Soins de fin de vie: la faculté de médecine revoit sa formation

Michèle Héon-Lepage, qui a perdu son mari à... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Michèle Héon-Lepage, qui a perdu son mari à la suite d'un cancer foudroyant, fait partie du groupe de travail facultaire sur l'approche palliative intégrée et sur les soins de fin de vie à titre de patient-proche partenaire.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) La faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke revoit la formation de ses programmes afin d'intégrer l'approche palliative et les soins de fin de vie dans tous les apprentissages. L'implantation des améliorations, qui a déjà commencé, se poursuivra cet automne.

Le plan d'action mis en place découle des travaux d'un groupe de travail facultaire sur l'approche palliative intégrée et les soins de fin de vie.

« On est souvent face aux grands défis de transformer les approches. Les soins ne doivent pas se limiter à viser à prolonger la vie... Il faut aussi intégrer des soins adaptés à l'évolution des maladies chroniques incurables, oncologiques ou non. L'ensemble des améliorations doit reposer sur des habiletés qui visent à améliorer la capacité du professionnel à mieux communiquer avec la personne, en fonction de ses besoins », explique la professeure Anne-Marie Boire-Lavigne, médecin de famille en soins de longue durée au CIUSSS de l'Estrie-CHUS et responsable du groupe de travail facultaire.

La faculté a commencé à plancher sur le dossier avant l'arrivée de la Loi concernant les soins de fin de vie, précise le doyen de la faculté de médecine et de sciences de la santé (FMSS), Dr Pierre Cossette.

« On avait vu venir l'enjeu et il fallait être à l'avant-garde. On veut adapter nos programmes et nos milieux de stage, parce que la médecine et les sciences de la santé, ça ne s'enseigne pas que sur les bancs d'école, ça s'enseigne aussi en milieu clinique. »

Dans tout le dossier de l'aide médicale à mourir, les médias ont beaucoup parlé de cet enjeu. Toutefois, il ne s'agit que de la pointe de l'iceberg, souligne le Dr Carl Bromwich, professeur à la FMSS, spécialiste en soins palliatifs au CHUS et responsable adjoint du groupe de travail.

« L'aide médicale à mourir est censée être une réponse possible à la souffrance (...) L'approche palliative intégrée est le meilleur outil clinique pour prévenir ce genre de souffrances et les demandes d'aide médicale à mourir conséquentes. Mais la prévention n'est pas toujours appliquée comme il faut et parfois, même quand elle est bien appliquée, elle n'est pas efficace... Voilà l'origine d'une demande médicale d'aide à mourir », a également commenté Dr Bromwich, qui a déjà assisté un patient dans le cadre d'une telle demande.

Des améliorations à apporter

Michèle Héon-Lepage a perdu son mari d'un cancer après 32 ans de vie heureuse. « Un cancer foudroyant est venu bousculer nos vies », a raconté la Sherbrookoise, qui siège au comité à titre de « patient proche partenaire ».

« Je suis devenue l'aidante, celle qui l'accompagnait pour son dernier voyage (...) Plusieurs fois, je me suis sentie délaissée par un système trop cloisonné. Tous faisaient très bien leur travail, mais un lien manquait. Nous avions besoin d'un capitaine pour nous guider... » « Si quelqu'un avait été impliqué dès l'annonce de la maladie, ça aurait été plus facile. »

Heureusement, souligne-t-elle, un infirmier pivot a mis le couple en contact avec le Dr Bromwich.

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