L'aéroport de Sherbrooke revient à la charge à Ottawa

La députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, demeure persuadée... (Spectre Média, René Marquis)

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La députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, demeure persuadée qu'une desserte commerciale sera mise en place à l'aéroport de Sherbrooke, même si les négociations entre l'aéroport et l'ACSTA ne semblent pas être à l'aube d'un dénouement.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) La Corporation de l'aéroport de Sherbrooke revient à la charge auprès du gouvernement fédéral, élu il y a quelques mois, afin d'acquérir les contrôles de sûreté de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) tout en évitant de devoir débourser pour ceux-ci.

C'est ce qu'a mentionné la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, de passage à La Tribune pour une entrevue éditoriale. La députée de Compton-Stanstead dit demeurer persuadée qu'une desserte commerciale sera mise en place à l'aéroport de Sherbrooke, même si les négociations entre ce dernier et l'ACSTA ne semblent pas être à l'aube d'un dénouement. « Les enjeux de développement économique (NDLR: pour la région) sont trop importants », affirme-t-elle.

Pour la Corporation de l'aéroport de Sherbrooke, le « plan A », comme le qualifie la ministre Bibeau, est toujours d'obtenir une désignation lui permettant de profiter des contrôles de sûreté de l'ACSTA, comme les 89 aéroports canadiens déjà désignés, sans avoir recours à un mécanisme de recouvrement des coûts, c'est-à-dire sans que l'aéroport ait à supporter l'ensemble des coûts d'acquisition de ce service de contrôle.

« Le recouvrement de coût est plus important que ce qui avait été estimé, explique Mme Bibeau. (...) Il y a sept autres aéroports qui sont dans le même processus que Sherbrooke en ce moment, et là, on constate que les coûts sont beaucoup plus élevés que ce qu'on avait anticipé pour les corporations. »

« Les 89 aéroports qui sont présentement désignés chargent à leurs clients un frais, ce qui fait que les petits aéroports sont déficitaires aux yeux de l'ACSTA, mais les gros aéroports génèrent un surplus. Alors, ce que Sherbrooke et les sept autres aéroports souhaitent, c'est d'embarquer dans le groupe, aux mêmes conditions, plutôt que d'être dans un groupe distinct qui doit assumer les coûts de la sécurité. »

La ministre du Développement international et de la Francophonie a visiblement à coeur le dossier des vols commerciaux à l'aéroport de Sherbrooke, à un tel point qu'elle doit parfois se reprendre au fil de l'entrevue, s'incluant du côté des aéroports plutôt que de celui de la société d'État.

Quoi qu'il en soit, elle soutient que les discussions entre les huit aéroports et l'ACSTA sont positives.

« Les aéroports sont très proactifs pour proposer à l'ACSTA des solutions, dit-elle. Les représentants des huit aéroports ont rencontré le ministre des Transports, Marc Garneau, il y a une dizaine de jours, pour justement lui expliquer la situation bien clairement et lui proposer différentes avenues, qui seraient le plus possible à coût nul pour le gouvernement et qui deviendraient plus accessibles, plus abordables. »

Lait diafiltré

Un autre dossier d'une grande importance aux yeux de Marie-Claude Bibeau est celui des importations de lait diafiltré. « Le lait et l'aéroport, ce sont mes priorités parmi les priorités », insiste-t-elle.

Si les producteurs laitiers québécois s'entendent pour dire que la hausse des importations américaines de ce concentré protéique liquide provoque des pertes de revenus majeures pour l'industrie laitière de la province, la ministre affirme qu'ils ne sont pas aussi unanimes concernant la solution à ce problème.

« Au mois de mai, ce qu'on a convenu, c'est de faire un sprint de consultations avec le milieu sur toute la question du lait diafiltré, explique-t-elle. Au terme de ces consultations, on constate que les recommandations et les souhaits des producteurs varient selon leur région, leur génération, la taille de leur entreprise. Il n'y a pas nécessairement une convergence évidente sur les solutions qui devraient être adoptées. »

Si certains exhortent le gouvernement canadien à carrément stopper l'importation de cette protéine laitière, d'autres, selon Mme Bibeau, suggèrent des compensations immédiates et transitoires, ou encore, de l'investissement pour moderniser les entreprises.

Chose certaine, la ministre soutient que son gouvernement est loin d'avoir perdu de vue ce dossier, même si ce dernier fait moins de bruits sur la place publique depuis quelques semaines.

« Ce n'est vraiment pas un dossier qui est mis sur la glace, bien au contraire. Le premier ministre en entend parler tous les jours, j'en suis convaincue. (...) On est plusieurs députés du Québec dans le monde rural à être très actifs pour partager avec les ministres concernés l'état de la situation. On essaie de trouver des solutions », assure-t-elle en relevant que le lait diafiltré a sans aucun doute fait partie des discussions qu'ont eues Trudeau et Obama lors de leur plus récente rencontre.

« On hérite d'une situation qui a été créée il y a quelques années et qui a été amplifiée, ce qui fait qu'elle est d'autant plus complexe. Si c'était simple, ça ferait longtemps que ce serait réglé. (...) Par contre, je suis convaincue de la détermination de la ministre du Commerce international et du ministre de l'Agriculture à trouver la meilleure solution possible à long terme », conclut-elle en ne s'avançant pas sur un horizon de temps avant d'annoncer cette nouvelle solution.

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