Sherbrooke a besoin de plus d'aide de Québec, selon Legault

Le chef de la Coalition Avenir Québec était... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Le chef de la Coalition Avenir Québec était de passage à Sherbrooke mardi. Il en a profité pour exposer sa vision de la prématernelle à quatre ans, ses plans pour améliorer l'économie du Québec et ses suggestions pour régler les problèmes dans les urgences.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) « C'est une erreur d'avoir refusé l'agrandissement de la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. » Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, a lancé cette déclaration catégorique lors de son passage à Sherbrooke mardi. Il ajoute souhaiter la création de zones d'innovation, dont une à Sherbrooke.

Rappelons que l'Université de Sherbrooke espérait une aide gouvernementale, notamment du nouveau programme d'infrastructures fédéral, pour son futur pavillon de médecine personnalisée et de recherche translationnelle.

« 80 % de l'innovation se fait dans deux facultés : en médecine et en ingénierie. En médecine ici, il y a de beaux projets. Selon moi, on devrait accepter la proposition de l'Université de Sherbrooke et mettre beaucoup plus d'argent dans la faculté de génie pour rapprocher les entreprises et les entrepreneurs. Ça nous prend plus d'investissement privé. Si je suis premier ministre dans deux ans, j'aurai un compteur des investissements des entreprises sur mon bureau. Ce sera ma priorité, mon obsession », avance-t-il.

Il propose aussi de changer le rôle d'Investissement Québec et des CLD dans les régions.

« Je me suis rendu compte qu'en Allemagne et dans les pays scandinaves, il n'y a pas de crédit d'impôt aux entreprises. Nous avons deux milliards en crédits d'impôt. Ces deux milliards devraient être donnés à Investissement Québec pour accompagner des entrepreneurs qui ont des projets. Quand on prend le PIB par habitant, le Québec est 57e sur 61 États et provinces pour la richesse par habitant parce qu'il nous manque des emplois de qualité et des investissements privés. Au Québec, nous avons 30 milliards par année en investissements privés. Ça prendrait 50 milliards. Il faut pour les petits projets passer par les CLD, et pour les grands projets, passer par un Investissement Québec décentralisé dans les régions. Il faut que le budget soit transféré à chacune des 17 régions et que ce soit là que les décisions se prennent. Il faut aussi un fonds pour protéger nos sièges sociaux. »

L'économie a d'ailleurs été au centre des discussions qu'il a eues avec le maire Bernard Sévigny lorsqu'il lui a rendu visite en après-midi à l'hôtel de ville. « La ville a un potentiel extraordinaire avec ses deux universités. C'est un potentiel qui n'est pas assez exploité. Les coupures dans les universités ont fait mal et nous croyons que c'est une erreur de couper dans l'éducation. On doit avoir un gouvernement du Québec qui est plus proactif pour démarcher des investissements d'entreprises de taille moyenne. Ce n'est pas normal que Sherbrooke n'ait pas un revenu disponible moyen plus élevé. Il faut pousser sur le développement économique. »

M. Legault conçoit que la Ville peine à boucler ses budgets en raison des infrastructures à payer, entre autres le pont des Grandes-Fourches à rénover. « On a besoin de plus d'aide de Québec. »

MM. Sévigny et Legault ont aussi discuté des hausses de tarifs de la Régie de l'énergie et une rencontre avec le ministre Pierre Arcand a été demandée pour exposer les difficultés engendrées à Sherbrooke.

François Legault croit par ailleurs que quatre circonscriptions sont prenables dans la région aux prochaines élections. Orford et Brome-Missisquoi en feraient partie. Il promet de revenir souvent dans la région au cours des deux prochaines années. Il assure que la cuvée de candidats de 2018 sera bonne.

La recette de la prématernelle à quatre ans

Le chef de la Coalition Avenir Québec François Legault aura deux priorités s'il devient premier ministre après les élections provinciales de 2018 : l'éducation et l'économie. Il misera entre autres sur la prématernelle dès l'âge de quatre ans, tel qu'il l'a expliqué lors de son passage dans les locaux de La Tribune mardi. Il amorce d'ailleurs une tournée provinciale pour faire découvrir les idées de son parti.

« Je suis convaincu que la manière la plus efficace de réduire le décrochage scolaire est d'instaurer rapidement la prématernelle à quatre ans pour les 90 000 enfants de quatre ans. Le gouvernement libéral a un peu copié notre idée, mais en annonçant qu'il ouvrirait des classes pour 1800 enfants dans l'année qui vient. À ce rythme-là, notre programme serait en place dans 50 ans. C'est loin. À Sherbrooke, il y avait une classe. Ils veulent en ouvrir une deuxième. Ce n'est pas sérieux », lance-t-il.

« Il y a un principe en éducation qui dit que tout se joue avant six ans. Les interventions auprès d'un enfant avant six ans sont dix fois plus efficaces que les mêmes interventions après six ans. On détecte trop tard les enfants qui ont des difficultés d'apprentissage, que ce soit l'autisme, les difficultés de comportement, la dysphasie... Il y a à peu près 15 % des enfants qui ont des difficultés et il faut leur offrir des services d'enseignants, d'orthopédagogues et d'orthophonistes. La raison pour laquelle le PQ et le PLQ ne veulent pas mettre des prématernelles quatre ans, c'est qu'ils veulent protéger les jobs demandées par les syndicats des garderies et des CPE. »

François Legault mentionne que le taux de décrochage atteint 16 % en Estrie. « En Ontario, en Finlande, on parle de 5 % de décrochage. C'est possible de le réduire de beaucoup. »

« Le parcours d'un décrocheur, c'est quelqu'un qui arrive à la maternelle à cinq ans, a de la difficulté avec ses lettres, ses chiffres, redouble une année, perd sa confiance, ses amis, et qui attend 16 ans pour décrocher. Il faut agir tôt. En Finlande, ils commencent à trois ans. Ce serait l'idéal, mais pour être réaliste, disons quatre ans. Ça coûterait 400 M$. D'après moi, nous avons les moyens de le faire. Nous n'avons pas les moyens de ne pas le faire. »

François Legault ajoute qu'il faudra agrandir les écoles. « Il manque de places dans les CPE, donc les enfants de quatre ans pourraient être remplacés par des plus jeunes. Des places deviendraient disponibles en CPE. »

M. Legault a par ailleurs éraflé le Parti libéral au passage, rappelant que le parti au pouvoir en est à son quatrième ministre de l'Éducation. « Le premier ministre devrait être celui qui donne une direction aux ministres de l'Éducation. Or je n'en vois pas de direction et je me demande ce que M. Couillard fait en politique. Je n'ai pas encore compris ce qu'il veut changer en politique au Québec. »

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