Des aînés à protéger

Dans un rapport spécial déposé jeudi, la Protectrice du citoyen constate que... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

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Pierre-Yvon Bégin

Collaborateur aux pages Opinions de La Tribune.

La Tribune

Dans un rapport spécial déposé jeudi, la Protectrice du citoyen constate que les personnes âgées éprouvent des difficultés à faire respecter leurs droits devant le propriétaire de la résidence où elles logent. En 2011, le Québec comptait près de 1,26 million de personnes de 65 ans et plus, soit 15,7 % de la population. L'État se doit d'établir les balises qui permettront à cette clientèle fragile de couler des jours heureux.

Raymonde Saint-Germain observe que les personnes âgées craignent souvent d'entreprendre des démarches judiciaires en cas de litige avec leur propriétaire. Au Québec, on retrouve 1853 résidences privées pour aînés. Comme la moyenne d'âge des résidants atteint 82 ans, il est facile de comprendre leur sentiment d'insécurité.

« Alors que la proportion des personnes âgées s'accroît au Québec et que l'offre des résidences privées pour aînés poursuit son développement, écrit la Protectrice,

il est impératif que les locataires (...) puissent faire valoir leurs droits sans crainte. »    

Pour aider les aînés à se défendre, Raymonde Saint-Germain recommande au Secrétariat aux aînés la rédaction d'un guide complet sur les droits et obligations pour signer, modifier ou résilier un bail et exercer leurs recours. Elle prend soin de préciser que ce guide doit être rédigé

« dans un langage adapté et compréhensible ».

Elle suggère aussi d'obliger les propriétaires à diffuser le règlement d'immeuble en vigueur. Pour assister et accompagner les locataires dans leur démarche, elle propose d'en confier le mandat à un organisme communautaire. À certaines conditions, elle souhaite aussi que la portée de décisions de la Régie du logement rendues au bénéfice d'un locataire soit étendue aux autres locataires touchés par la

même problématique.

Ces derniers temps, de trop nombreux exemples de l'actualité ont illustré les piètres conditions de vie de certains aînés. Les médias ont rapporté le cas de personnes âgées dont les allocations de retraite ne sont pas suffisantes pour assumer les frais de pension dans un centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD).

On a aussi fait état des pommes de terre en poudre qui sont servies dans certains CHSLD pour boucler le budget. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a de nouveau raté une belle occasion de démontrer un peu d'empathie envers les bénéficiaires en se disant d'accord avec cette pratique. On se demande comment il réagirait lui-même si on lui servait ce menu.

Dans une entrevue à Patrice Roy de Radio-Canada, Philippe Couillard a heureusement réparé la gaffe de son ministre. Le premier ministre a indiqué qu'il fera des aînés sa prochaine priorité, tenant à ce qu'on en fasse plus pour eux dès qu'une marge de manoeuvre se présentera.

Il y a heureusement des bons coups. Peu avant l'ajournement des travaux de l'Assemblée nationale, Françoise David, a réussi un véritable tour de force pour une députée de l'opposition. La coporte-parole de Québec solidaire a fait adopter un projet de loi qui interdit dorénavant à un propriétaire d'évincer un locataire de plus de 70 ans vivant dans le même logement depuis plus de dix ans.

En 2031, on prévoit que les 65 ans et plus formeront le quart de la population. Plusieurs choisiront de vivre en résidence privée pour aînées en raison des services offerts. Limités physiquement, ils en seront dépendants. La Protectrice a bien vu qu'ils n'ont plus la force ni la santé pour se lancer dans un recours judiciaire. Voilà pourquoi il importe de les protéger.

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