Qui peut évaluer le comportement d'un chien ?

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La SPA de l'Estrie fait les évaluations de chien mordants d'une vingtaine de municipalité de la région, en plus d'être un regfuge pour animaux et d'offrir différents services dont des cours d'éducation canine.

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<p>Charlotte R. Castilloux</p>
Charlotte R. Castilloux

Journaliste stagiaire

La Tribune

(Sherbrooke) Le cas de la chienne Nahla, dont la municipalité de Weedon avait ordonné l'euthanasie à la suite d'une évaluation de son comportement, aura soulevé l'intérêt public sur les qualifications et les méthodes d'évaluation du niveau de dangerosité canine.

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Marie-Josée Audet, intervenante en comportement canin à la SPA de l'Estrie.

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Au Québec, actuellement, il n'y a pas de formations reconnues en comportement canin. « N'importe qui peut se déclarer maître chien », souligne Marie-Josée Audet, spécialiste en comportement canin de la Société protectrice des animaux (SPA) de l'Estrie. Selon la spécialiste qui cumule 30 ans d'expérience, il existe de bonnes formations pertinentes, mais il ne s'agit que de cours privés. « Je suis toujours en formation. Je participe à plusieurs congrès et conférences par année pour rester à l'affût. Ce que je disais il y a 30 ans, je ne le dis plus aujourd'hui », affirme l'intervenante qui assure l'évaluation des chiens mordants à la SPA, en précisant que l'ensemble des évaluateurs sont tous autodidactes.

Mme Audet espère que la situation actuelle et les cas médiatisés de chiens jugés dangereux feront changer les choses et permettront aux intervenants canins d'être reconnus par une formation du ministère de l'Éducation. Mais d'ici là, une dizaine de comportementalistes canins, dont Mme Audet, ont fondé le Regroupement québécois des intervenants en éducation canine (RQIEC) dans le but d'encadrer et d'organiser leur profession.

Le RQIEC vise à rassembler les différents intervenants et évaluateurs compétents et à ainsi faire valoir le métier d'intervenants en éducation canine. « Tous nos professionnels de l'éducation canine doivent passer un examen d'entrée de connaissance générale sur le domaine et sur les plus récentes technologies et méthodes. Nous sommes également encadrés par un code d'éthique rigoureux qui nous engage entre autres à exercer nos activités selon des principes scientifiques et professionnels reconnus », explique M. Patrice Robert, président du RQIEC. Sur le site du regroupement, il est possible de trouver une liste de tous les intervenants « certifiés » par l'organisation.

Comment évaluer un chien?

Les spécialistes et les écoles de pensées étant nombreux, plusieurs méthodes d'évaluation sont pratiquées par les différents intervenants canins. La SPA Estrie, qui est l'autorité compétente d'une vingtaine de municipalités de la région, offre l'évaluation du degré de dangerosité des chiens mordants. Pour y parvenir, les évaluateurs se fient à plusieurs indicateurs comportementaux et à la grille de Joel Dehasse, un Belge très reconnu des spécialistes canins, qui vise à démontrer le degré de dangerosité d'un chien.

« Il y a plusieurs choses à prendre en considération avant d'écrire notre rapport de comportement, explique Marie-Josée Audet, mais toujours avec des critères objectifs. Tout d'abord, je prends toujours soin d'analyser les conditions de la morsure, la morsure elle-même à l'aide de photos, le dossier du gardien et ensuite, je rencontre le chien. »

Toutefois, la grille Dehasse et le protocole de la SPA ne sont pas les seules méthodes d'évaluation du comportement d'un animal. Joanie Dion, l'intervenante qui avait été engagée par la municipalité de Weedon pour évaluer le comportement de Nahla avait préféré opter pour une évaluation où elle mettait de la pression sur le chien afin de voir ses différentes réactions. Le deuxième évaluateur de Nahla, Philippe Thyrion, lui, semble avoir utilisé une méthode semblable à celle de la SPA Estrie avec la grille de Joel Dehasse.

Nahla quittera Weedon

Hélène Girard, la propriétaire de Nahla, la chienne qui avait mordu un enfant au mois de juin, a déménagé et ne vit plus à Weedon.

La municipalité de Weedon redonnera donc Nahla à sa propriétaire puisqu'elle ne vit plus sur le territoire. « Il s'agit d'une entente entre notre conseiller juridique et celui de madame », souligne M. Yvan Fortin, directeur général de Weedon, en espérant que le chien ne causera pas d'autres problèmes dans la nouvelle municipalité.

C'était par souci de transparence que la municipalité de Weedon avait de prime abord demandé une évaluation de la chienne Nahla, qui avait mordu un enfant au mois de juin. Aucune réglementation n'obligeait Weedon à évaluer le chien avant de rendre la décision. À la suite du rapport émis par la spécialiste en comportement canin, Joanie Dion, la Ville avait pris la décision de faire euthanasier le chien issu d'un croisement entre un pitbull et un shar-pei. Mme Dion avait été contactée par la Ville suite à des recommandations. « Nous avons décidé de confier le dossier à Mme Dion parce que nous avions eu de bonnes recommandations sur son travail et sur ses qualifications, un travail indépendant et de sa disponibilité », explique M. Nicolas Blouin, inspecteur municipal de Weedon.

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