Patinage de descente extrême : une dépense inutile, juge Rouleau

Jean-François Rouleau était entouré de la conseillère Nicole... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Jean-François Rouleau était entouré de la conseillère Nicole A. Gagnon et des citoyens Claude Gingras et Gilles Quenneville pour exiger plus d'explications de la part de Destination Sherbrooke au sujet du projet de piste permanente de patinage de descente extrême au mont Bellevue.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) La piste permanente de patinage de descente extrême (Ice Cross Downhill) envisagée au mont Bellevue ne fait pas que des heureux. Si le plan directeur des parcs nature de Destination Sherbrooke propose de construire les infrastructures nécessaires à la création d'un centre national d'entraînement, le conseiller Jean-François Rouleau y voit une dépense inutile. Il s'interroge sur les retombées potentielles et demande à ce que le plan d'affaires soit présenté aux élus et aux citoyens.

Flanqué de trois citoyens, M. Rouleau a officiellement exigé des comptes lundi. « Je dénonce les dépenses de fonds publics qui ne rapportent rien ou à peu près aux contribuables. Je remets en question la démarche de Destination Sherbrooke et des différents intervenants pour la construction d'une piste qui coûterait 200 000 $ et qui serait entièrement assumée par les contribuables. Destination Sherbrooke semble vouloir attacher une fois de plus un dossier sans consultation auprès des citoyens, des élus de l'arrondissement et du Regroupement du parc du Mont-Bellevue. Je demande qu'on mette le dossier de côté et que la discussion ait lieu entre les différents intervenants. »

Jean-François Rouleau fait valoir qu'un investissement de 1,2 M$ est prévu dans un remonte-pente, ce qui confirme l'importance de la montagne pour le sport de glisse. Le conseiller a aussi rapporté que la Coupe Riders, événement de patinage de descente, n'avait pas rapporté les sommes prévues. « Pour la première course, on nous avait dit que les retombées seraient de 2,8 M$. La deuxième année, on nous parle de retombées de 223 000 $. Je me questionne sur l'aspect financier. Si c'est rentable, qu'on nous le prouve. Le conseil décidera si on va de l'avant. On demande à Destination Sherbrooke de faire preuve de transparence. On veut faire partie de la réflexion. »

Jean-François Rouleau estime que les retombées de la Coupe Riders se limitent à une quarantaine de nuitées.

Le président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers, a contesté les chiffres avancés par M. Rouleau (voir autre texte).

Le citoyen Gilles Quenneville a fait valoir que la montagne est déjà surchargée avec les activités de ski alpin, de vélo de montagne, de raquette et de ski de fond. Selon lui, il serait plus pressant d'investir pour aménager les sentiers ou pour enneiger de façon artificielle les pistes de ski de fond. Il souhaite aussi que des experts soient consultés pour connaître les impacts du projet sur l'environnement.

« Je n'ai rien contre l'événement, mais si ça n'intéresse pas la population, qu'on passe à autre chose. Peut-être que le produit doit être ailleurs. Nous on dit qu'on n'a pas besoin de ça dans la montagne. Ce n'est pas accessible à la population. Ça ne fait partie d'aucun sport de développement. C'est un sport de spectacle. Il n'y en a plus à Québec non plus. Supportons plus ce qui fonctionne plutôt que d'essayer d'en créer. »

La conseillère du district, Nicole A. Gagnon, fait partie du Comité du mont Bellevue et affirme n'avoir eu aucune rencontre au sujet de la piste permanente de patinage de descente. Elle souhaite toutefois laisser une chance au coureur. « Je suis d'accord qu'il faut voir le dossier avant de l'approuver. Je ne voudrais pas d'infrastructures qui ne sont pas utilisées douze mois par année. »

Mme Gagnon serait plutôt favorable à la création d'un parcours d'hébertisme.

La perspective d'utiliser la piste permanente pour le vélo de montagne l'été n'a par ailleurs pas convaincu son collègue Jean-François Rouleau, qui juge que les sentiers actuels suffisent.

« Ce n'est pas une question de faire des cachettes » - Rémi Demers

Le président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers, se montrait surpris de la sortie de son collègue Jean-François Rouleau au sujet de la piste permanente de patinage de descente extrême au mont Bellevue. Selon lui, le projet est toujours en analyse et il est trop tôt pour se prononcer.

« Destination Sherbrooke avait émis un avis de pertinence touristique du projet dans le cadre du plan directeur des parcs nature. Le projet a évolué beaucoup depuis, mais ça ne change pas l'avis de pertinence. Nous n'estimons pas les retombées potentielles à 2,8 M$. Nous avons toujours mentionné 402 000 $ pour la piste permanente et 250 000 $ pour la Coupe Riders », explique-t-il.

Rémi Demers explique que le projet devrait être présenté de nouveau au comité exécutif et qu'il sera ensuite déposé au conseil municipal. Il est probable que les élus en disposent au courant de l'automne. « Nous sommes en train de regarder pour que le projet ne nuise pas au ski alpin et pour que les infrastructures servent à d'autres sports dans la montagne. Le projet a pris plus de temps parce que nous sommes en train de l'évaluer. Nous cherchons aussi une façon de générer des revenus. Le projet était très bien préparé lors du dépôt du plan directeur et nous ne sommes pas revenus parce qu'il n'est pas prêt à être traité. »

Le trajet permanent, d'abord prévu dans une piste de ski, serait entre autres déplacé.

M. Demers réfute donc les accusations selon lesquelles tout est « attaché » d'avance. « Le Regroupement du parc du Mont-Bellevue doit être impliqué. M. Rouleau et moi ne sommes pas si loin l'un de l'autre à ce sujet. C'est une montagne qui appartient à l'ensemble des citoyens et nous devons être sensibles à ça. Je souhaite toutefois qu'on soit à l'écoute de la faisabilité du projet avant de dire que ce n'est pas bon. Ce n'est pas une question de faire des cachettes. Avant d'étaler le projet, il faut évaluer certaines choses. Je crois au potentiel de l'activité. C'est un sport en émergence qu'on pourrait imaginer un jour aux Jeux olympiques. Nous aurions la chance d'avoir quelque chose d'unique au Québec. »

Le président de Destination Sherbrooke refuse donc d'abandonner et ajoute qu'il y a une très grande préoccupation pour le respect de l'environnement et pour une cohabitation harmonieuse. Il reconnaît par ailleurs la vigilance des citoyens et ajoute que leurs préoccupations sont légitimes.

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