Priorité à l'aide aux femmes des États fragiles

En entrevue à La Tribune, la ministre du... (Spectre Média, René Marquis)

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En entrevue à La Tribune, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, a confié qu'elle veut recentrer l'aide internationale sur les plus pauvres, les plus vulnérables et les États fragiles, surtout en ce qui a trait à l'autonomisation des filles et des femmes.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Depuis qu'elle s'est vue confier, en novembre dernier, le ministère du Développement international et de la Francophonie au sein du cabinet de Justin Trudeau, Marie-Claude Bibeau a un objectif bien clair en tête : recentrer l'aide internationale sur les plus pauvres, les plus vulnérables et les États fragiles, surtout en ce qui a trait à l'autonomisation des filles et des femmes.

« En anglais, le mot est plus évocateur : women empowerment »,a expliqué la ministre et député de Compton-stanstead lors d'une rencontre éditoriale à La Tribune. Elle était alors invitée à préciser son plus grand objectif dans l'intervention du Canada à l'étranger.

Le « dada » de Mme Bibeau, comme elle se plaît à l'appeler, est donc de permettre aux filles, aux adolescentes et aux femmes des États fragiles de prendre le contrôle de leur vie, de manière à devenir des actrices de développement et de paix.

« Pourquoi ? D'une part, parce que c'est prouvé que les filles et les femmes sont les plus vulnérables face à la pauvreté, face aux changements climatiques, en situation de conflits et de crises, fait-elle valoir. D'autre part, c'est aussi prouvé qu'elles sont de puissants agents de changements et de paix. Quand les femmes ont un peu d'argent, elles le réinvestissent de façon plus constructive et structurante pour leur famille et leur communauté. »

Pour améliorer l'autonomie des femmes, la députée de Compton-Stanstead croit qu'il faut avant tout travailler sur l'éducation sexuelle des filles, mais aussi des garçons.

« La question de la santé sexuelle et reproductive est très importante, parce que si une jeune fille subit un mariage précoce, est enceinte à 13 ans, c'est évident qu'elle lâche l'école, ce sont des risques importants pour sa santé, et ça poursuit le cycle de pauvreté », exemplifie-t-elle.

Selon elle, le gouvernement canadien doit entre autres lutter contre les mariages précoces et forcés, afin que les jeunes filles demeurent sur les bancs d'école le plus longtemps possible et que leur première grossesse soit repoussée. De plus, il doit s'assurer que les accouchements et, s'il le faut, les avortements soient faits de façon sécuritaire.

« De donner aux femmes le contrôle de leur corps dans un premier temps, ça va leur permettre d'aller à l'école plus longtemps, d'espacer les naissances, d'avoir plus de temps pour avoir un emploi, pour cultiver la terre, pour vendre au marché, pour avoir une petite entreprise, pour s'impliquer dans leur communauté, pour être élue », résume-t-elle.

Quant aux pays ciblés par les interventions de son ministère, Mme Bibeau mentionne que « la réflexion est en cours » et qu'un comité parlementaire se penche sur le sujet.

« Quand on dit les plus pauvres, les plus vulnérables et les États fragiles, dans un premier temps, ça veut dire les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables : ce n'est donc pas exclu que ce soit des gens de pays à revenus moyens, dit-elle. Par ailleurs, les États fragiles, ce sont les États qui subissent des conflits, mais aussi tous ceux qui sont fragiles à cause des changements climatiques. Ce n'est pas négligeable. »

Dans les pays en conflits comme la Syrie et l'Iraq, la ministre du Développement international et de la Francophonie entend prodiguer de l'assistance humanitaire, alors que dans les pays limitrophes comme la Jordanie et le Liban, de l'aide au développement sera surtout accordée, notamment en raison des vagues imposantes de réfugiés.

« Imaginez que la population de Sherbrooke augmente de 50 pour cent du jour au lendemain, imaginez la pression que ça mettrait sur nos hôpitaux, sur nos écoles. Seriez-vous prêts à laisser vos enfants aller à l'école juste le matin pour laisser la place aux réfugiés l'après-midi ? L'arrivée d'autant de réfugiés risque de causer des tensions sociales, et c'est pour ça que c'est important de faire notre juste part dans les pays limitrophes, pour les aider à maintenir leur stabilité. »

Parmi les autres priorités de la ministre, on compte notamment la croissance économique verte et durable ainsi que tout ce qui porte sur la gouvernance, la démocratie, les droits de la personne et le pluralisme.

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