Hausse de la maltraitance psychologique chez les enfants

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« La violence psychologique sur les enfants est souvent minimisée. Elle est même ignorée et peut avoir autant d'impact que les mauvais traitements physiques », explique le directeur de la protection de la jeunesse en Estrie, Alain Trudel.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Les mauvais traitements psychologiques faits aux enfants retiennent l'attention du directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) cette année.

« La violence psychologique sur les enfants est souvent minimisée. Elle est même ignorée. La violence psychologique peut avoir autant d'impact que les mauvais traitements physiques », explique le directeur de la protection de la jeunesse en Estrie, Alain Trudel.

Les mauvais traitements psychologiques ont connu une hausse de 3,6 pour cent en 2015-2016, passant de 165 signalements retenus à 205. L'indifférence, le dénigrement, le rejet affectif, les menaces, l'exploitation et l'exposition à la violence conjugale ou familiale sont autant de formes de violence psychologique auprès des enfants.

« La violence psychologique laisse des traces sur l'estime de soi. L'enfant a l'impression de déranger, qu'il ne répond pas aux attentes de ses parents. Des parents en conflit entre eux ou en situation de violence conjugale essaient de régler leurs problèmes, mais oublient qu'un enfant est témoin de cela, que cet enfant a des besoins », explique Alain Trudel.

Dans le cadre de son bilan annuel, le directeur de la DPJ en Estrie, Alain Trudel, note une légère hausse de 1,2 pour cent des signalements de façon globale soit 2800.

De ce nombre, 1256 signalements, soit 44,9 pour cent, ont été retenus.

 Les mauvais traitements psychologiques représentent 16,3 pour cent de ceux retenus l'année dernière. Retards de développement, difficultés scolaires, troubles de comportements, problème de santé mentale et même la toxicomanie peuvent résulter de cette problématique.

Les conflits de séparation entre les parents de même que l'exposition à la violence conjugale causée par les parents constituent plus de la moitié des signalements retenus en matière de mauvais traitements psychologiques.

« Je demande à la population de prendre la partie de l'enfant en premier lieu. Souvent, l'imaginaire s'avère pire que la réalité. Il faut dénoncer le silence. L'intervention d'une personne significative auprès des parents a souvent plus d'impact que celui d'un intervenant de la DPJ », estime Alain Trudel.

C'est la négligence des enfants avec 314 signalements, soit le quart des signalements retenus, qui est la problématique la plus criante pour la DPJ en Estrie.

Lors de la dernière année, 242 signalements pour des abus physiques ont été retenus, alors que 48 pour abus sexuels ont fait l'objet d'interventions de la part de la DPJ. Le risque sérieux de négligence en hausse de 4,9 pour cent est l'augmentation la plus significative des problématiques.

Le suivi de ces problématiques a été fait dans presque un cas sur deux en milieu familial, soit dans une proportion de 46 pour cent.

« Fondamentalement, nous maintenons les enfants dans leur milieu familial en offrant de l'aide et des ressources aux parents », indique Alain Trudel.

Les différents organismes dans une proportion de quelque 35 pour cent sont à l'origine des signalements, alors que les milieux familiaux (19,2 %), le milieu scolaire (19 %), le milieu policier (13,5 %) ainsi que la communauté (12,5 %) sont les principales sources des signalements traités en Estrie en 2015-2016.

Le nombre de jeunes contrevenants en baisse

Le nombre de jeunes contrevenants ayant reçu des services de la part de la direction de la protection de la jeunesse en Estrie est en baisse.

En vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA), le nombre d'interventions est passé de 517 interventions à 494.

« Il y a une baisse de la criminalité chez nos adolescents », constate le directeur de la protection de la jeunesse en Estrie, Alain Trudel.

Ce dernier explique cette baisse notamment par la modification de l'approche du Service de police de Sherbrooke auprès des adolescents.

« Les patrouilleurs vont s'intéresser davantage à ce qui se passe avec les jeunes. Les policiers vont marcher sur la rue Wellington et cibler les jeunes, non pas pour intervenir et les encadrer, mais pour les comprendre. Quels sont leurs intérêts ? Quels sont leurs besoins ? Ça devient intéressant et peut avoir des impacts sur la baisse de la criminalité », estime M. Trudel.

Le point sur les fugues

En ce qui trait aux fugues des centres jeunesses ou les milieux familiaux, Alain Trudel estime qu'il ne faut pas comparer la situation de l'Estrie avec celle de Montréal ou de Laval.

« Nous ne pouvons pas barrer les portes et les empêcher de sortir. C'est une très mauvaise idée parce que ces jeunes ne seront pas adaptables. Il faut développer la confiance et leur autonomie. Il faut discuter avec eux. Que ce soit un père, une mère, un éducateur ou un travailleur social, nous avons un rôle d'écouter ces jeunes-là et tenter une réponse collective », estime M. Trudel.

Selon lui, il faut responsabiliser l'adolescent.

« À son retour, il faut regarder comment il a vécu sa fugue. Est-ce qu'il s'est mis en danger ? Quelles sont les mesures pour éviter que ça se reproduise », mentionne Alain Trudel.

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