Perrault plaide pour l'autonomie des organismes paramunicipaux

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Jean Perrault a livré un discours dans le cadre du congrès de l'Association dse directeurs généraux des municipalités du Québec.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) La reddition des comptes peut-elle être simplifiée au sein même des municipalités ? Les organismes paramunicipaux devraient-ils jouir d'une plus grande autonomie ? Oui, croit l'ex-maire de Sherbrooke Jean Perrault, qui livrait un discours jeudi midi au congrès de l'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec à Sherbrooke. Alors qu'il présentait les grandes lignes de son rapport Faire confiance, qui concerne la relation entre les municipalités et le gouvernement du Québec, M. Perrault a invité les directeurs généraux à faire un examen de leurs propres demandes envers les promoteurs et les citoyens.

« Ça me ferait plaisir de voir la même chose dans mon gouvernement municipal. Pouvez-vous réduire le fardeau administratif que vous imposez aux gens qui font affaire avec la Ville ? Pouvez-vous abolir des demandes non essentielles et réduire la fréquence de production de certaines exigences ? Par exemple, il y a des exigences du gouvernement du Québec pour le schéma d'aménagement. Nous rendons ça compliqué pour nous justifier. Les permis d'occupation ou de construction : mozus qu'on rend ça compliqué! » a-t-il lancé à l'assemblée d'une centaine de personnes réunies à l'hôtel Delta.

Il a enchaîné à propos des organismes paramunicipaux.

« Ça comporte des avantages, les organismes paramunicipaux. Ils donnent accès à des subventions qu'on ne pourrait pas avoir autrement. La main-d'oeuvre est moins chère que dans l'appareil municipal. En contrepartie, il y a un prix à payer pour obtenir ces avantages, et c'est l'autonomie des corporations paramunicipales, qu'on parle du transport en commun, du tourisme ou de l'Office municipal d'habitation. On nomme des conseillers présidents de ces corporations, on va chercher des bénévoles au C.A., et après, c'est difficile pour les corporations parce que les fonctionnaires sont un peu jaloux de la flexibilité de ces organisations. »

Aux directeurs généraux, M. Perrault a posé une question. « Ne trouvez-vous pas que vous tenez la main haute sur les organisations ? Laissez-les travailler. »

La proposition de Jean Perrault risque de ne pas passer comme une lettre à la poste auprès de tous les élus. Mais selon l'ex-maire de Sherbrooke, le temps des demi-mesures est terminé. Il faut opter pour l'autonomie des corporations paramunicipales.

« Sinon, on les abolit complètement et c'est la machine municipale qui s'occupera de tout ce que les corporations font. Le transport en commun, par exemple, je ne vois pas comment la Ville ramasserait tout ça à l'intérieur d'un service municipal. Pour le développement économique, il faut que les entrepreneurs qui soient à la table pour influencer les actions. Si on forme des corporations, qu'on leur donne un mandat et qu'on nomme des personnes à des comités, qu'on les rende responsables. Même si ce ne sont pas des élus, ce sont des personnes habilitées à prendre des décisions comme conseil d'administration. »

À Sherbrooke, par exemple, des élus ont dénoncé la trop grande indépendance de Destination Sherbrooke, dont la mission consiste entre autres à faire la promotion du tourisme. « L'élu qui n'est pas satisfait a le droit de donner son opinion, réagit Jean Perrault, mais est-ce que le C.A. de Destination Sherbrooke est décisionnel ? S'il l'est, il prend ses décisions, point à la ligne. S'il ne l'est pas, qu'on ferme ça et qu'on l'intègre à l'appareil municipal, mais je pense que ce serait une erreur. La machine municipale est au service des activités quotidiennes. On se piègerait. »

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Yves Vermette, directeur général de la Ville de Sherbrooke

Archives, La Tribune

La Ville est prête à réduire sa reddition de comptes

Parmi les spectateurs attentifs au discours de Jean Perrault, à l'occasion du congrès de l'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec (ADGMQ) sous le thème de l'optimisation, se trouvait le directeur général de la Ville de Sherbrooke, Yves Vermette. M. Vermette n'a pas manqué de rappeler que la municipalité a amorcé un travail pour faciliter la reddition de comptes des citoyens et des promoteurs avec qui elle interagit. Et il est encore possible d'aller plus loin.

« Ce n'est pas une question de savoir si nous sommes prêts à le faire. Nous devons le faire, il n'y a aucun doute. Nous avons demandé

au gouvernement provincial de faire une réflexion et nous devons nous regarder nous-mêmes pour voir si nous pouvons accélérer le temps de réponse aux citoyens, aux promoteurs, et si nous pouvons être plus ouverts à leurs demandes. Nous avons déjà commencé à la suite d'Entreprendre Sherbrooke en regroupant plusieurs services pour offrir un guichet unique aux entrepreneurs pour simplifier le contact avec la Ville. J'entérine ce que M. Perrault a dit : nous nous devons de faire l'exercice envers nos citoyens et nos entrepreneurs », réagit Yves Vermette.

Le directeur général arrivera-t-il à convaincre les élus qu'il faut donner une plus grande autonomie aux organismes paramunicipaux ? « Ce n'est pas mon rôle, mais ce sera un bon débat politique. Entre les élus, ils doivent se poser ce genre de question là. Il faut réfléchir à la question. Souvent, c'est peut-être dans la façon dont on écrit le mandat, dans le rôle et les responsabilités, mais je partage l'avis de M. Perrault. Nos organismes paramunicipaux ont un rôle, une expertise, ils ont des gens dévoués dans leur conseil d'administration. Il ne faut pas éteindre ça. Il faut l'encourager, mais il faut peut-être revoir dans les mandats comment nous pouvons leur donner plus de latitude ou leur enlever des responsabilités, mais ça ne veut pas dire qu'ils devraient perdre leur autonomie ou leur mandat. »

Yves Vermette a par ailleurs mentionné l'importance d'un événement comme le congrès de l'ADGMQ. « On apprend beaucoup. Le réseautage est très important. Nous avons tous des problèmes similaires. Souvent, nous apprenons de quelqu'un qui a vécu de l'implantation d'un changement. C'est essentiel pour des professionnels qui ont tous le souci d'offrir des services aux citoyens au meilleur coût possible. Nous avons choisi l'optimisation comme thème parce que nous croyons être à l'ère où il faut mieux dépenser l'argent des citoyens. Par exemple, nous avons eu un conférencier qui nous a parlé du choc des générations. Il faut savoir répondre aux attentes des citoyens selon leur âge. Il faut qu'on soit conscients de la façon de communiquer avec nos citoyens pour donner de bons services. »

Le congrès de l'ADGMQ prend fin vendredi.

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