Une 77e vigile pour les quatre ans de détention de Badawi

Les partisans sherbrookois de Raïf Badawi se sont... (Spectre Média, René Marquis)

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Les partisans sherbrookois de Raïf Badawi se sont réunis une 77e fois sur les marches de l'hôtel de ville vendredi, une photo du visage du blogueur à la place du leur, pour marquer le quatrième anniversaire de son emprisonnement.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Vendredi marquait un bien triste anniversaire : celui de l'emprisonnement de Raïf Badawi, qui croupit dans les geôles saoudiennes depuis quatre ans. Pour exhorter une énième fois le gouvernement canadien à intervenir auprès des autorités de l'Arabie saoudite, les supporteurs sherbrookois du blogueur se sont réunis à l'hôtel de ville en cette journée hautement significative.

Le 17 juin 2012, Badawi a été condamné à 10 ans de prison, à 1000 coups de fouet et à une amende d'un million de riyals saoudiens, soit presque 290 000 $ canadiens, pour ses propos tenus sur le site Free Saudi Liberals (« Libérez les libéraux saoudiens »). À ce jour, il a reçu 50 coups de fouet sur la place publique, les autres séances de flagellation ayant été reportées en raison des problèmes de santé du détenu.

Lors de la 77e vigile organisée à Sherbrooke vendredi midi, une vingtaine de personnes se sont amassées sur les marches de l'hôtel de ville, tenant devant leur visage une photo en noir et blanc de Raïf Badawi.

Comme à chacun de ces rassemblements devenus traditionnels, 50 coups de djembé ont retenti sous les mains de l'instigatrice Jane Hospes, représentant les 50 coups de fouet que le blogueur devait recevoir hebdomadairement. Les partisans se sont ensuite recueillis pendant une minute de silence, qui a été suivie de quatre nouveaux coups de tambour faisant écho aux quatre années de détention de Badawi.

Cette fois, le slogan « Qu'est-ce qu'on veut? Libérer Raïf! » a été scandé haut et fort par les militants non seulement en français, mais aussi en arabe, dans l'espoir que leur message soit si puissant qu'il traverse l'océan et soit entendu par le roi Salmane d'Arabie saoudite.

Fête des Pères

À l'approche de la fête des Pères, Amnistie internationale a d'ailleurs recueilli sur son site web quelque 1400 messages appelant à la libération du blogueur, qu'elle fera parvenir au roi.

« Raïf Badawi et son avocat Waleed Abulkhair, qui est également incarcéré pour 15 ans, sont deux pères qui sont absents pour leurs enfants, souligne Mireille Elchacar, agente de développement pour Amnistie internationale à Sherbrooke.

"On a donc demandé aux gens d'écrire un petit mot dans un livre d'or, qu'on a remis au roi, pour lui demander de manière respectueuse de libérer ces deux hommes pour qu'ils puissent rejoindre leur famille, puisqu'ils n'ont absolument commis aucun crime."

Questionnée au sujet des actions prises par le gouvernement Trudeau dans cette affaire, Mme Elchacar déplore la lenteur du processus.

"On veut bien croire à la bonne foi du ministre des Affaires étrangères, M. Dion, qui nous assure qu'il en parle à chaque fois qu'il rencontre ses homologues saoudiens, mentionne-t-elle. D'un autre côté, M. Trudeau nous dit qu'il ne faut pas trop se presser, que ça pourrait avoir un effet contraire à ce que l'on veut, mais nous, on se dit qu'on n'est pas pressés du tout : ça fait quatre ans, aujourd'hui, qu'il est en prison!"

Par ailleurs, ce dimanche 19 juin, Amnistie internationale Estrie tiendra une activité de sensibilisation au Marché de la gare de Sherbrooke, sous le thème de la campagne annuelle Réfugiés, ce n'est pas un choix.

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