Une vie à obstacles

Un film raconterait la vie de Nicole Fontaine... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Un film raconterait la vie de Nicole Fontaine et personne ne croirait qu'il s'agit d'une histoire vécue. La sexagénaire a survécu à tant d'épreuves qu'il est difficile de les énumérer. Greffe du rein, accident d'auto, perte d'un enfant, AVC, cancer. Pensez à une épreuve. Elle l'a sûrement surmontée.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Il y a les courses à obstacles que certains font pour être en forme, se dépasser et épater. Et il y a les vies à obstacles que d'autres mènent pour survivre. Des vies d'épreuves qui les dépassent. Des vies qui épatent.

L'an dernier, les proches de Nicole Fontaine ont célébré ses 60 ans.

« Qui l'eût cru! Nicole qui se voit coiffer du titre de sexagénaire! Elle qui a faibli et failli trépasser si souvent. Elle est là! » se réjouissait sa grande soeur Marielle dans un hommage rendu pour l'occasion.

C'est que depuis sa naissance, en 1955, Nicole a eu son lot d'épreuves. Enfant rieuse et enjouée, Nicole est hospitalisée pour la première fois à 8 ans pour un empoisonnement du sang. Elle est placée en isolement pendant un mois. À 18 ans, elle passe sous le bistouri pour une tumeur au sein qui, heureusement, est bénigne.

Quelques années plus tard, elle se marie et en 1978, Nicole apprend qu'elle sera bientôt maman. La joie!

La grossesse se déroule bien jusqu'au 2e mois. Puis de violents maux de tête et des hausses drastiques de sa pression artérielle se succèdent. Après une batterie de tests médicaux, Nicole apprend qu'elle souffre d'insuffisance rénale. Son médecin traitant lui conseille d'interrompre immédiatement sa grossesse. Pour Nicole, il n'en est pas question. Elle tente de porter son enfant jusqu'à ce qu'il soit viable mais, au 5e mois, la dure réalité la rattrape. Ses reins ne filtrent pas son sang correctement. La vie de Nicole est en danger et le bébé qu'elle porte a peu de chance de naître sans séquelles cérébrales importantes. Elle perd son bébé après un accouchement de 20 h.

« C'est la pire chose qui me soit arrivée. J'en pleure encore quand j'y pense », mentionne Nicole.

« En plus, on m'avait placée dans une chambre avec des mères et leur bébé », ajoute-t-elle.

Sachant qu'elle ne pourrait plus porter d'enfant, Nicole tente par tous les moyens de réaliser son rêve d'être mère. « J'appelais les veufs pour savoir s'ils voulaient garder leurs enfants ou s'ils étaient prêts à les donner en adoption », lance-t-elle en riant.

Nicole commence les dialyses au CHUS en 1980 à raison de trois fois par semaine. Puis, le 28 mai 1981, il y a 35 ans presque jour pour jour, elle reçoit un nouveau rein d'un donneur compatible. Elle a 26 ans. Ce rein lui permettra de vivre une vie un peu plus normale pendant 15 ans.

Pendant ces années, elle réalise enfin son souhait d'être mère en adoptant « sa belle » Sabrina en 1984. Mais le grand bonheur paisible est de courte durée.

Un mois après l'arrivée de sa fille, Nicole fait un face à face avec une déneigeuse. L'accident de la route la laisse en piteuse condition. Fracture double du bassin, traumatisme crânien, entaille au visage. Elle doit réapprendre à parler, manger, marcher.

Elle se relève et la vie passe. En 1994, elle divorce et perd sa mère. Puis 1997 arrive avec une nouvelle vague de malheurs. Son rein transplanté doit être retiré. Elle subit une série d'opérations dont l'hystérectomie. Un cancer de la glande thyroïde est diagnostiqué et traité. Et c'est un retour à la dialyse, trois fois par semaine.

« Quand un dur coup frappe, elle déprime deux jours et après, elle repart », confie sa soeur Marielle, admirative.

L'hôpital a été une deuxième maison pour Nicole qui, depuis 1997, a connu toutes les façons d'être dialysée.

Nicole Fontaine est d'ailleurs la dernière dialysée encore vivante de son groupe de personnes qui avaient commencé les traitements au début des années 1980. « J'en ai vu plusieurs partir. Des jeunes. Des monsieurs, des madames. Mes deux grandes amies, une dialysée et l'autre greffée, sont aussi parties », note Nicole qui dans les dernières années a aussi été victime d'un accident vasculaire cérébral.

Sa dernière épreuve? Elle a subi l'amputation de deux orteils au début du mois à cause de la gangrène.

« Si vous saviez l'infinité de prières récitées et la quantité de lampions allumés pour qu'elle demeure en vie », lance Marielle.

« Des fois, il faut en rire », ajoute Nicole.

Quelle est notre relation avec la mort lorsqu'on l'a frôlée si souvent? « Je ne sais jamais quand je vais partir. Des fois, je n'ai pas peur, je me sens prête. Des fois, j'en ai peur et je me dis que la vie est belle », résume Nicole.

La vie est belle notamment grâce à son amour des 18 dernières années, Gérald Tessier, un « ange gardien » qui la traite aux petits soins.

Mais quand même! Empoissonnement, tumeur, insuffisance rénale, perte d'un bébé, greffe d'un organe, grave accident de voiture entraînant fractures et traumatisme crânien, cancer, AVC, amputation. En plus des deuils.

Nicole Fontaine a eu une vie à obstacles. Et à victoires. Car elle sourit encore à cette vie qui a failli si souvent la quitter.

Rappel pour la Marche du Rein 2016

Quand : 29 mai, inscription 9 h, départ 10 h.

Où : Parc Lucien-Blanchard

Contact : Josée Parenteau

819 564-2440

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