Attentat à Nice : « J'ai frolé la mort »

Valérie Lo Ré, la soeur ainée de Stéphane...

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Valérie Lo Ré, la soeur ainée de Stéphane Lo Ré, chef au Restaurant Lo Ré, était sur la Promenade des Anglais, jeudi, cinq minutes avant l'attaque terroriste. Stéphane Lo Ré a tenté sans succès de rejoindre sa soeur le soir du carnage.

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<p>Stéphanie Beaudoin   </p>
Stéphanie Beaudoin

Journaliste stagiaire

La Tribune

(Sherbrooke) Stéphane Lo Ré, propriétaire du restaurant Lo Ré Fine Cuisine, à Sherbrooke, a eu peur, jeudi, lorsque sa soeur qui était à Nice ne répondait pas à son cellulaire. Valérie Lo Ré avait pris la route vers Nice afin d'y passer la longue fin de semaine de la Fête nationale.

« J'étais là, juste devant le Palais de la Méditerranée, là où le camion a terminé sa course, explique Mme Lo Ré. Je viens de réaliser ce qui m'est arrivé, je suis complètement sous le choc. »

Valérie s'était rendue, comme des milliers d'autres personnes, sur la Promenade des Anglais pour célébrer le 14 juillet et admirer les feux d'artifice. « J'avais froid vers la fin, donc je suis retournée avec des amis à l'hôtel pour récupérer une veste. Le froid m'a sauvée. Nous étions à cinq minutes du drame », raconte-t-elle.

C'est dans l'ignorance totale que Mme Lo Ré et ses amis sont ensuite ressortis de l'hôtel pour aller prendre un verre. « Les gens marchaient vite, mais nous nous sommes simplement dit que des jeunes avaient foutu la pagaille de façon anodine. » Les terrasses et les bars du vieux Nice étaient déserts. C'est en entrant dans un bar que les employés leur ont appris ce qui venait de se passer. « Ils nous ont dit de nous mettre à l'abri et de ne plus bouger. Nous avions un téléphone avec les nouvelles en direct, c'était notre seule source d'informations. »

Ne se sentant pas en sécurité dans le bar, le groupe d'amis a décidé de reprendre le chemin de l'hôtel. « Nous avons retraversé la Place Masséna et c'est à cet instant qu'on s'est fait mettre en joue par les policiers. » Le groupe a donc dû traverser la Place les mains en l'air, sous le regard des policiers armés. « Le vieux Nice qui habituellement grouille de monde était complètement vide. »

« Je ne sors jamais sans mon cellulaire, mais fatalité, je l'avais laissé à l'hôtel pour cette soirée », souligne-t-elle. Stéphane Lo Ré l'avait contactée pour la savoir en sécurité. « On se sent complètement impuissant quand on se trouve à 6000 kilomètres de sa famille et qu'il y a des événements comme ça », mentionne le chef propriétaire du Lo Ré, qui a déjà travaillé dans un restaurant se situant à environ 300 mètres de l'attentat.

Un lendemain sombre

« On n'a pas envie de sortir ce soir, tout est fermé de toute façon », affirme Valérie Lo Ré. Elle raconte les rues vides, les restaurants avec peu de personnes également. La femme, qui était également à Paris le 13 novembre lors des attentats au Bataclan et au Stade de France,

explique que l'ambiance est similaire. « On se sent plus proche de ce qui s'est passé, parce qu'on était là, sur la Promenade des Anglais. À Paris, on était plus loin, mais l'ambiance était tout aussi lourde. Être dans une ville où il y a des attentats deux fois, c'est beaucoup pour une seule année », termine-t-elle.

Le deuil national a été décrété par le président de la République, François Hollande. Les drapeaux seront en berne jusqu'à lundi partout en France.

L'attaque commise avec un poids lourd de 19 tonnes a fauché 84 vies selon le dernier bilan, dont 10 enfants et adolescents.

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