Sherbrooke se recueille aussi

Geneviève Potvin et Geneviève Ouellette se recueillent durant... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Geneviève Potvin et Geneviève Ouellette se recueillent durant la vigile organisée à Sherbrooke à la mémoire des victimes de la tuerie d'Orlando. L'événement était organisé par le GRIS Estrie devant le bar gai l'OtreZone au centre-ville.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Stéphanie Beaudoin   </p>
Stéphanie Beaudoin

Journaliste stagiaire

La Tribune

(Sherbrooke) Ils étaient plusieurs dizaines à se tenir la main, à se serrer les uns les autres, à être là, comme ils sont. Qu'ils soient gais, lesbiennes, hétérosexuels, trans ou bisexuels, la solidarité a pris son envol, à Sherbrooke, sur l'air d'Imagine, la célèbre chanson des Beatles.

La communauté LGBT a été secouée dimanche dernier lorsqu'elle a appris la tragédie survenue dans le bar gai d'Orlando. Depuis, un peu partout dans le monde, comme au centre-ville de Sherbrooke jeudi soir, des vigiles de solidarité ont été organisées à la mémoire des victimes.

« Dans ma tête, j'ai eu le souvenir de Polytechnique. Des femmes mortes parce qu'elles étaient elles-mêmes dans un milieu où elles se sentaient en sécurité. Le Pulse était le même genre d'endroit pour ces personnes décédées », raconte Myriam Pelletier Gilbert, présidente du GRIS Estrie, la voix remplie de larmes.

À Sherbrooke, c'est le GRIS Estrie qui a pris le chapeau de l'organisation. Il en a résulté un bel équilibre entre le festif, aux couleurs de la communauté LGBT, et le calme, pour honorer la mémoire des disparus. « Garder le silence n'était pas une option envisageable parce que nous sommes tous liés aux victimes », ajoute la présidente.

Mme Pelletier Gilbert a rappelé qu'il fallait garder la tête haute pour continuer à créer du positif, du coloré, du bonheur.

Les noms des 49 victimes se sont ensuite élevés dans la soirée, comme des murmures emportés par le vent. Le silence était prenant. On avait l'impression que même les voitures faisaient moins de bruit et que les noms envahissaient tout l'espace. Une minute de silence a suivi pendant laquelle, à l'unisson, la foule a levé les doigts en créant le « V » de la paix.

« Je souhaite que ce monde devienne paisible et sans discrimination. La solidarité vaincra le mal », a lancé Patsy Sanders, musicienne et chanteuse.

Libre chez nous

Geneviève Ouellette et Geneviève Potvin sont un couple de lesbiennes affirmé. « On ne s'est jamais senties différentes des autres. On se promène, on s'embrasse et on n'a pas peur de se faire tirer dessus », explique Mme Ouellette.

Les deux jeunes femmes n'ont pas plus peur d'être qui elles sont depuis la tragédie. « Il y a des gens qui ont ouvert le chemin pour qu'on puisse être égaux, il faut le continuer et dénoncer ces gestes pour continuer le chemin à notre tour », ajoute Mme Potvin.

La route semble toutefois encore parsemée d'embûches. « Il faut cesser de banaliser l'homophobie et la transphobie. Il y a encore des personnes qui se suicident ou qui en meurent par des événements tragiques. Il ne faut pas rester silencieux devant cette discrimination », mentionne Pierre McCann, directeur général du GRIS Estrie.

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