Une transition sur dix ans pour Supermétal

Le conseil municipal de Sherbrooke accepte que la... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Le conseil municipal de Sherbrooke accepte que la compagnie Supermétal augmente sa capacité production de structures d'acier dans l'ancienne usine Beloit afin de répondre à des besoins pressants, considérant qu'il y a un gain d'emplois et qu'un projet de relocalisation dans le parc industriel chemine en parallèle.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) De l'extérieur, rien n'y paraît. Ça va par contre bouger pour la peine en dedans.

La compagnie Supermétal a reçu l'aval des autorités municipales de Sherbrooke afin d'accroître sa capacité de production du tiers, projet d'expansion qui se fera en grugeant de l'espace à l'intérieur du vaste complexe Beloit (autrefois Ingersoll-Rand) qui a été dans le passé l'un des fleurons manufacturiers de Sherbrooke.

La Ville approuve « l'extension d'un usage industriel dérogatoire protégé par des droits acquis » même si elle souhaite pouvoir un jour amener ce fabricant de structures d'acier dans son parc régional afin d'entreprendre la restauration urbaine de la berge sud du lac des Nations.

Le temps presse pour Supermétal qui accumule les contrats. Ceux-ci dépassaient les 100 M $ avant que la compagnie décroche le gros lot, l'automne dernier, avec les commandes de livrer une cinquantaine de ponts d'acier pour le mégachantier de l'échangeur Turcot à Montréal. 

Les employés de Sherbrooke se chargeront des trois quarts de cette production pour le ministère des Transports du Québec, en ajoutant une cinquantaine de salariés à l'équipe en comptant actuellement 125. 

« Nous avons commencé à fabriquer les structures pour l'échangeur Turcot et nous devons pallier rapidement notre manque d'espace afin de soutenir le rythme. Notre cible est que nos espaces additionnels soient fonctionnels d'ici la fin de l'année » explique le président Jean-François Blouin.

Supermétal occupera alors plus des deux tiers de la superficie de l'ancienne Beloit ayant fermé ses portes en avril 1998. Rappelons que les espaces administratifs sont devenus un centre de services téléphoniques qu'opère présentement la compagnie Sykes.

Ce n'est toutefois pas parce que Supermétal investit dans ses installations actuelles pour répondre à des besoins ponctuels que la compagnie s'y ancre à jamais. 

« Pas du tout. Je comprends très bien les préoccupations des autorités municipales en convenant que les activités industrielles d'une entreprise comme la nôtre cadrent de moins en moins avec la vocation récréotouristique du lac des Nations. Nos discussions sont actives pour acquérir de la Ville un terrain d'envergure en vue d'une relocalisation dans le parc industriel » précise le président de Supermétal, pour qui une période de dix ans apparaît réaliste pour concrétiser ce déménagement sans compromettre la croissance de l'entreprise.

« Ça s'appelle du pragmatisme. On se bat pour sauver cinq ou dix emplois manufacturiers, on ne va quand même pas compliquer les choses pour une compagnie ayant le vent dans les voiles. L'amendement à nos règlements était mineur, il ne comportait qu'un ajustement en hauteur pour un bâtiment existant », précise le maire Bernard Sévigny, heureux de l'ouverture manifestée pour une éventuelle relocalisation.

M. Sévigny estime plus profitable de s'allier à une entreprise en bonne santé financière pour planifier la transition souhaitée que de bousculer.

« Ce serait inapproprié et d'ailleurs hasardeux de notre part d'agir autrement. J'ai toujours parlé d'un horizon de moyen et de long terme pour amorcer la transformation de la berge sud. Le moyen terme pour moi, c'est cinq ans. Le long terme, c'est dix ans. Nous sommes encore dans l'objectif ».

Autre raison pour la Ville de se montrer patiente, Supermétal s'intéresse à des terrains isolés dans le parc industriel, pas à ceux qui offriront une vitrine autoroutière et susceptibles de trouver preneurs rapidement.

« Une entreprise spécialisée comme la nôtre n'a pas besoin d'être en vue. La préoccupation est davantage d'avoir des écrans végétaux pour dissimuler les produits dans la cour. Ce sont les besoins que nous avons exprimés à la Ville », précise à ce sujet le président de l'entreprise.

Propriétaire du quadrilatère comprenant les anciennes installations de Beloit, le Groupe St-Pierre se chargera des travaux pour adapter le bâtiment principal aux besoins de son locataire Supermétal.

« Ça ne change rien à notre planification d'entreprise. Nous n'avions aucun projet de développement ou de conversion prévu cette année à cet endroit », commente son porte-parole Bernard St-Pierre.

Un projet d'ensemble comprenant plus de 700 unités d'habitation a déjà été élaboré et soumis à la Ville comme aperçu de ce que pourrait devenir éventuellement la « cellule St-Pierre », qui rejoindrait l'ancienne filature C.S. Brooks de la rue Pacifique.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer