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L'Ordre des infirmières a des solutions pour désengorger le réseau

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(SHERBROOKE) L'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec a quelques solutions à proposer pour désengorger le réseau de la santé. Et le ministre de la Santé et des Services sociaux le reconnaît, même s'il tarde à les concrétiser.

«On est convaincues qu'on fait partie de la solution», martèle la présidente du plus grand ordre professionnel dans le domaine de la santé au Québec. «Ce n'est pas utopique. C'est à portée de main. Mais cela prend un désir de changement et une volonté politique réelle», déplore Lucie Tremblay.

Mme Tremblay était de passage à Sherbrooke avec ce message, mercredi, dans le cadre d'une tournée qui l'a menée dans toutes les régions du Québec, à la rencontre de quelque 74000 infirmières.

À Sherbrooke, Mme Tremblay devait visiter l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS avant de prendre part à l'assemblée générale annuelle de l'Ordre régional des infirmières et infirmiers de l'Estrie.

2016 constitue une année historique pour les infirmières, dira-t-elle d'emblée, en entrevue avec La Tribune. Une année historique parce que les infirmières ont enfin obtenu le droit de prescrire certaines analyses de laboratoire et certains produits depuis janvier dernier, notamment pour le soin des plaies, la contraception hormonale, les infections transmissibles sexuellement et par le sang, ainsi que les médicaments pour arrêter de fumer.

«Il n'y a pas beaucoup d'infirmières à travers le monde qui ont ce droit. Au Canada, il y a les infirmières de la Colombie-Britannique et maintenant celles du Québec. C'est extraordinaire quand on veut travailler sur l'accès aux soins», fait-elle valoir en félicitant l'OIIQ d'avoir réussi à mettre cette mesure concrète de l'avant.

Au Québec, 1800 infirmières ont demandé jusqu'à maintenant leur numéro de permis prescripteur. En Estrie, elles sont 80. «Et j'espère que quand je vais revenir à Sherbrooke l'année prochaine, elles seront 300 ou 400, parce que ça fait une différence dans l'accessibilité. Ça n'a pas de bon sens qu'au Québec en 2016, une personne sur quatre ait de la misère à accéder à des soins de santé», clame Mme Tremblay.

Les infirmières praticiennes spécialisées, communément appelées superinfirmières, sont une autre avenue prometteuse.

«En Ontario, il y a 2000 IPS et ils ont une bien meilleure performance quand on parle d'accessibilité», compare Mme Tremblay, qui cite également l'exemple éloquent de la clinique sans médecin SABSA à Québec. «Elles ont démontré qu'elles pouvaient prendre en charge 1500 patients hypervulnérables et qu'elles n'avaient besoin de référer aux médecins que seulement 20 pour cent des cas.»

Or même si on en parle depuis plusieurs années déjà et qu'on sait qu'elles pourraient prendre en charge plusieurs problématiques qui engorgent les urgences actuellement, les IPS tardent à être reconnues.

«Il faut que le gouvernement fasse des annonces, croit Mme Tremblay. Il faut qu'on ouvre des places dans les universités pour les accueillir. Il faut annoncer des postes pour que les infirmières acceptent de s'engager dans cette formation ultraspécialisée.»

Actuellement, l'Estrie compte 17 IPS diplômées et une trentaine en formation. Elles sont 357 au Québec alors que l'OIIQ estime qu'il en faudrait 2000 pour répondre aux besoins.

«Si on fait cet investissement-là maintenant, il va nous rapporter pendant des dizaines d'années», fait valoir Mme Tremblay, en invitant la province à sortir du modèle traditionnel et à penser différemment ses services de santé.

Convaincue, la présidente de l'OIIQ entend poursuivre sans relâche les représentations auprès des décideurs.

«Le ministre (Gaétan) Barrette nous dit régulièrement qu'il veut améliorer le système de santé. (...) s'il veut être le ministre qui va faire en sorte que les transformations seront viables et que le changement sera historique, il faut qu'il change la façon dont on donne les soins. En 2016, il faut passer par la collaboration interprofessionnelle et par l'utilisation des talents des différents professionnels; il faut utiliser des portes d'entrée différentes et notamment la porte d'entrée que sont les infirmières. C'est la clé du succès.»

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