Hébergement illégal: l'AGTMO veut être prise au sérieux

Richard Grenier, président de l'AGTMO, Pascal Bolduc, du... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Richard Grenier, président de l'AGTMO, Pascal Bolduc, du gîte Au Virage, et Benjamin Alexandre, vice-président de l'AGTMO, demandent à la Ville de Magog et aux villes environnantes de mener la vie dure à l'hébergement illégal.

Spectre média, Julien Chamberland

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(MAGOG) Au plus fort de la saison du tourisme, l'Association des gîtes touristiques de Magog-Orford (AGTMO) demande à la Ville de Magog et aux villes environnantes de mener la vie dure à l'hébergement illégal.

Au minimum, on aimerait voir Magog se doter d'inspecteurs supplémentaires comme l'a fait Sherbrooke récemment pour débusquer les contrevenants et « passer un message clair » auprès de ces derniers, signale le président de l'AGTMO, Richard Grenier. Au début du mois de juin, la Ville de Sherbrooke s'est dotée de trois inspecteurs et de deux étudiants, notamment pour dresser l'inventaire des locateurs illégaux, distribuer des avertissements et ensuite des constats d'infraction.

« Il suffirait que la Ville donne deux ou trois amendes, et ça calmerait beaucoup de personnes. On essaie de nous faire croire que ça prendrait énormément d'argent, mais ce n'est pas vrai », mentionne M. Grenier.

L'AGTMO, qui représente 23 gîtes répartis tant à Magog qu'à Orford et Austin, dit ne pas se sentir appuyée par les dirigeants des municipalités. Depuis novembre, plus d'une centaine de plaintes ont été acheminées à la mairesse de Magog, Vicki May Hamm, et sont demeurées sans réponse, déplore Pascal Bolduc, du gîte Au Virage.

« Les villes nous disent qu'elles n'ont pas le budget pour embaucher des inspecteurs et faire la police et qu'elles fonctionnent aux plaintes. On l'a fait et ça ne bouge pas. On ne nous répond pas du tout. On continue de payer beaucoup de taxes quand même, contrairement à ceux qui louent leur logement illégalement et on nous dit qu'on n'a pas d'argent... Si ça continue, au n'aura plus qu'à arrêter de se conformer », mentionne M. Bolduc.

La mairesse de Magog n'a pas répondu à l'appel de La Tribune, prétextant par l'entremise d'une employée qu'il s'agissait d'un dossier dont s'occupait le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers, un fait que ce dernier a nié.

« Vu qu'on est des gîtes, on dirait qu'on nous prend moins au sérieux étant donné qu'on est petits et qu'on a seulement quatre ou cinq chambres chacun. Mais si on regroupe toutes nos chambres, on en loue 100 par nuit, ce qui est l'équivalent d'un gros hôtel. On amène du monde dans la région et on fait nous aussi rouler l'économie de la ville », ajoute Richard Grenier.

Pas moins de monde

Si la manne de la période estivale permet toujours à la majorité des propriétaires de gîtes de remplir leur établissement, il faut absolument que des mesures soient prises pour stopper l'hémorragie qui a cours pendant l'hiver, indique l'AGTMO. Sans quoi plusieurs d'entre eux seront appelés à fermer au cours des prochaines années. Entre janvier et juin, la majorité des gîtes de l'Association a perdu plus de 15 % de son chiffre d'affaires, relate le vice-président de l'AGTMO, Benjamin Alexandre.

« Il n'y a pas si longtemps, il y avait cinq ou six gîtes à Orford, et il n'en reste plus que deux. Ce n'est pas qu'il manque de monde, loin de là. Il y a une maison à 150 pieds de chez moi qui continuait de louer sans problème. »

« L'hiver, on s'entend, on crève de faim, mais si des efforts étaient mis pour qu'au moins on puisse garder les clients qui viennent à ce moment, ça nous permettrait de garder la tête hors de l'eau. »

« Pour l'année 2015, Tourisme Cantons-de-l'Est nous a dit qu'il y avait eu une augmentation du tourisme en Estrie, mais que le montant recueilli par les taxes d'hébergement, le 3 $ qu'on doit payer pour chaque visiteur, avait baissé. Ça, c'est un impact direct des vols qu'on subit par les sites comme Airbnb », renchérit Pascal Bolduc.

« On se doit de faire appliquer nos règlements »

S'il n'existe pas de comité responsable de lutter contre l'hébergement illégal dans la MRC de Memphrémagog, son préfet, Jacques Demers, reconnaît que des efforts doivent être faits pour protéger les propriétaires de gîtes sur son territoire.

Celui qui est également maire de Sainte-Catherine-de-Hatley mentionne toutefois qu'il est effectivement difficile pour les municipalités de faire respecter leur règlement. En 2015, sa municipalité a eu le dessus en Cour supérieure sur un citoyen qui louait illégalement sa résidence après plus de trois ans de lutte devant les tribunaux.

« Ça nous a coûté environ 15 000 $ et on avait un dossier très étoffé avec des témoignages de voisins, des photos à l'appui et plusieurs autres preuves. Pour les juges, ce n'est pas assez de simplement montrer la publication d'une annonce sur Airbnb et ça devient donc très difficile et très coûteux d'obtenir un jugement favorable. Et même après, les contrevenants ne cessent pas pour autant. »

« Malgré tout, je crois qu'on se doit de faire appliquer nos règlements, de les faire respecter. C'est notre rôle de le faire en tant que municipalité », indique Jacques Demers.

Devant les centaines d'offres d'hébergement illicite qui pullulent sur les différentes plateformes, le préfet de la MRC Memphrémagog est d'avis qu'une place devrait tout de même être faite aux locations entre particuliers.

« C'est une réalité qui répond visiblement à un besoin et qui est là pour rester. On pourrait peut-être prévoir dans notre aménagement du territoire un zonage particulier à certains endroits où on permettrait ce type de location, mais il faudra réunir les intervenants pour bien l'encadrer ».

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