« C'est un gros miracle! »

Trois mois après avoir subi une greffe du... (Spectre Média, René Marquis)

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Trois mois après avoir subi une greffe du coeur, Élissa Grondin a roulé sur son tricycle à sa sortie de l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal. La fillette de 5 ans, son frère Scott, sa mère Josée Scantland et son père Patrick Grondin ont eu droit à une haie d'honneur, lundi midi, dans le hall du centre hospitalier. Bénévole engagée auprès de la famille depuis neuf mois, Réjeanne Beaucaire l'a accompagnée jusqu'au bout.

Spectre Média, René Marquis

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Luc Larochelle
La Tribune

(Sherbrooke) CHRONIQUE / On baignait dans le fantastique, lundi midi, dans le hall de l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal. La Reine des neiges, Blanche-Neige, Minny, Spiderman et plusieurs autres vedettes de l'univers des enfants avaient déserté les plateaux de tournage pour saluer le départ d'une princesse.

Élissa Grondin, cinq ans, héritière d'un nouveau coeur depuis quelques mois, a eu droit à une haie d'honneur en quittant le centre hospitalier. Elle a toutefois figé devant cette cohorte d'invités. Ses yeux hagards se sont mis à fuir, son cerveau n'associant visiblement rien de ce monde fantastique à l'environnement dans lequel il a baigné ces derniers mois.

Ses regards les plus soutenus étaient posés sur les personnes en sarrau qui portaient un nez de clown et que l'on devinait être des visages familiers de son unité de soins. Elle reconnaissait son monde.

Neuf mois consécutifs d'hospitalisation, dont huit aux soins intensifs, ça vous déprogramme un enfant. Surtout quand la vie est aussi précaire qu'elle l'a été au début du séjour à Sainte-Justine.

« Y'a eu des moments où l'on se disait, ''crime, ce que nous espérons n'arrivera jamais''. Aujourd'hui, nous y sommes! La progression des derniers mois a été incroyable. C'est un gros miracle qui vient de se produire parce qu'Élissa était rendue à la limite de ce que la médecine pouvait lui offrir», a témoigné avec gratitude son père Patrick.

Si la fillette s'est montrée réservée devant la visite, elle a manifesté ces derniers temps de signes indéniables d'un enfant qui reprend des forces et retrouve graduellement ses repères.

« Lors d'une de mes récentes visites, elle m'a demandé spontanément : viens jouer avec moi, ce qu'elle n'avait pas fait depuis son arrivée à l'hôpital. Ça m'a fait chaud au coeur pour elle et pour ses parents qui se sont tellement investis pour qu'elle guérisse », confie Réjeanne Beaucaire, bénévole assidue à Sainte-Justine, devenue au fil des mois une précieuse complice des Grondin.

Une proximité cautionnée par les yeux d'Élissa, qui se fixent momentanément sur cette grand-maman généreuse, avant de tomber sur son tricycle. Premier signe d'excitation : j'ai de l'essence dans le moteur, y'est temps qu'on rentre à la maison!

« Les médecins, le personnel, les bénévoles, nous sommes redevables à tellement de gens. Jamais nous ne manifesterons assez de reconnaissance non plus à l'endroit de la famille du donneur. Toute ma vie, je ferai la promotion des dons d'organes pour que d'autres enfants et d'autres parents aient droit à ce cadeau », a lancé Josée Scantland, une maman comblée de rapatrier ses ouailles au domicile familial de Saint-Denis-de-Brompton pour la première fois depuis près d'un an.

En quittant, les Grondin n'ont pas manqué de saluer leurs nouveaux amis, Jessica Sarrazin et Jonathan Joly, un couple de la région de Lanaudière traversant la même épreuve qu'eux. Leur fils Lian, un poupon de trois mois, ne pourra survivre qu'avec un nouveau coeur.

« Nous voulions être de la cérémonie et applaudir à cette victoire d'Élissa. Ça nous raccroche à l'espoir qu'un jour nous puissions, nous aussi, ramener Lian à la maison», s'est réjouie Mme Sarrazin.

Cet espoir a grimpé d'un cran lorsque leur nourrisson a atteint 5 kg, le poids minimal pour envisager la greffe d'un coeur de Berlin, le substitut mécanique permettant d'allonger l'espérance de vie qu'Élissa avait d'ailleurs reçu, en janvier, afin d'améliorer les pronostics dans l'attente d'un vrai coeur.

« C'est difficile d'être mis en face de la réalité. Il faut se rabattre sur les éléments positifs. Sans les prouesses médicales qui sont accomplies dans cet hôpital, nous serions déjà des parents en deuil de notre enfant. Or, il est encore parmi nous. Les parents d'Élissa ont eu à se répéter cela des dizaines de fois » s'encourage M. Drouin.

La princesse Élissa n'a pas encore retrouvé sa pleine autonomie. Ses parents doivent la suivre à la trace, une bonbonne d'oxygène à la main. Son alimentation demeure source de préoccupation.

« Nous aurons beaucoup de responsabilités, beaucoup de suivis médicaux. Heureusement, plusieurs d'entre eux pourront être effectués à Sherbrooke. Nous rentrons à la maison où nous allons chérir chaque instant », se jure Josée Scantland.

Le cerveau d'un enfant s'adaptant rapidement, il n'a pas à être longtemps exposé au plaisir et au bonheur pour que son imaginaire se remette en marche. Élissa ne tardera probablement pas à retrouver ses camarades de l'autre monde...

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