Un hommage sobre aux 47 victimes de Lac-Mégantic

Jean Clusiault, qui a perdu sa fille Kathy... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Jean Clusiault, qui a perdu sa fille Kathy dans la tragédie du 6 juillet 2013, a assisté avec émotion à la cérémonie commémorative en compagnie de son autre fille, Kim.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) Annoncée pour le coup de midi, la minute de silence à la mémoire des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, survenue le 6 juillet 2013, a duré beaucoup plus longtemps que prévu. Dans un moment de recueillement, les citoyens ont gardé le silence en face du parvis de l'église Sainte-Agnès pendant que s'égrenaient les 47 coups de cloches.

Le curé de l'Unité pastorale Sainte-Marie-du-Lac, Gilles Baril, s'est d'abord adressé à la foule, dans des mots admirables, après l'angélus de midi.

«C'est vital pour nous de nous souvenir. Car il y a trois ans, 47 des nôtres perdaient la vie par le feu du martyre, alors que leur vie était encore remplie de promesses. Nous ne voulons pas qu'elles soient mortes pour rien, mais elles nous ont laissé la question: que faisons-nous maintenant de notre vie? Comment exprimons-nous notre solidarité communautaire?», a-t-il lancé en substance.

«Nous devons rendre grâce pour les gens partout dans la ville qui se dévouent pour la reconstruction. Grâce au langage des cloches, ils se joignent à nous, comme les cloches nous relient à nos chers disparus, par la communion de pensée et de présence.»

Le moment était empreint de solennité, l'émotion était palpable pendant que les sons aigüs des petites cloches alternaient avec le sons graves des grosses cloches. Sur le parvis de l'église, se tenaient, à l'attention, plusieurs personnalités, dont le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, représentant du gouvernement québécois, accompagné du député de Mégantic, Ghislain Bolduc, la consule de France, Catherine Feuillet, en visite pour l'occasion, cinq des six conseillers de Lac-Mégantic présents avec le maire Jean-Guy Cloutier.

«Nous avons planté 47 papillons dans les plates-bandes de fleurs de l'église. Et le soir, le système d'éclairage spécial de l'église projette 47 étoiles sur le parvis... Les 47 personnes étaient remplies d'idéaux de vie. Nous continuons à les porter dans notre coeur. Je souhaite qu'ils seront pour nous source de réconfort, surtout pour ceux qui ont de la difficulté avec leur bonheur!...», a terminé M. le curé Baril.

S'il n'était pas sur place, le premier ministre Philippe Couillard a tenu à réitérer le soutien du gouvernement à l'égard de la communauté de Lac-Mégantic. « Aujourd'hui, nous avons tous une pensée pour les survivants ainsi que pour celles et ceux qui ont perdu une personne chère dans cette tragédie. Plus que jamais, nous ressentons le vent d'optimisme qui souffle sur la région, et nous continuerons de soutenir les efforts de tous afin que la ville de Lac-Mégantic redevienne cet endroit où il fait bon de vivre», a-t-il fait savoir.

Moments difficiles

Jean Clusiault a perdu sa fille Kathy, dans la tragédie. Il était accompagné par sa seule autre fille, Kim.

«Le plus difficile, c'est la solitude. Comme je vis seul, c'est parfois difficile à supporter. Une journée comme aujourd'hui, on y pense plus, cela épuise à la longue. Ma priorité, c'est devenu Kim, mais l'absence de Kathy est difficile à vivre encore aujourd'hui, car les deux étaient indissociables», a-t-il témoigné avec émotion.

«Ma bouée, c'est Kim maintenant. Pour Kathy, je ne peux vraiment plus rien faire, elle peut peut-être nous aider... Mais Kim a besoin de moi. Si j'avais perdu les deux, le 6 juillet 2013, il y aurait eu trois personnes d'enterrées, je n'aurais pas pu traverser ça!»

« Kathy manque trop d'événements marquants de la vie où elle était toujours là, enchaîne Kim. C'est très familial, chez nous. Ma collation des grades, le 11 juin dernier, c'était un événement important où elle aurait sans doute été présente... Sans les membres de ma grande famille, je ne serais jamais passée au travers! On se tient, on est tissé serré... Si on vit encore, trois ans après...», de confier Kim, sans terminer sa phrase.

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