« L'avocat glamour est un mythe »

«C'est difficile de monter une clientèle en début... (Spectre média, René Marquis)

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«C'est difficile de monter une clientèle en début de carrière», constate Julien Collin, président de l'Association du jeune Barreau de Saint-François.

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(Sherbrooke) L'avenir est loin d'être rose pour les jeunes avocats fraîchement diplômés de l'École du Barreau.

L'Association du jeune Barreau de Saint-François (AJBS) fait siennes des conclusions du Jeune Barreau de Montréal qui dresse un portrait sombre de cette profession juridique en début de carrière.

« Nous ne sommes pas surpris de ces conclusions. La situation de l'emploi chez les jeunes avocats est déplorable et la région n'y fait pas exception », constate le président de l'Association du jeune Barreau de Saint-François (AJBS), Me Julien Collin.

« Je le vois avec les jeunes avocats qui viennent me confier leurs préoccupations. Les données tiennent compte des jeunes avocats qui sont en exercice, mais ceux qui ne sont plus membres du Barreau n'ont pas été interpellés. Le portrait est peut-être encore plus sombre. La profession d'avocat doit faire une cure de rajeunissement, c'est clair. Certains fondements doivent être revus », constate Me Collin.

Les membres du conseil d'administration du Jeune Barreau de Saint-François se sont penchés sur ces conclusions concernant les avocats en début en début de carrière. Un programme de parrainage entre un membre de l'AJBS et d'un nouvel avocat d'un autre cabinet que le sien a été mis en place pour répondre à diverses questions en début de carrière.

« L'avocat glamour est un mythe. Ça n'existe pas. Les salaires sont bas en ce moment. Il y a peu d'emploi. Les conditions sont meilleures au public, à la couronne ou à l'aide juridique, mais il y a de moins en moins de postes. Les nouveaux avocats doivent remplacer les congés de maternité pendant plusieurs années avant qu'un poste s'ouvre. Tous ces jeunes avocats qui font les remplacements deviennent en compétition pour LE poste qui va s'ouvrir », estime Me Collin.

Discussions

Le président de l'Association du jeune Barreau de Saint-François souligne que le Barreau du Québec se préoccupe de la situation des jeunes avocats qui comptent moins de dix années de pratique.

« Au Barreau, il y a des discussions sur la situation particulière des jeunes. La bâtonnière Me Claudia Prémont en fait son cheval de bataille. Il est difficile de se tailler une place et de la garder pour un jeune avocat. Le programme d'aide aux membres du Barreau du Québec n'a jamais été aussi sollicité qu'au cours des dernières années. Une majorité de jeunes font affaire à ce service. En 2015, il y a huit jeunes avocats qui ont quitté la profession seulement dans le district judiciaire de Saint-François », soutient Me Collin.

Le président de l'AJBS estime que les salaires en début de carrière sont relativement bas.

« C'est difficile pour un jeune de refuser les conditions offertes quand il sait qu'un autre jeune avocat derrière lui va les accepter. Il plane une certaine omertà sur les salaires, mais les extrêmes les plus élevés demeurent relativement bas. C'est difficile de monter une clientèle en début de carrière », indique Me Collin.

La présence d'une faculté de droit de l'Université de Sherbrooke et de l'École du Barreau amène un flot d'étudiants qui amène des gens de l'extérieur à s'établir dans la région.

« Nous aimerions qu'un portrait global puisse être dressé par les universités sur la situation de l'emploi pour faire en sorte que les jeunes puissent faire un choix éclairé dès le cégep. Il n'y a pas assez d'emplois pour tous les Sherbrookois qui souhaitent travailler en droit. Ce n'est pas facile. L'offre et la demande ne sont pas avantageuses pour les jeunes », constate le président de l'AJBS.

Selon l'AJBS, un contingentement intelligent devrait être réalisé avant l'entrée à l'École du Barreau.

« Présentement, le seul critère demeure les notes du baccalauréat en droit. Des cours en gestion peuvent être utiles, mais nous ne sommes pas d'accord avec le fait qu'ils doivent être obligatoires. Nous souhaitons que l'École du Barreau axe davantage sur la pratique. Sa mission doit aller au-delà de les aider à seulement passer l'examen. Je sais qu'un travail en ce sens est amorcé », signale Me Julien Collin.

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