Un plaidoyer pour le don d'organes

Aujourd'hui en attente d'une greffe, Janie Boulianne-Gref a... (Spectre Média, Julien Chamberland)

Agrandir

Aujourd'hui en attente d'une greffe, Janie Boulianne-Gref a vécu tout un choc lorsqu'elle a appris, l'automne dernier, qu'elle souffrait d'insuffisance rénale chronique en phase terminale, ayant bien failli causer sa mort.

Spectre Média, Julien Chamberland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Janie Boulianne-Gref semble porter un nom prédestiné : après avoir appris il y a six mois qu'elle souffrait d'insuffisance rénale chronique en phase terminale, la jeune femme est aujourd'hui en attente d'une greffe qui pourrait lui permettre de cesser ses traitements de dialyse.

« Mon père est en train de passer les tests pour voir s'il est compatible pour me donner un de ses reins. Si ça fonctionne, on pourrait dire que mademoiselle Gref s'est fait greffée d'un Gref! », rigole-t-elle.

Lorsque l'on rencontre Janie pour la première fois, on ne pourrait jamais se douter que cette superbe jeune femme au sourire resplendissant est atteinte d'une maladie qui a failli lui coûter la vie. Seul l'abord vasculaire central qu'elle porte près de sa clavicule droite laisse penser qu'elle reçoit quelconque traitement médical.

Pourtant, l'automne dernier, lorsqu'elle s'est rendue à l'hôpital en raison de symptômes inquiétants, Janie a échappé à la mort de peu.

« J'avais des symptômes d'une grippe : des chaleurs, des étourdissements, le nez qui coule et ainsi de suite, raconte-t-elle. Mais, tranquillement pas vite, mes symptômes se sont vraiment amplifiés. (...) Je me demandais ce que j'avais, à un tel point que j'ai eu peur d'avoir une pneumonie, quelque chose d'un peu plus grave qu'une grippe. »

Le choc de l'annonce

À l'hôpital, le verdict tombe : ce dont elle souffre est en fait terriblement plus sérieux qu'une simple grippe. Ses reins menacent de la lâcher, puisqu'ils ne fonctionnent plus qu'à 7 pour cent de leur capacité.

« Si j'avais attendu quelques heures de plus, j'allais mourir, lâche Janie. Je montrais déjà des signes d'un AVC : j'avais un bras engourdi, je commençais à avoir la vision trouble. »

L'Ascotoise dans la trentaine est aussitôt hospitalisée et le demeurera pendant environ un mois. Les deux premières semaines, elle est alitée aux soins intensifs, où elle reçoit régulièrement des traitements d'hémodialyse.

Alors qu'elle croyait seulement avoir pris du poids, Janie avait en fait accumulé 30 livres en rétention d'eau, qui ont pu être retirées grâce à la dialyse. Le liquide avait envahi son corps et s'était même infiltré dans ses poumons.

« C'est une expérience difficile, parce que rendu à ce point-là, tu es confronté à deux choix : soit tu subis des traitements et tu continues à vivre, soit tu laisses la nature faire son oeuvre et tu te laisses mourir », confie-t-elle.

Des traitements « durs sur le corps »

Heureusement, Janie a choisi la première option. Aujourd'hui, elle est de retour à la maison, mais doit continuer de subir trois traitements de dialyse par semaine, à raison de quatre heures par séance. Sous sa peau se trouve en permanence un abord vasculaire central, permettant aux infirmières de brancher le corps de Janie à une machine pour qu'un rein artificiel filtre son sang.

« Oui, la dialyse, c'est révolutionnaire, mais ce n'est pas non plus une solution miracle, souligne Janie. C'est dur sur le corps. Quand je sors de là, je me sens comme si j'avais 70 ans. »

« En comptant le temps que ça me prend pour me déplacer là-bas, me brancher et me débrancher, je consacre 18 h par semaine juste à la dialyse. C'est un emploi à temps partiel. »

Son véritable emploi, Janie ne peut désormais plus s'y rendre qu'à temps partiel. Comme elle était la gérante du bar Commission des liqueurs, à Sherbrooke, la jeune femme a également dû se battre contre plusieurs préjugés.

« Beaucoup de gens croyaient que ma maladie venait du fait que j'avais abusé de l'alcool, vu que je travaille dans un environnement où il y en a beaucoup, explique-t-elle. J'ai l'impression que ça rassure les gens de supposer ça, parce qu'ils se disent que ça ne leur arrivera pas s'ils n'abusent pas. Mais mon insuffisance rénale ne provient pas du tout d'un abus : c'est une maladie auto-immune, de type génétique. J'ai simplement tiré le mauvais numéro. »

Un geste qui sauve des vies

Pour tenter de retrouver une partie de sa liberté, mademoiselle Gref, comme on l'appelle, espère recevoir une transplantation de rein le plus rapidement possible. Toutefois, le délai d'attente moyen pour ce type de greffe est d'environ trois ans.

« Si mon père peut me donner l'un de ses reins, ça va être beaucoup plus rapide, dit-elle. Mais sinon, je vais devoir attendre. Ça dépend si quelqu'un a mon groupe sanguin ou pas. »

Janie considère que l'on ne parle pas assez du don d'organes et du geste « extraordinaire » que représente le fait de signer sa carte d'assurance-maladie pour signifier son consentement.

« Signez votre carte, insiste-t-elle. Vos organes, vous ne les amenez pas au ciel. (...) Beaucoup de gens ne veulent pas que l'on mutile le corps d'un être cher parce que c'est sacré, mais la vie aussi, c'est sacré! Et de donner une deuxième chance à quelqu'un, je pense que c'est encore plus merveilleux. »

La jeune femme entend d'ailleurs s'allier à Josée Parenteau, présidente de la Fondation canadienne du rein, section Estrie, afin de créer différents projets de sensibilisation au don d'organes et de tissus. D'ici là, elle raconte son histoire sur son blogue, mademoisellegref.blogspot.ca.

Le 28 mai prochain, Janie organise également un lave-o-thon écologique dans le but d'amasser des fonds pour la Marche du rein, à laquelle elle prendra part le lendemain. Le lave-o-thon se déroulera au restaurant Chicking, sur la rue King Ouest, entre 9 h et 16 h. Tous les sous recueillis iront à la Fondation canadienne du rein.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer