part, dans une ville, le graffiti va être ce qu'on veut qu'il soit, ajoute Émilie. Autrement dit, si on limite trop les possibilités, c'est sûr qu'il y a des artistes qui vont aller s'exprimer en dehors de ça. Il faut leur donner de la place. »

« Pimper l'ABC »

L'un des artistes les plus chevronnés prenant part au Happening d'art urbain samedi, Boris, réalisait à l'aérosol une image colorée de Zeus, le dieu suprême dans la mythologie grecque.

« J'aime le côté exploration du street art : c'est un médium qui a une infinité de facettes et c'est intéressant de les explorer. On peut faire des oeuvres immenses comme des toutes petites, du figuratif comme du lettrage... c'est tout un monde! », commente celui qui pratique ce genre underground depuis une dizaine d'années.

Du côté des débutants, on comptait Hubert Therrien, un jeune de quatorze ans qui n'a rien de l'adolescent délinquant que certains pourraient s'imaginer. Passionné par cette forme d'art qu'il découvre depuis près de deux ans, l'éloquent jeune homme participait pour la toute première fois à un événement du genre.

« Avant, je faisais du breakdance, et c'est toute une culture : le hip-hop, le break, les rappeurs et le graff, dit-il. Alors j'ai commencé à essayer le graff avec mes amis et aujourd'hui, on est venus ici pour s'amuser, je suis bien content. »

Ce qui attire particulièrement Hubert dans l'art urbain? « Pour vrai, c'est la liberté, répond-il. Parce que, par exemple, quand tu fais du réalisme, ton nez, tu ne peux pas le faire comme tu veux, parce qu'il faut que ça ressemble à un vrai nez. Mais dans le street art, il y a plein de possibilités, de styles différents avec lesquels tu peux expérimenter. (...) Moi, ce que j'aime faire, c'est modifier l'alphabet, pimper l'ABC, et ajouter des personnages là-dedans aussi. »

Pour permettre aux graffiteurs de laisser libre cours à leur créativité en toute légalité, neuf murs destinés à des graffitis temporaires et trois murs réservés aux graffitis permanents sont offerts à Sherbrooke depuis 2012. La carte indiquant les différents sites est disponible sur le site web de la Ville.

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