Résidences Murray: agrandissement prévu de 7 étages

Les Résidences Murray projettent de s'agrandir, comme en... (Photo fournie par residencemurray.com)

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Les Résidences Murray projettent de s'agrandir, comme en témoigne cette maquette.

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(SHERBROOKE) Les Résidences Murray, situées sur la rue du même nom, prendront de l'expansion. Du moins, si le projet du propriétaire Pierre Chapdelaine reçoit l'approbation du conseil municipal, un nouveau pavillon de sept étages s'ajoutera sur un terrain au nord de l'actuelle résidence, près de l'ancien hôpital Saint-Vincent.

Le projet a déjà obtenu l'accord unanime du comité consultatif d'urbanisme le 15 juin dernier, mais il soulève des doutes et des inquiétudes chez certains résidants du secteur (voir autre texte).

M. Chapdelaine, lui, rapporte avoir effectué un premier agrandissement en 2007. Depuis deux ou trois ans, la demande pour des appartements pour retraités est forte. Il a donc acquis la propriété adjacente à la résidence et compte la démolir pour ériger un pavillon qui compterait 50 nouvelles unités.

« C'est un projet de logements abordables. Ça n'existe pas pour les personnes âgées et il n'y en a pas dans l'est. Le but est de combler un grand besoin. Tout ce qui s'est construit dernièrement se trouve dans le nord et s'adresse aux biens nantis », indique M. Chapdelaine.

Ces nouveaux logements comprendraient la gamme de services de la résidence, soit les soins infirmiers et la possibilité d'obtenir les repas. « Il y aura une unité prothétique pour les gens atteints d'Alzheimer. Ce sera un milieu de vie comme s'ils étaient à la maison. »

Un stationnement souterrain est aussi prévu. Il comptera 18 cases. « Ce sera suffisant, puisque nous n'avons actuellement que quatre résidents qui ont une voiture. »

L'intérêt pour les appartements de trois pièces et demie serait déjà grand. « Une centaine de personnes sont venues démontrer leur intérêt. »

Selon M. Chapdelaine, le projet a été conçu pour limiter les impacts sur le voisinage. « Pour que le projet soit rentable, il faut au moins 50 unités. L'autre option était d'ajouter un étage à la résidence, mais nous aurions bloqué la vue de plusieurs résidants de la rue Murray. Le nouveau pavillon est une meilleure solution également parce que nos résidents ne seront pas dérangés pendant la construction. Il aura la même hauteur que l'hôpital Saint-Vincent. Nous prévoyons de construire une terrasse sur le toit du bâtiment existant. »

Pierre Chapdelaine vante du même coup l'architecture du nouveau bâtiment, alors que le dernier étage serait constitué d'une bande foncée, pour limiter l'effet de hauteur. Les deux premiers étages seraient blancs pour provoquer une impression d'espace.

« La construction sera en béton et il y aura des ascenseurs pressurisés. Tout sera aménagé pour les fauteuils roulants. J'ai essayé de faire plaisir au plus de monde possible. Je n'investirais pas s'il n'y avait pas de besoin dans le coin. »

Le voisinage s'inquiète

Des citoyens de la rue Murray et des environs se pointeront au conseil municipal lundi soir dans l'espoir de freiner le projet d'agrandissement des Résidences Murray. Si les élus se prononceront seulement le 15 août, les citoyens y voient une occasion d'alimenter leur réflexion.

Richard Lepage, Janine Lemieux, Joseph Franchomme et Réal Nolette ont tous des réserves devant le projet du promoteur. Notamment, ils s'opposent à ce que le bâtiment de deux étages du 181, rue Murray soit démoli pour être remplacé par un autre de sept étages.

« Aucun véritable espace vert ne semble prévu dans le projet. Nous appréhendons une aggravation des problèmes de stationnement déjà importants sur la rue Murray », déplore Mme Lemieux.

En plus des résidents, ce sont leur famille et les ambulances qui risquent d'ajouter un poids à la circulation déjà importante, précise-t-elle.

« Si les élus y réfléchissent bien, ils pourraient demander un projet plus petit, à dimension humaine. On ne demande pas d'aller ailleurs, mais de respecter le quartier », fait valoir M. Franchomme, suggérant que le bâtiment actuel soit conservé et transformé. Il déplore du même coup que le nouvel édifice ne respecterait pas les normes en matière de marges de recul.

« Dans l'ensemble, nous trouvons le projet trop gros. Il ne s'inscrit pas dans le quartier, il n'y a pas d'espace vert et il ne respecte pas le patrimoine. Nous avions écrit une lettre au comité consultatif d'urbanisme, mais il a adopté le projet à l'unanimité. Nous avons très peu de poids, nous les citoyens », commente Richard Lepage.

Les citoyens estiment que le promoteur ne respecte pas les critères d'évaluation d'une demande de projet particulier. « Le projet ne s'intègre pas harmonieusement dans son milieu en raison de sa volumétrie excessive et des problèmes que pourra entraîner une densification de la population dans un si petit espace. Nous doutons que les impacts sur la circulation ont vraiment été pris en compte », dit M. Lepage.

Réal Nolette s'inquiète de la création possible d'un précédent qui pourrait ensuite nuire à tous les citoyens de la rue Murray avec des projets en hauteur qui leur bloquerait la vue.

Le conseiller du district Marie-Rivier, Rémi Demers, se dit à l'écoute des deux parties et refuse de prendre position pour le moment. « Je suis très au fait du dossier. J'adopte une position neutre parce qu'il y a aussi des citoyens qui se réjouissent de l'ajout de logements dans ce secteur. J'ai déposé les préoccupations des citoyens au comité consultatif d'urbanisme.

« C'est vraiment à la séance de consultation publique le 26 septembre que tout se jouera. J'invite les citoyens qui ont un intérêt, dans un sens ou dans l'autre, à s'y présenter. Je suis sensible aux arguments présentés. C'est un sujet délicat. Autant le promoteur que les citoyens m'ont contacté. »

Pour M. Demers, ce n'est pas la circulation qui risque de poser problème, mais l'aspect visuel du projet. "Je n'ai pas de craintes pour le flot de circulation, mais il faudra voir l'impact visuel du bâtiment."

Selon le conseiller municipal, le promoteur ne bénéficie pas d'un traitement de faveur et il a les mêmes droits et contraintes que les citoyens.

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