Grabuge à Jouvence : le collège envisage des sanctions

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Le Collège de Maisonneuve fera enquête auprès des finissants de techniques policières impliqués dans un incident survenu vendredi au centre de villégiature Jouvence, a annoncé l'institution lundi.

La Tribune, Stéphanie Beaudoin

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(Sherbrooke) Le Collège de Maisonneuve fera enquête auprès des finissants de techniques policières impliqués dans un incident survenu vendredi au centre de villégiature Jouvence, a annoncé l'institution lundi. L'enquête permettra de déterminer « la hauteur des sanctions qui seront imposées », a fait valoir l'établissement, qui a été avare de commentaires.

Le Collège n'a pas voulu s'avancer sur le type de sanctions qui pourraient être imposées, étant donné qu'il en est « à la cueillette d'informations ».

Qu'arrive-t-il dans un tel cas, où les étudiants sont finissants? Quelles traces resteront à leur dossier? Il a été impossible d'avoir des réponses à ces questions, lundi.

Interrogé sur le sujet, notamment à savoir si les étudiants avaient obtenu leur diplôme d'études collégiales, le Collège de Maisonneuve a spécifié que la session des étudiants était bel et bien terminée, mais c'est le ministère de l'Éducation qui s'occupe de délivrer les diplômes.

« L'ensemble des étudiants du Collège de Maisonneuve doit se conformer au code de vie relatif aux conditions de vie (...) » peut-on lire dans le communiqué.

« Le Collège de Maisonneuve rappelle que cet événement est une initiative de finissants et n'est donc pas impliqué dans l'organisation de cette activité ».

Altercation

Rappelons que samedi, une bagarre impliquant des étudiants de techniques policières a éclaté au centre de villégiature Jouvence, sis au parc national du Mont-Orford.

Plusieurs sources ont rapporté l'incident à La Tribune et ont fait valoir que le gardien de nuit avait averti les étudiants à plusieurs reprises.

Lundi, la Régie de police de Memphrémagog (RPM) a spécifié que les policiers ont été appelés samedi matin vers 7 h 40 à Jouvence, en raison d'une « altercation entre deux personnes ».

« Samedi matin vers 7 h 40, les policiers ont été appelés au Camp de vacances Jouvence à Orford, car il y avait eu altercation entre deux personnes un peu plus tôt. »

« Deux étudiants faisant partie d'un groupe de techniques policières du Collège de Maisonneuve ont eu une altercation physique à la suite d'une dispute verbale. L'un d'eux a subi une légère blessure, mais personne ne voulait porter plainte et tout était déjà rentré dans l'ordre à l'arrivée des policiers », a indiqué la RPM lundi matin, en précisant qu'aucune arrestation n'avait été faite.

Le directeur général de Jouvence, François Leduc, a pour sa part tenu à préciser que contrairement à ce qui avait été mentionné, il n'y avait pas d'interdiction de faire des feux en dépit des risques élevés d'incendies. Il a toutefois confirmé que le gardien de nuit avait dû intervenir à plusieurs reprises.

M. Leduc a également fait valoir que ce sont les clients eux-mêmes, soit un membre du groupe d'étudiants, qui a contacté les policiers. « Ce n'est pas courant de les voir sur notre terrain », a-t-il souligné en ajoutant qu'il n'avait pas eu de plainte d'autres clients. Les bals de finissants représentent une partie de la clientèle de Jouvence et ceux-ci ont lieu à cette période-ci de l'année.

Le directeur du Service de police de Sherbrooke... (Archives, La Tribune) - image 2.0

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Le directeur du Service de police de Sherbrooke (SPS), Robert Pednault. 

Archives, La Tribune

L'incident pourrait nuire aux futurs policiers

L'épisode de grabuge de finissants en techniques policières du Collège de Maisonneuve de Montréal cette fin de semaine au Centre de villégiature Jouvence pourrait avoir une influence sur leur embauche comme policier ou même leur admission à l'École nationale de police du Québec.

Le directeur du Service de police de Sherbrooke (SPS), Robert Pednault, trouve une telle affaire déplorable.

« Je connais bien peu de détails sur cet événement. Cependant une chose est certaine. Si nous découvrons ce type d'écart de conduite lors de l'enquête sur la personne avant l'embauche d'un policier, nous allons peut-être préférer engager un autre candidat », explique le directeur du SPS, Robert Pednault.

Sur plus de 600 demandes d'emploi en 2016, la Ville de Sherbrooke a convoqué 140 candidats à l'examen écrit et 55 en entrevue. De ce nombre, seulement six nouveaux policiers se sont ajoutés récemment à l'effectif du Service de police de Sherbrooke, soit environ un pour cent.

« Le comportement et l'attitude tant à l'école qu'à l'extérieur sont extrêmement importants. Un suivi est fait dès leur admission en techniques policières. Nos jeunes candidats à l'embauche doivent présenter un comportement irréprochable surtout dans un contexte où les postes se font rares », indique le directeur Pednault.

Des impacts sur l'admission à l'École nationale?

Quelles peuvent être les conséquences pour des finissants qui se dirigeaient à l'École nationale de police du Québec (ENPQ), étape ultime pour exercer cette profession?

L'institution n'a pas voulu commenter ce cas précis. L'École a toutefois fait savoir qu'en vue de l'admission d'un étudiant, elle doit s'assurer qu'un candidat « qui dépose une demande d'admission au programme de formation initiale en patrouille-gendarmerie est de bonnes moeurs ».

Les documents de l'institution précisent qu'une personne est considérée de bonnes moeurs « si elle est honnête, intègre, qu'elle respecte les lois et qu'elle a de bonnes fréquentations ». Dans cette analyse, on retrouve également l'absence d'antécédents judiciaires « de même que la présence d'une absolution ou d'une réhabilitation administrative (pardon). »

En cas de doute, l'établissement peut exiger de l'étudiant qu'il se soumette à un « Programme civil de filtrage de sécurité » du ministère de la Sécurité publique.

« Cette enquête vérifie les renseignements portant sur la personnalité du candidat, ses bonnes moeurs, sa formation scolaire, ses compétences professionnelles, ses emplois antérieurs, ses antécédents judiciaires, sa solvabilité et son dossier de crédit. Les frais de cette enquête sont assumés par le candidat ou l'étudiant », peut-on lire dans les documents de l'ENPQ.

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