Le ramadan, moins difficile qu'on pourrait le croire

Établis au Québec depuis 2002, Ali et Ilhame... (Spectre média, Maxime Picard)

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Établis au Québec depuis 2002, Ali et Ilhame Nassiri pratiquent le ramadan avec leur fil, Yassin. N'ayant pas encore atteint l'âge de la puberté, leurs plus jeunes filles, Basma et Salma ne prennent pas part à la tradition, mais soutiennent la famille dans le jeûne.

Spectre média, Maxime Picard

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<p>Charlotte R. Castilloux</p>
Charlotte R. Castilloux

Journaliste stagiaire

La Tribune

(Sherbrooke) Vers 20 h la table commence à se dresser tranquillement chez les Nassiri afin que tout soit prêt au coucher du soleil. « Les minutes sont importantes », rigole Ilhame Nassiri, la mère de la famille, en expliquant que, lors du ramadan, ils attentent l'heure du repas avec une petite impatience.

Marocains d'origine, les membres de la famille Nassiri font le ramadan tous les ans afin « d'éduquer leur âme par la patience et l'endurance », explique Ali Nassiri, le père de la famille. C'est donc dans leur maison de Fleurimont que la famille Nassiri m'a invitée à prendre part à leur rupture du jeûne.

Dans le décor de leur salon marocain, j'ai eu la chance de partager le thé avec la famille en en apprenant davantage sur la tradition du ramadan, que M. Nassiri décrit comme « une période où l'on se recentre sur notre esprit ».

Contrairement à la pensée populaire, le repas de soirée n'est pas une exagération. « Souvent, les gens pensent qu'on se goinfre le soir venu, mais ce n'est pas le cas. On mange un repas normal », m'explique M. Nassiri, en soulignant qu'il est rare qu'ils remangent dans la soirée. Ilhame, mère de la famille et propriétaire du Marché falafel sur la rue Galt Ouest, avait d'ailleurs concocté un repas typiquement marocain qui a su ravir toute la famille au moment de rompre le jeûne.

Afin de s'hydrater adéquatement et d'accumuler assez d'énergie, beaucoup de liquide et de protéines sont au menu. La famille commence donc le repas par un verre de jus maison et avec des dattes. Ensuite on retrouve à la table une soupe-repas aux légumineuses ainsi que plusieurs pâtisseries marocaines à base de noix.

Un tel repas protéiné permet à la famille d'accumuler l'énergie nécessaire pour fonctionner normalement le jour venu. Mais, ce n'est pas sans effort que les Nassiri passent à travers du jeûne. « Pour moi, le plus difficile, c'est de me priver de café dans la journée », affirme M. Nassiri, alors que pour son épouse, qui est une gourmande, c'est de travailler à la chaleur dans son commerce qu'elle trouve parfois difficile. « Des fois, je commence le repas avec un grand verre d'eau », explique-t-elle.

Toute la famille s'entend toutefois pour dire que le corps s'habitue à ce régime strict. « C'est parfois difficile pour la concentration, mais le corps à une capacité d'adaptation exceptionnelle », avoue Yassin, l'aîné de la famille qui vient tout juste de terminer l'université.

Le ramadan, qui a débuté le lundi 6 juin, est l'un des cinq piliers de l'Islam et c'est la foi qui encourage les pratiquants à persister. Pendant les 30 jours de jeûne, les musulmans s'abstiennent des différents désirs physiques, dont manger et boire, à partir de l'aube jusqu'au coucher du soleil.

Suivant l'année lunaire, le mois du ramadan se décale de onze jours tous les ans. Cette année, les musulmans jeûneront pendant le solstice d'été où nous avons droit aux plus longues journées de l'année. « Oui, c'est plus facile quand les journées sont plus courtes, mais cette année, on est chanceux, il n'y a pas de canicule », explique M. Nassiri, en soulignant que c'est un peu moins difficile lorsqu'il fait frais.

Cette tradition religieuse vise à « purifier l'esprit et à se mettre dans la peau de ceux qui n'ont pas la chance de manger tous les jours », explique Taleb Sabbek, président de l'Association des musulmans de l'Université de Sherbrooke. Toutefois, selon M. Sabbek, le ramadan n'est pas qu'un mois spirituel, c'est également un mois de partage. « Avec l'Association, on organise des soupers collectifs pour la communauté », explique-t-il, en soulignant que le ramadan est une occasion pour les pratiquants de se rassembler.

Les non-musulmans sont également invités au souper ramadan sans frontière organisé par l'Association le samedi 18 juin à l'école internationale du Phare. « Il y a un respect et une curiosité chez les Sherbrookois », explique le président de l'Association, en soulignant l'intérêt de la population pour la culture musulmane.

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