La maladie de Lyme gagne du terrain

Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie, montre la carte sur laquelle sont répertoriés les 82 cas de maladies de Lyme déclarés en Estrie en 2014 et 2015. Les secteurs de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska sont plus touchés mais la problématique gagne lentement Sherbrooke, où les cinq premiers cas ont été observés en 2015.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) La maladie de Lyme gagne du terrain en Estrie. Le nombre de cas déclarés à la Santé publique a doublé en un an, passant de 28 en 2014 à 54 en 2015.

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Si une majorité de ces cas ont été recensés dans les MRC de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska, qui sont maintenant rattachées à la région sociosanitaire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, cinq cas ont été observés à Sherbrooke même alors qu'on en comptait aucun en 2014.

« C'est une maladie émergente en Estrie », met en garde Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique. « On l'a tous appris sur les bancs d'école en médecine, mais lorsqu'on l'apprenait c'était une maladie presque exotique qu'on pouvait acquérir quand on allait dans le nord des États-Unis, mais pas en sol québécois. Maintenant la donne a changé. »

La maladie de Lyme est causée par la piqûre de la tique à pattes noires infectée par la bactérie. La tique s'accroche à la peau, souvent lors de randonnées en terrain boisé, et si elle y reste plus de 36 heures, elle peut transmettre la maladie.

La première précaution consiste donc à se couvrir quand on sait qu'on va passer plusieurs heures dans un endroit où il y a des herbes hautes, dans une zone à risques comme l'Estrie. « On sait que la tique ne va pas sauter, explique Dre Généreux. Elle ne va pas voler. Elle va plutôt grimper. Si on est en contact avec les herbes, surtout les jambes, alors la tique peut s'accrocher. »

Au retour de la randonnée, il faut inspecter les jambes, les coudes, l'arrière des oreilles chez les enfants, tous ces endroits prisés par les moustiques. Si une tique s'accroche, on la retire avec une pince à sourcils, en tirant à la verticale, et on évite d'utiliser les doigts ou les ongles pour ne pas écraser la tique et favoriser la transmission de la bactérie responsable de la maladie.

« On peut aussi vouloir garder la tique dans un petit contenant hermétique pour l'amener chez son médecin si jamais on développait des symptômes, car il pourrait décider de l'analyser », ajoute Dre Généreux.Les symptômes les plus courants de la maladie de Lyme sont une rougeur sur la peau, autour de l'endroit de la piqûre. Cette rougeur est présente dans 60 à 80 pour cent des cas d'infection, explique la Santé publique. Elle s'agrandit de jour en jour et atteint généralement plus de 5 cm de diamètre. D'autres symptômes peuvent être associés selon les stades de progression de la maladie.

« Si on a une rougeur ou une douleur au niveau du site de piqûre dans les deux premiers jours, ce n'est probablement pas la maladie de Lyme, rassure d'emblée Dre Généreux.

« De jour 3 à jour 30 suivant la piqûre, on parle de symptômes un peu vagues, fièvre, douleur, raideurs à la nuque, fatigue, qui vont finir par passer si on ne traite pas. Mais ensuite ça peut mener à une autre phase, qu'on appelle la maladie de Lyme disséminée, qui elle peut mener à différentes complications cardiaques, neurologiques ou même articulaires », continue-t-elle.

Prise à temps, dans le premier mois qui suit la piqûre, la maladie de Lyme se traite « relativement bien » avec des antibiotiques oraux pour une durée de deux à quatre semaines. « L'enjeu c'est d'avoir passé tout droit sur le diagnostic à un stade précoce et se rendre compte qu'on a la maladie à un stade plus avancé avec des complications. À ce moment-là le traitement sera plus compliqué. »

Sur les 54 cas déclarés en 2015, deux ont subi des séquelles plus importantes, selon les informations dont dispose la Santé publique.

Pour bien se protéger lors d'activités en plein air

• Porter des vêtements qui couvrent la peau.

• Mettre les chaussettes par-dessus les pantalons.

• Porter des vêtements de couleur pâle. Les tiques sont ainsi plus faciles à repérer.

• Éviter les piqûres en appliquant un chasse-moustiques.

• Demeurer sur les sentiers dégagés des boisés et des forêts.

• Examinez votre corps pour repérer la présence de tique après une activité dans un endroit boisé.

Source : Direction de la Santé publique de l'Estrie

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