Un prof de l'UdeM plaide pour un «culte» du paysage au Québec

Le professeur Michel Gariépy, cofondateur de la Chaire... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Le professeur Michel Gariépy, cofondateur de la Chaire de recherche en paysage et environnement à l'Université de Montréal, plaide pour que la société québécoise développe une culture de « culte » du paysage au Québec.

Archives La Tribune, René Marquis

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<p>Charlotte R. Castilloux</p>
Charlotte R. Castilloux

Journaliste stagiaire

La Tribune

(Sherbrooke) Le paysage québécois est parsemé de pylônes qui supportent les lignes électriques d'Hydro-Québec. Quoique très pratiques pour notre mode de vie, ces structures de métal ne sont pas ce qu'il y a de plus esthétique.

Cofondateur de la Chaire de recherche en paysage et environnement à l'Université de Montréal, le professeur Michel Gariépy plaide pour que la société québécoise développe un  « culte » du paysage au Québec.

Lorsque la société d'État planifie ses projets, elle présente des tracés de moindre impact afin de ménager les travaux ainsi que les coûts liés à la construction des lignes électriques. Dans la grande majorité des cas, il s'agit de réseaux aériens, car l'enfouissement engendre une très grande augmentation des coûts. Comme l'organisation doit rendre des comptes au gouvernement du Québec, il est tout à fait normal pour Hydro-Québec de voir au projet le moins coûteux.

« Hydro-Québec reflète les pressions qui lui sont exercées », explique Michel Gariépy, professeur à l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l'Université de Montréal, et cofondateur de la Chaire de recherche en paysage et environnement à l'UdeM. « Il faut qu'on développe une culture du « culte » du paysage au Québec. On s'est déjà prononcé dans certains cas et ça avait fonctionné », se souvient le professeur Gariépy, en parlant du projet de ligne électrique enfouie aux abords du fleuve Saint-Laurent.

La Tribune s'est entretenue avec le professeur Gariépy en marge du projet de ligne interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec. Alors que les Américains entendent enfouir les fils sur une partie du tracé, Hydro-Québec écarte cette option.

« Il faudrait que les Québécois confèrent à leurs paysages une juste valeur et qu'ils réalisent que le tourisme va au-delà des "stands à poutine" et des spectacles d'humour », plaisante M. Gariépy. Pour protéger le paysage, des citoyens pourraient se présenter aux audiences du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) afin de dire pourquoi le paysage leur est important. Au même titre que l'Union des producteurs agricoles (UPA) le fait pour protéger ses territoires. Selon M. Gariépy, l'enfouissement n'est pas impossible, mais il faudrait que des groupes sociaux soient assez structurés, comme l'UPA, pour représenter une pression importante. C'est une chose qui se fait ailleurs dans le monde.

« En Belgique, les compagnies sont prêtes à mettre le prix pour s'installer quelque part, car les paysages sont globalement plus valorisés ici dans cette région du monde », affirme le professeur de l'UdeM.

Procéder à la construction de réseaux souterrains ne serait pas qu'avantageux pour le paysage, l'enfouissement comporte également d'autres avantages. Un tracé souterrain est beaucoup moins vulnérable face aux intempéries naturelles (verglas, chute d'arbres, vents violents, etc.), mais il est plus difficile pour les techniciens de réparer un bris le cas échéant.

D'ailleurs, après la crise du verglas de 1998, des recommandations avaient été faites afin d'éviter qu'une telle panne d'électricité se reproduise, souligne M. Gariépy. « Parmi les recommandations, il y avait le renforcement des pylônes électriques et l'enfouissement des réseaux vulnérables. Cette dernière a été mise de côté puisque l'État n'était pas prêt à investir », explique M. Gariépy.

Le pouvoir des municipalités

La conscience des villes québécoises sur la protection de leur territoire se développe de plus en plus. Certaines municipalités, comme l'Assomption, ont déjà entrepris des travaux d'enfouissement. En Estrie, la Ville de Magog projette d'enfouir ou du moins de diminuer la visibilité des fils électriques sur la rue Principale. Même si l'enfouissement « après coup » est une option, elle n'est pas la solution idéale puisque de tels aménagements peuvent engendrer des travaux complexes.

Présentement, selon le site d'Hydro-Québec, près de 11 pour cent des lignes de distribution du Québec sont souterraines.

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