Peu d'attaques de pitbulls en Estrie

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La Société protectrice des animaux (SPA) de l'Estrie a traité une quinzaine de cas de morsures depuis le début de l'année. Une seule attaque impliquait un pitbull.

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(Sherbrooke) L'enquête de longue haleine menée par la journaliste Marie-Claude Malboeuf sur les pitbulls dans la région de Montréal, dont les résultats ont été publiés dans La Presse+ tout au long du mois de mai, a mis en lumière des données pour le moins troublantes.

Alors que les pitbulls sont à nouveau permis à Sherbrooke depuis janvier 2015, cette série consacrée aux chiens dangereux remet sur la table le débat relatif à l'interdiction de certaines races de chiens, en révélant notamment que jusqu'à 65 % des cas de morsures traités par les policiers et les patrouilleurs canins de Montréal concernent les pitbulls.

On y apprend également que selon une étude américaine, 61 % des pitbulls échouent à leur test de tempérament dans les refuges contre 39 % de tous les chiens.

Nancy Tucker, éducatrice canine et membre fondatrice du Regroupement québécois des intervenants en éducation canine (RQIEC), refuse de considérer qu'une race de chien soit génétiquement plus agressive qu'une autre.

« Ce n'est pas que je pense qu'aucune race n'est plus dangereuse : je le sais, la science le sait, insiste-t-elle. Génétiquement, il n'y a pas de gène qui prédit l'agressivité. »

Selon cette spécialiste du comportement canin, les tendances agressives de certains chiens ne proviennent pas de leur bagage génétique, mais plutôt d'un manque de socialisation en bas âge.

« Avant l'âge de 12 semaines, il est important de socialiser son chien, de l'exposer le plus possible à différents environnements pour qu'il s'habitue aux humains et aux autres animaux et qu'il ne devienne pas agressif une fois adulte parce qu'il a peur. »

Plusieurs personnes croient que ce qui fait des pitbulls des molosses si menaçants n'est pas nécessairement leur prédisposition à l'agressivité, mais surtout leur musculature et leur mâchoire puissante, rendant leurs morsures beaucoup plus sérieuses que celles d'un chihuahua, par exemple.

« C'est certain qu'un gros chien risque de causer plus de dommages qu'un petit dans une agression, mais ça s'applique pour tous les chiens! » rétorque Mme Tucker, rappelant au passage que le pitbull n'est pas une race en soi, mais bien un terme utilisé pour désigner plusieurs races, et donc des chiens de tailles différentes.

« Pas une question de race »

Le Dr Thomas De Vette, médecin vétérinaire à la Clinique vétérinaire centrale de Sherbrooke, est tout aussi déconcerté par les nouvelles statistiques incriminant les pitbulls.

« J'ai des pitbulls dans mes clients et ils ne sont pas agressifs : ils sont sociables, très gentils, note-t-il. Ce n'est pas du tout la terreur qu'on décrit parfois dans les médias. » 

« L'agressivité, ce n'est pas une question de race. Tous les chiens peuvent avoir des problèmes de comportement et d'anxiété. »

Pour appuyer ses propos, Dr De Vette fait référence à une étude effectuée en janvier dernier par l'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux (AMVQ) auprès de 116 médecins vétérinaires québécois.

« En 2015, 40 % des vétérinaires interrogés se sont fait mordre au moins une fois par un chien, et c'est le chihuahua qui a été le plus souvent impliqué avec près d'une morsure sur cinq, dit-il. Le pitbull arrive en 18e position de ce palmarès avec 1,1 % des morsures. »

Même son de cloche de la part de Cathy Bergeron, responsable des communications de la Société protectrice des animaux (SPA) de l'Estrie.

Selon elle, depuis le début de l'année, la SPA de la région a traité une quinzaine de cas de morsures, impliquant une multitude de races de chiens : du golden retriever au grand danois, en passant par le caniche et le saint-bernard. Une seule attaque impliquait un pitbull.

« Aux dires de mes patrouilleurs, le pitbull est la race pour laquelle il y a le moins de morsures », va-t-elle-même jusqu'à ajouter.

Prévenir les morsures chez les enfants

Chaque année, 117 000 cas de morsures de chien surviennent dans la province. Puisque 57 % des victimes sont des enfants de moins de dix ans, la SPA a conçu, il y a une dizaine d'années, le Programme de prévention des morsures dans les écoles primaires.

« Ce programme a pour but d'amener les élèves à adopter des comportements sécuritaires avec les chiens pour diminuer les risques de morsure, explique Cathy Bergeron. Au terme de cette formation, les enfants vont entre autres être capables de déchiffrer le langage corporel des chiens, d'approcher de façon sécuritaire les chiens et d'adopter les positions de protection recommandées en situation dangereuse. »

Pour recevoir une visite d'une éducatrice, il suffit de contacter la SPA au 819 821-4727, p. 112, ou par courriel à infos@spaestrie.qc.ca.

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