Attentat à Orlando: la communauté LGBT sous le choc

Marie-Pier Boisvert... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

Agrandir

Marie-Pier Boisvert

Archives La Tribune, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) L'attentat perpétré dimanche à Orlando, en Floride, laisse la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT) du Québec « sous le choc », au dire de la directrice générale du Conseil québécois LGBT, Marie-Pier Boisvert.

« Je n'ai pas eu l'occasion de parler à ma communauté, parce que je ne suis pas à Montréal, mais honnêtement, de ce que j'ai vu sur les médias sociaux, c'est un choc total et une espèce de désespoir, a déploré la Sherbrookoise. Est-on revenu 50 ans en arrière? C'est absurde. Je regarde les gens autour de moi, mes proches, mes amis et je me demande s'ils sont en sécurité, une question que je ne m'étais pas posée depuis vraiment longtemps. De penser aux gens qui sont morts et aux gens autour d'eux qui sont en deuil, c'est beaucoup trop, c'est extrêmement difficile.

« On veut aider d'un côté, mais de l'autre, on se sent impuissant. Ce sont des vies humaines qui ont été perdues et ça va prendre de la mobilisation pour aider les gens à faire leur deuil. »

Même si le présumé assassin Omar Mateen, un Afghan de 29 ans, se serait réclamé de l'État islamique avant de commettre l'irréparable, Marie-Pier Boisvert refusait de limiter la tragédie au terrorisme.

« Je ne pense pas que c'est utile d'essayer de s'expliquer ce comportement-là. Qu'est-ce qu'on peut faire pour éviter que ça se reproduise? Tu m'aurais parlé hier (samedi) et je t'aurais dit que ce genre d'événement n'arrivera plus. Est-ce que la sensibilisation qu'on fait est suffisante? Est-ce que ce sont des personnes qui ne sont pas rattrapables? Comment peut-on faire pour rebâtir une confiance entre les différentes communautés et la communauté LGBT? »

« C'est comme ça que je le prends, poursuit-elle. La nationalité ne change rien. C'est un acte d'une violence innommable. Ce n'est pas utile de parler des enjeux raciaux à ce moment-ci. Le mois dernier, à Montréal, il y a eu un acte homophobe fait par des blancs. La sensibilisation est loin de devoir se limiter aux communautés culturelles et ça montre qu'il y a encore beaucoup de travail à faire. »

L'attaque est survenue au moment ou le Conseil québécois LGBT doit rencontrer le ministère de la Justice et le Bureau de lutte contre l'homophobie mardi pour lui présenter son prochain plan de lutte à l'homophobie.

« C'est évident que ça se passe aux États-Unis, mais ce que ça va faire, c'est que les gens qui assisteront aux consultations seront plus émus qu'ils l'auraient été dans un autre contexte. La protection de nos communautés est un enjeu réel. Il s'agit de vies humaines et si on ne peut pas avoir des droits égaux, en quoi est-on mieux que les gens qui n'ont pas pu protéger ceux d'Orlando? »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer