Un ruban mauve et une charte pour « bientraiter » les aînés

Sylvie Quenneville, directrice adjointe au programme de soutien... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Sylvie Quenneville, directrice adjointe au programme de soutien à l'autonomie au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, et Paul Martel, coordonnateur régional spécialisé en matière de lutte contre la maltraitance, montrent la Charte de la bientraitance des personnes aînées de l'Estrie que plusieurs organisations seront invitées à signer et à faire connaître cet automne.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Le ruban mauve sera très visible au cours des prochains jours en Estrie. Symbole de la lutte contre la maltraitance des aînés, il sera distribué à plus de 14 000 exemplaires à la faveur d'une dizaine d'activités de sensibilisation dans toute la région.

C'est ce qui a été annoncé en conférence de presse mercredi matin par une vingtaine d'organisations regroupées à la Table de concertation contre les mauvais traitements faits aux personnes aînées de l'Estrie.

Même si la réalité de la maltraitance des aînés est difficile à cerner, on estime qu'elle pourrait toucher entre 4000 et 7000 Estriens, soit entre 4 et 7 % des personnes de plus de 65 ans selon le taux de prévalence canadien.

« C'est un sujet tabou, les gens ne sont pas heureux de dire qu'ils sont probablement victimes de maltraitance, mais avec la sensibilisation qu'on fait, comme avec la campagne du ruban mauve, les gens comprennent qu'ils ne sont pas seuls dans ce qui leur arrive et qu'ils peuvent recevoir de l'aide », commente Sylvie Quenneville, directrice adjointe au programme de soutien à l'autonomie au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Le lancement de cette 5e campagne estrienne du ruban mauve a donné lieu à un témoignage touchant écrit par un Estrien qui a dû porter plainte contre son fils toxicomane, qui était en train de gruger ses économies d'une vie.

Le témoignage a été lu par Gaston Michaud, un Racinois éveilleur de consciences, qu'on connaît notamment comme le fondateur de la première coopérative d'habitation au Québec réservée aux personnes de 75 ans et plus.

« Le fondement du problème, c'est l'isolement, constate M. Michaud, qui côtoie plus d'un aîné au quotidien. Les aînés s'isolent et ils finissent par avoir peur de tout. À La Brunante (la coopérative qu'il a fondée), en 13 années on n'a jamais vécu de maltraitance physique parce qu'on brise cet isolement. On a vécu de la violence psychologique, par contre, mais on s'est donné les moyens de la prévenir. Et ce n'était pas la personne attaquée qui a réagi mais les autres qui sont intervenus », relate-t-il fièrement.

En plus d'annoncer une dizaine d'activités de sensibilisation qui auront lieu d'ici le 15 juin, Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées, les intervenants ont dévoilé mercredi la « Charte de la bientraitance des personnes aînées de l'Estrie », un document de neuf énoncés qui se veulent « une source d'inspiration pour mieux traiter les personnes aînées », a expliqué Paul Martel, coordonnateur régional spécialisé en matière de lutte contre la maltraitance.

À partir de l'automne, chaque table de concertation de chaque région de l'Estrie va solliciter des organismes pour adhérer sur une base volontaire à cette charte. Les organismes seront invités à signer le document, à le faire connaître à leurs employés et à l'afficher bien à la vue de leur clientèle.

La programmation de la 5e Campagne estrienne du ruban mauve est disponible sur le site www.stop-abus-aines.ca

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