Compressions au CP : Lac-Mégantic craint le pire

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Les 500 suppressions de postes annoncées par le Canadien Pacifique (CP) pour les prochains jours font craindre le pire à la population et aux représentants de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic.

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Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) Les 500 suppressions de postes annoncées par le Canadien Pacifique (CP) pour les prochains jours font craindre le pire à la population et aux représentants de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic.

Trois ans après la tragédie du 6 juillet 2013, les terribles conséquences de l'événement semblent encore fraîches à la mémoire de plusieurs Méganticois, qui ne tiennent pas à revivre une telle expérience traumatisante.

« Nous sommes très inquiets! », a clamé Robert Bellefleur, porte-parole de la Coalition. « Nous avions pris connaissance des rumeurs, en janvier 2016, qui avaient été confirmées par la suite, que le CP s'apprêtait à couper 1000 postes durant l'année. Une grosse restructuration s'annonce dans cette entreprise qui a des visées expansionnistes. Elle veut fusionner avec la Norfolk Southern Corporation, une grande entreprise ferroviaire des États-Unis, pour quelques dizaines de milliards de dollars. L'objectif des mises à pied, c'est d'accroître la productivité du CP qui, depuis 2012, aurait déjà éliminé plus de 6000 emplois », révèle M. Bellefleur.

« C'est toute la notion d'entretien des voies ferrées qui est en cause. Les employés du CP effectuent un entretien préventif, ils patrouillent sur les rails, voient l'usure et changent les équipements avant qu'ils ne brisent. Mais le CP, comme la Central Maine & Quebec Railway (CMQR), veut abandonner ses employés pour avoir recours à la sous-traitance pour l'entretien. Ce que ça donne, c'est qu'on attend alors que ça brise avant de remplacer. Les risques de déraillements et d'accidents augmentent beaucoup. »

Cette décision fait suite au fait que le président-directeur général du CP, Hunter Harrison, veut améliorer ses coûts d'exploitation en pourcentage du chiffre d'affaires, sous la barre des 59 pour cent, en 2016, comparativement à 60 pour cent en 2015.

« M. Harrison, c'est un homme d'affaires agressif. Concernant son mode de gestion, on se rend compte que le rendement aux actionnaires s'avère plus important que la qualité des services. Nous sommes inquiets de ce changement de culture organisationnelle au CP, qui n'a pas de problèmes financiers, mais remodèle ses façons de procéder. Le CP avait une certaine crédibilité, avec seulement deux déraillements depuis 2006, contre 11 au CN, en comparaison. »

Robert Bellefleur n'a pas trouvé rassurant le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, qui a seulement brandi les 143 millions $ supposément injectés dans le nouveau budget 2016 pour la sécurité ferroviaire. « Ce qu'il n'a pas dit, c'est que son gouvernement a coupé 240 ou 250 millions $ l'année dernière. On n'est même pas revenu au niveau de 2014. Nous craignons l'abandon de l'entretien préventif régulier, effectué par le CP sur les rails, par rapport aux réparations ponctuelles seulement lorsque surviennent les bris. »

Le maire de Lac-Mégantic, Jean-Guy Cloutier, a pour sa part refusé de commenter la nouvelle des pertes de 500 postes au CP. Il a simplement fait le message que le CP est une entreprise privée qui n'opère même pas sur le territoire de Lac-Mégantic.

L'agence QMI rapportait de source syndicale, lundi, que le Canadien Pacifique s'apprêterait à mettre à pied 260 travailleurs préposés à l'entretien et à la réparation des voies ferrées et à ne pas pourvoir 240 autres postes vacants.

La Conférence ferroviaire des Teamsters Canada a pris connaissance il y a une dizaine de jours d'une note de service interne du Canadien Pacifique expédiée aux travailleurs concernés, annonçant ces mises à pied qui devraient se concrétiser dans les prochains jours.

Au Canada, les compressions représentent le cinquième des 2300 préposés à l'entretien des voies. Au Québec, un tel avis a été reçu par 25 travailleurs, sur les 120 employés de l'entretien.

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