Un ultime cri du coeur pour sauver les mezzanines

Yves Nadon et des enseignants et parents de... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Yves Nadon et des enseignants et parents de la CSRS ont lancé un ultime cri du coeur mercredi pour empêcher la démolition des mezzanines qui doit commencer lundi.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Un petit groupe d'enseignants et de parents d'élèves ont lancé un ultime cri du coeur, mercredi, pour empêcher le démantèlement des 17 mezzanines aménagées dans huit écoles primaires de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke pour favoriser la lecture en classe.

« Ce n'est pas des funérailles mais le cadavre est sur le respirateur artificiel en ce moment. La seule façon de sauver les mezzanines, c'est que le ministre de l'Éducation s'en mêle d'ici lundi », lance avec une émotion palpable Yves Nadon, un enseignant à la retraite à qui on doit la première de ces structures érigées à l'école Notre-Dame-du-Rosaire il y a une dizaine d'années.

Jusqu'à la dernière minute, M. Nadon a espéré que les chefs de l'opposition à l'Assemblée nationale s'empareraient du dossier pour mettre de la pression sur le ministre Sébastien Proulx. Naïvement, convient-il, il croyait également que la CSRS interpellerait les instances politiques.

Or la CSRS a répété à La Tribune,

mercredi après-midi, que malgré cet ultime appel, les travaux (de démolition) commenceront « prochainement ».

Une enseignante de l'école Hélène-Boullé précise avoir été avisée par courriel que sa mezzanine serait démolie lundi.

« Un inspecteur est venu visiter ma mezzanine en mai. On nous a fait miroiter qu'ils allaient nous suggérer des modifications pour la rendre conforme aux normes. J'aurais payé de ma poche pour pouvoir la garder ! relate Maude Lasnier. Mais non, malgré qu'elle a des rampes en verre trempé, le critère c'est que c'est en bois et que c'est inflammable. J'ai reçu un courriel disant qu'ils seront là lundi. Mes élèves sont très tristes. »

Enseignante de maternelle à l'école du Jardin-des-Lacs, Nathalie Gouin vit la même incrédulité. Sa mezzanine est la petite dernière des cinq qui ont été aménagées dans cette école de Saint-Denis-de-Brompton.

« Quand on a su ce qui arrivait, on a fait la demande pour la descendre au sol, mais même au ras du plancher, c'est interdit, raconte Nathalie Gouin. Parce que c'est en bois... Comme s'il n'y avait pas d'autres meubles en bois dans ma classe ! Le père qui l'a construite n'a même pas le droit de venir la défaire lui-même. »

« Je trouve que c'est bien dommage, ajoute l'enseignante, surtout que ça venait de la générosité des parents pour stimuler les enfants à lire. »

Jusqu'à la dernière minute mercredi, le comité espérait un appui politique pour porter sa demande jusqu'au ministre de l'Éducation. Au moment de rencontrer la presse après les classes, les enseignants et les parents ont dû se rendre à l'évidence qu'ils étaient seuls sur la ligne de front.

Ils demandent malgré tout un moratoire et ultimement que la Régie du bâtiment adapte ses normes à la réalité des écoles.

Mais ils n'ont plus beaucoup de raisons d'y croire. « Lundi la démolition commence et mardi il est trop tard. On a trois jours pour se rendre au ministre », constate M. Nadon.

« C'est comme un membre qu'on nous ampute, se désole-t-il. J'ai peur qu'on ressente longtemps l'absence de ces espaces fantastiques qui vont disparaître. »

Le dossier des mezzanines à la CSRS a été largement commenté depuis avril dernier quand la demande d'autorisation d'une nouvelle installation a mis en lumière le fait que cela ne respectait par les normes de la Régie du bâtiment du Québec.

Même si elle s'est dite d'accord avec le fait que l'intérêt pédagogique des mezzanines est indéniable et qu'une tournée d'inspection a été effectuée depuis, la CSRS s'est inclinée devant les conclusions des spécialistes de la RBQ.

Yves Nadon prévoyait mettre en ligne sur sa page Facebook au cours des prochaines heures une pétition de la dernière chance.

Sa première publication sur cette affaire en avril dernier a été partagée plus de 8000 fois.

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