Tournoi de sports électroniques : Michaël Viens champion

Établi favori dès le départ dans le tournoi... (Spectre média, Maxime Picard)

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Établi favori dès le départ dans le tournoi de NHL16 qui se déroulait sur consolePS4, le Sherbrookois Michaël Viens l'a emporté sans trop de problèmes 9-5 samedi contre la deuxième tête de série Greg Mosiman, de Québec.

Spectre média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Une trentaine de personnes étaient rassemblées au Tremplin samedi afin de se disputer les quelque 500 $ en prix du premier tournoi de sports électronique (eSports) organisé à Sherbrooke.

Établi favori dès le départ dans le tournoi de NHL16 qui se déroulait sur console PS4, le Sherbrookois Michaël Viens l'a emporté sans trop de problèmes 9-5 contre la deuxième tête de série Greg Mosiman, de Québec. Bon joueur, le Sherbrookois a offert à son compétiteur de diviser leurs prix à parts égales.

Rappelons que Viens fait partie de l'élite mondiale sur la franchise NHL et que ses talents lui ont permis de s'envoler à Las Vegas en 2013, où il était l'un des 128 finalistes d'un tournoi international organisé par Virgin Gaming où plus de 200 000 $ étaient remis en bourses. Un joueur qui l'aurait vaincu sur place samedi aurait eu matière à fanfaronner pendant longtemps.

« Je participais seulement pour le fun et c'est pour ça que j'avais déjà annoncé que je partagerais le grand prix. Et on ne sait jamais ce qui peut arriver. Il y a toujours une part d'aléatoire qui fait en sorte que tu peux perdre par malchance, mais là ça a bien été. »

« Le tournoi était super bien organisé même si c'était leur premier et ça va être à répéter. »

Les organisateurs Jean-Marie Alnéus et Christophe Tremblay espèrent que leur événement sera le premier d'une longue série.

« À New York, ils arrivent à remplir le Madison Square Garden avec les joueurs et les amateurs. Notre but, c'est de rassembler la communauté de joueurs de Sherbrooke et de l'extérieur pour qu'on puisse, partager notre passion des jeux vidéos et s'entraider à s'améliorer. Ça a commencé avec deux gars qui jouaient les vendredis soirs sur leur divan, et là notre divan est juste appelé à grandir », soutient M. Alnéus.

« Il faut que les gens réalisent que le gaming, ce n'est plus juste une activité que tu fais seul dans ton sous-sol. Ça fait sortir les gens, ça permet de créer des liens entre des personnes qui peuvent ensuite s'aider à progresser et donner de meilleures performances », souligne à son tour Christophe Tremblay.

S'ils souhaitent éventuellement tenir des événements de plus en plus rapprochés, les deux croient être en mesure de répéter l'expérience à la fin de l'été, près de la Rentrée scolaire.

« Pour une première édition on est très satisfaits. On va réfléchir pour voir ce qu'il faut améliorer, faire une introspective, mais nous sommes lancés dans le bain et on va pouvoir commencer à diversifier les jeux », résument les organisateurs.

Un phénomène en pleine ascension

Amorcée en Asie et plus particulièrement en Corée il y a plusieurs années, la vague des sports électroniques (eSports) est en train de frapper de plein fouet l'Amérique du Nord, ce qui permet à de nombreux joueurs de rêver qu'ils pourraient un jour joindre l'utile à l'agréable en gagnant leur vie grâce à leurs jeux favoris.

L'engouement est tel que l'ancien joueur de la NBA, Rick Fox, s'est permis d'avancer que le eSports allait surclasser la Ligue nationale de hockey au cours des deux prochaines années parmi les quatre sports majeurs aux États-Unis. Différents réseaux de télévision, dont le Réseau des sports (RDS), ont également commencé à diffuser des matchs du populaire League of Legends à leur antenne.

« C'est un marché en pleine progression qui vaut plus de 700 M$ actuellement, mentionne Jean-Marie Alnéus, qui a fondé Vs. Gaming eSports en compagnie de Christophe Tremblay. Il y a clairement un énorme intérêt pour ça, que ce soit de la part des participants, des organisateurs et des spectateurs. Les gens qui ont grandi avec Super Mario sont maintenant des adultes, mais on n'a pas pour autant décroché, on veut partager cette passion-là et la faire grossir. »

« Il y a beaucoup de ces compétitions dans les grosses villes et si on est capable un jour d'encourager le talent local et d'amener l'un d'entre nous à compétitionner contre les grosses pointures dans les gros tournois, où on parle de commanditaires majeurs et de voyages partout aux États-Unis, au Canada, voire ailleurs dans le monde, ça serait super intéressant! » s'emballe Christophe Tremblay.

« Il y a beaucoup de parallèles à faire avec le sport ou la musique, parce que ça prend beaucoup de pratique, de la gestion du stress et du talent et il faut que les gens soient en mesure de le reconnaître », ajoute-t-il.

Entente avec EA Sports

S'il ne compte plus gagner sa vie en tant que joueur au sein de différents tournois du jeu NHL, le Sherbrookois Michaël Viens ne met pas moins à profit son talent. Après avoir démarré une chaîne Twitch.tv en octobre 2014, ce dernier compte maintenant plus de 20 000 abonnés et près de 100 000 visionnements, ce qui lui a permis de parapher une entente avec l'entreprise EA Sports il y a un an pour qu'il continue de faire la promotion du jeu sur celle-ci. Il y diffuse notamment des façons d'exploiter les failles du jeu à son avantage et d'autres astuces pour permettre aux joueurs de s'améliorer.

« Je pourrais arrêter de travailler et survivre actuellement seulement à partir de mes revenus de gaming », mentionne Michaël Viens, qui dit faire environ 2500 $ par mois en revenus grâce à sa chaîne.

« Mais on est encore loin de la réalité de l'Asie ou de l'Europe avec des jeux beaucoup plus populaires comme FIFA, par exemple. ''Castro'' sur Twitch a 963 000 abonnés et cumule près de 17 millions de visionnements », prend-il soin de nuancer.

« C'est un début quand même et c'est un investissement pour les compagnies. Il y en a beaucoup qui essaient de commanditer des ''streamer'' pour agrandir leur communauté en Amérique. Plus que les gens voient le jeu, plus que les gens vont vouloir l'acheter. »

À une époque où il jouait beaucoup plus régulièrement à NHL, soit une quarantaine d'heures par semaine, Greg Mosiman avait également été approché par EA Sports il y a trois ans pour participer à de grands tournois sous ses couleurs, ce qui ne s'est finalement jamais concrétisé.

« C'est un peu un regret, parce que j'avais des contraintes qui m'en empêchaient à ce moment, mais ça aurait été un rêve, mentionne-t-il toutefois. Être payé et commandité pour jouer... »

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