Funérailles de Sarah-Eve: « Ne me pleurez pas, riez-moi »

Portées par son père, les cendres de Sarah-Eve... (Spectre Média, René Marquis)

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Portées par son père, les cendres de Sarah-Eve Fontaine ont été accueillies par une haie d'honneur formée de pompiers, collègues de ce dernier, à la Cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke mercredi.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) «Ne me pleurez pas, riez-moi». C'est le message que Sarah-Eve Fontaine a lancé, par la voix de ses proches, à tous ceux qui s'étaient déplacés à la Cathédrale Saint-Michel pour lui rendre un dernier hommage.

Et ils étaient nombreux. Certains habillés en noir comme le veut la tradition. Plusieurs vêtus de rose, la couleur préférée de la jeune femme de 21 ans décédée la semaine dernière. Même le curé avait mis une étole rose, en signe de solidarité.

Portées par son père, les cendres de Sarah-Eve ont été accueillies par une haie d'honneur formée de pompiers, collègues de ce dernier. Sur la chanson Angel, interprétée par Jacynthe Véronneau, les cendres ont été déposées par sa mère devant l'autel.

« Vivez. Parce que c'est ce qu'elle aurait voulu et c'est ce qu'elle a prouvé à tout un chacun. C'est également ce qu'elle inspirait sans le savoir aux gens qui la croisaient. La vie terrestre est fragile et houleuse. Profitons des moments de plénitude. Souriez, parce qu'elle le faisait si bien. Les sourires touchent les gens droit au coeur et savent remplacer tant de mots. Célébrez, car elle a remporté toutes ses batailles. Les leçons de vie laissées sur son passage sont un accomplissement de grande envergure », a déclaré sa mère, Annie Lussier, en lisant les mots d'une amie.

Le souhait de la famille était que chacun quitte la célébration avec un plus au coeur. La célébration se voulait joyeuse. Des larmes d'amour ont quand même coulé aidées par les chants (Hallelujah de Léonard Cohen, Vole de Céline Dion) et les témoignages de ses proches.

Sa cousine Roxanne Fontaine a promis de s'inspirer de son courage, sa persévérance et sa force.

« Nous t'avons souvent regardée monter d'immenses montagnes comme si elles n'étaient presque rien. Quand nous étions plus petites, tu m'as regardée et m'as dit que tu étais plus grande que moi. Je t'avais répondu que non, tu étais plus jeune et plus petite. Tu m'avais dit de me mettre à genou et avais conclu en me regardant de haut que tu étais plus grande. Tu avais raison. Déjà à cet âge, tu étais plus grande que moi. Parce que, effectivement, tu avais vécu pas mal de choses pour ta petite jeunesse et tu avais gardé ton sourire », a-t-elle raconté.

« Nous sommes fiers de l'ambassadrice que tu as été. De la démonstration de ta bravoure et de ton optimisme », a ajouté sa cousine en soulignant le travail que Sarah-Eve a accompli pour sensibiliser les gens au don d'organe et à la fibrose kystique.

Une histoire de sagesse

L'amie de la famille et collègue, Sonia Bolduc, y est aussi allée de son hommage. « Chaque personne ici aujourd'hui a sa petite histoire avec Sarah-Eve. Il y a plein d'histoires de fous rires, de rots, de danse, de chansons, de larmes, d'inquiétudes, de trahisons et de pardons, d'espoir, de vie. Mon histoire avec Sarah-Eve en est une de sagesse », a-t-elle mentionné.

« Sarah-Eve était une jeune femme capable de prendre du recul, de se questionner, de réfléchir, de trouver une part de réponses et d'accepter de ne pas tout comprendre », a enchainé Sonia Bolduc en précisant que devant la mort et la peur qu'elle engendre, Sarah-Eve avait compris que la colère contre la vie ne servait à rien, que c'était de l'énergie gaspillée contre soi-même et contre ses proches.

L'amour semé sur le passage de Sarah-Eve a été répété en différents mots.

Après la célébration religieuse, tout le monde était invité à un cocktail dinatoire au sous-sol de la cathédrale en l'honneur de Sarah-Eve. « Elle ne voulait pas de buffet, les buffets froids, c'est pour les morts », a expliqué en souriant sa mère.

« Je vous demande une dernière faveur, a ajouté cette dernière comme conclusion. Ne demandez pas d'aide à Sarah-Eve. Elle a punché out. Elle se repose enfin. Inspirez-vous plutôt de sa force. »

Sa force, comme un petit plus au coeur. Et le rire. Pour l'honorer.

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