« Une attaque directe au droit de négocier »

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La manifestation qui a rassemblé une centaine de personnes se tenait devant l'hôtel de ville de Sherbrooke.

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(Sherbrooke) Une centaine d'officiers des syndicats des secteurs municipaux et du transport de la Fédération des employées et employés de services publics CSN ont manifesté jeudi devant l'hôtel de ville de Sherbrooke contre le projet de loi 110. Ils visaient ainsi à faire entendre leur mécontentement face à une loi qui pourrait permettre à l'Assemblée nationale de décréter les conditions de travail des employés municipaux advenant une impasse dans les négociations.

« Ce projet de loi est une attaque directe au droit de négocier dans les municipalités. C'est certain que les représentants des syndicats, qui à 96 % partout au Québec, dans les dix dernières années, arrivent à des conventions collectives négociées sans conflit, ne comprennent pas pourquoi aujourd'hui ce gouvernement décide de s'élever contre leur droit fondamental de négocier. On est ici à Sherbrooke parce que le maire est président de l'Union des municipalités du Québec. Il doit comprendre le message que ce n'est pas en travaillant contre les travailleurs qu'il va réussir à établir de saines relations de travail. C'est plutôt en s'assoyant de bonne foi aux tables de négociation », explique Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

Les syndicats n'en sont qu'aux balbutiements des moyens de pression, qu'ils comptent intensifier graduellement cet automne. « Il y aura beaucoup de moyens de visibilité où les gens voudront se faire entendre et entrer en contact avec la population. C'est paradoxal, ici à Sherbrooke on appuie la lutte de Raif Badawi pour sa libération, alors que cet homme a exercé son droit à la libre expression et on se met à l'avant-plan pour brimer le droit d'expression de milliers de travailleurs du monde municipal », ajoute Mme Lévesque.

Elle avance que les municipalités adoptent une façon paresseuse de confier au gouvernement le soin d'imposer les conditions de travail à leur place. « Elles applaudissent au fait que le gouvernement leur dit qu'elles n'auront pas à porter l'odieux. Les municipalités doivent comprendre que pour avoir la paix sociale dans le monde du travail, il faut travailler à régler les problèmes sur le terrain avec les gens directement concernés, pas toujours avec une épée de Damoclès au-dessus de notre tête. »

Denis Marcoux, président de la Fédération des employées et employés de services publics CSN, dénonçait lui aussi la loi 110. « Nous avons rencontré les syndicats pour dénoncer ce projet de loi qui est ignoble et pour nous donner un plan de match pour assurer une résistance et faire reculer le gouvernement. La capacité des villes de décréter nos conditions de travail nous dérange. Ce qu'on dit, c'est que les conditions de négociation sont un droit fondamental pour tout le monde. Ça inclut les employés municipaux.

« Les avocats sont en train de regarder ça. On va voir comment ça va se passer en commission parlementaire. La lutte est avant tout syndicale. Elle n'est pas juridique. C'est certain qu'il y aura une contestation juridique, mais nous en sommes à la mobilisation des gens. »

M. Marcoux prévoit même un automne chaud.

« S'il y a des façons de contester cette loi au plan juridique en s'appuyant sur la charte des droits et libertés, nous le ferons. Dans un premier temps, nous signifierons clairement au gouvernement et aux municipalités qu'on n'en veut pas de ce genre de loi là. Nous les convaincrons de reculer », insiste Francine Lévesque.

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