Commandites d'infrastructures: les élus sont prudents

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Les élus concernés ont tous mentionné qu'il serait délicat de retirer le nom d'une personne honorée, comme celui de Jean Besré, sur notre photo, pour le remplacer par le nom d'une entreprise.

Spectre média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Les élus sherbrookois ne sont pas prêts à sauter à pieds joints dans la recherche de commandites pour les infrastructures sportives ou culturelles de la Ville. Nuancés, ils estiment qu'il faut étudier chaque dossier au cas par cas.

La Tribune publiait lundi un reportage détaillant les revenus que retirent des villes comme Trois-Rivières, Drummondville et Victoriaville en vendant le nom de stades ou de salles de spectacles à des commanditaires privés. Sur Facebook, le conseiller Jean-François Rouleau estimait que le sujet méritait un débat à Sherbrooke. Rappelons que la Ville a entamé des pourparlers pour vendre le nom de la scène située à la place Nikitotek.

Le président du comité exécutif, Serge Paquin, rapporte que le sujet a été abordé à huis clos lors d'un comité plénier, mais qu'il ne figurait pas à l'ordre du jour. « Nous n'avons pas eu de longues discussions et nous avions établi que ce n'était pas une direction souhaitée pour le centre de foires. Nous avions ajouté que nous pourrions revenir sur la question quand les résultats de la vente du nom de la place Nikitotek seraient connus. »

M. Paquin rappelle par ailleurs que la Ville souhaite plutôt honorer des personnages marquants de l'histoire de Sherbrooke en donnant leur nom à des bâtiments. « C'est une question de savoir où on commence et où on finit. Il faut tracer une ligne. Les balises doivent être très claires. Si les élus le souhaitent, il pourra y avoir débat sur la question. »

Dossier délicat

La présidente du comité de toponymie, Hélène Dauphinais, juge le dossier délicat. « Le comité nomme de parcs, des rues et des bâtiments. Quand un lieu est déjà nommé, il serait plus difficile d'y accoler une marque. Pour faire passer ça au comité de toponymie, il faudrait que le montant rattaché soit substantiel. Pour une infrastructure comme le théâtre de la place Nikitotek, ça me semble plus naturel d'y associer une marque. »

Mme Dauphinais donne en exemple la salle intermédiaire destinée au public jeunesse, qui pourrait être construite au centre-ville. « Si le privé arrivait et faisait une contribution qui rend le projet possible, ça pourrait être approprié. Mais s'il faut changer le nom d'un endroit aux 15 ans, parce qu'on change de commanditaire, c'est plus complexe. Dans le cas du centre de foires, la Ville pourrait être proactive. Mais il faudrait en avoir pour notre argent. »

Le président du comité sport et plein air, Vincent Boutin, abonde dans le même sens. « Ce serait délicat de dénommer une infrastructure. Léopold Drolet et Amédée Roy, par exemple, ont été marquants. Mais on cherche toujours des façons d'augmenter les revenus. Il y a de la place pour un modèle hybride. Il faut être de notre temps. Peut-être pourrait-il y avoir un nom de commanditaire pour la patinoire du palais des sports. Si les occasions se présentent, il faut écouter. »

Le président du comité de la culture, Pierre Tardif, tenait le même discours. « Ce serait intéressant de regarder ça à Sherbrooke. Il doit y avoir des avantages si les autres villes le font. Je suis prêt à couper la poire en deux. Si on obtenait 80 000 $ pour le nom de la salle intermédiaire, nous pourrions garantir le financement nécessaire à son entretien. »

La directrice de Côté Scène, Lilie Bergeron, admet d'emblée que l'avenue est intéressante pour la salle de diffusion intermédiaire. « Le promoteur est la Ville de Sherbrooke, alors elle aura le privilège de choisir le nom, mais le mandat de Côté Scène, comme gestionnaire, sera d'aller chercher des fonds du privé sous la forme de commandites. Cette option ne peut pas ne pas être sur la table. Il faudrait démontrer que le montant est respectable. Si nous arrivons avec un dossier solide, nous aurons une bonne écoute de la Ville. »

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