Projet Québec-New Hampshire : le BAPE convie les citoyens

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Pendant que le projet Northern Pass déchire toujours le New Hampshire, les Estriens pourront prendre connaissance de la portion québécoise du projet de ligne interconnexion Québec-New Hampshire lors d'une séance publique d'information du BAPE qui se tiendra le 20 juin à l'hôtel Delta de Sherbrooke.

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Pendant que le projet Northern Pass déchire toujours le New Hampshire, les Estriens pourront prendre connaissance de la portion québécoise du projet de ligne interconnexion Québec-New Hampshire lors d'une séance publique d'information du BAPE qui se tiendra le 20 juin à l'hôtel Delta de Sherbrooke.

Lors de cette séance, les citoyens pourront prendre connaissance du projet évalué à 125 M$ et des façons dont le BAPE entend s'y prendre pour en évaluer les impacts environnementaux.

Le projet consiste en la construction d'une ligne électrique à courant continu de 320 kilovolts (kV) sur une distance de 79 km entre le poste des Cantons, situé près de Windsor, et la frontière du New Hampshire. Hydro-Québec espère entreprendre les travaux à l'automne 2017 pour une mise en service prévue à l'automne 2019. Grâce à cette ligne, Hydro prévoit accroître ses exportations sur les marchés de la Nouvelle-Angleterre.

Dans les documents rendus publics cette semaine, on indique que la nouvelle ligne serait divisée en trois tronçons. Dans le premier, d'une longueur de 4,2 km, Hydro-Québec réutiliserait une portion de la ligne à 450 kV Nicolet‑Des Cantons existante dans une exploitation à 320 kV. Dans le deuxième tronçon, la nouvelle ligne à 320 kV longerait, du côté est, la ligne à 450 kV existante sur une distance de 59,6 km. Les pylônes de la nouvelle ligne seraient juxtaposés à ces derniers dans la mesure du possible. Enfin, dans le dernier tronçon, la ligne projetée parcourrait seule une distance de 15,4 km avant de rejoindre le point de traversée de la frontière du New Hampshire dans le nouveau corridor.

Impacts environnementaux

L'étude d'impact réalisée par Hydro-Québec indique que le déboisement autour des emprises projetées aurait des répercussions sur les peuplements forestiers, les milieux humides ainsi que sur certaines espèces d'oiseaux nichant le long du tracé.

Pour en minimiser l'impact, Hydro-Québec prévoit mettre en place un projet pilote, en collaboration avec l'organisme Forêt Hereford, qui permettrait de réduire de 53 m à 35 m la largeur de déboisement dans l'emprise de part et d'autre de la ligne.

Selon Hydro, 44 hectares de milieux humides seraient touchés par le déboisement. « Ces milieux conserveraient toutefois leurs fonctions écologiques, même si le projet entraînerait une modification de la structure végétale dans les aires déboisées », peut-on lire dans les documents. Bien que les travaux de déboisement seraient effectués en dehors de la période de nidification des oiseaux, Hydro reconnaît que « le projet aurait des répercussions sur certaines espèces, dont la paruline du Canada, en raison de la perte d'habitat prévue. »

D'autres mesures sont prévues afin de minimiser l'impact des travaux sur le tourisme, l'agriculture ainsi que sur la chasse et la pêche. Ainsi, les travaux seraient momentanément arrêtés durant la période de la chasse au grand gibier dans la forêt Hereford, et les usagers, les organismes responsables et les municipalités seraient tenus informés du calendrier des travaux.

Les citoyens peuvent consulter l'étude d'impact réalisée par Hydro-Québec et les autres documents relatifs à ce projet en se rendant dans les bureaux municipaux de Val-Joli, Ascot Corner, Saint-Herménégilde et East Hereford. Tout citoyen, groupe, organisme ou municipalité peut, jusqu'au 8 juillet, faire une demande d'audience publique sur le projet auprès du ministère de l'Environnement. Ce dernier déterminera alors si le BAPE doit faire enquête et tenir des audiences publiques sur les points soulevés par les requérants.

L'État du Granite divisé

Le projet Northern Pass, qui doit relier le New Hampshire à la future ligne électrique d'Hydro-Québec, fait toujours l'objet de vifs débats dans l'État du Granite. L'opposition au projet (particulièrement dans le nord de l'État) est telle, que le comité chargé du choix du tracé a annoncé cette semaine qu'il reportait sa décision (initialement prévue en septembre prochain) au mois de décembre 2017. Cette décision a fait réagir le partenaire américain d'Hydro-Québec, Eversource, qui prévoyait lui aussi entreprendre les travaux de construction de la ligne électrique au cours de l'année 2017. Dans un communiqué, son président, Bill Quinlan, a indiqué qu'Eversource allait «réévaluer ses options» de façon à accélérer la mise en chantier du projet.

Certains analystes américains évoquent maintenant une mise en service de la nouvelle ligne électrique en 2020 au lieu de 2019.

Pendant ce temps, l'hebdomadaire Colebrook Chronicle faisait état la semaine dernière d'un sondage réalisé par la station WMUR confirmant le fort sentiment d'opposition au projet Northern Pass, notamment dans le comté de Coös, où se trouve le point de jonction projeté par Eversource.

Selon ce sondage, mené auprès de 502 résidents, 35 % des répondants à l'échelle de l'État ayant une connaissance du projet s'y opposent, tandis que 39 % se disent favorables, ce qui représente une baisse de sept pour cent par rapport à la même période l'an dernier. Le taux d'opposition grimpe toutefois à 47 pour cent parmi les répondants habitant le long de la frontière Québec-New Hampshire.

L'impact du passage de la ligne de transmission sur le paysage, la faune et la flore des Montagnes Blanches est le principal argument invoqué par les opposants au projet.

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