« Les prêtres pédophiles mieux traités que leurs victimes »

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La Tribune révélait que le prêtre Richard Bouffard, condamné à 15 mois de prison pour des gestes de nature sexuelle sur des mineurs, réside à l'archevêché de Sherbrooke depuis sa libération en 2006.

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(SHERBROOKE) « C'est malheureux que les agresseurs prêtres pédophiles soient encore mieux traités que les victimes. »

Le directeur de l'Association des victimes de prêtres, Carlo Tarini, estime que l'église devrait carrément exclure de ses rangs les prêtres trouvés coupables de crimes de nature sexuelle envers les enfants.

La Tribune révélait que le prêtre Richard Bouffard, condamné à 15 mois de prison pour des gestes de nature sexuelle sur des mineurs, réside à l'archevêché de Sherbrooke depuis sa libération en 2006.

« Il y a pire comme pénitence que de se faire enlever le droit de présenter la messe. C'est un peu l'équivalent de recevoir une tape sur les doigts pour des gestes qui ont marqué des victimes pour la vie. Ce sont quand même les dons des fidèles de l'Église catholique qui lui paient une retraite à l'archevêché de Sherbrooke », remarque M. Tarini.

Ce dernier estime que la compassion de l'Église aurait pu être dirigée vers les victimes au lieu qu'envers les prêtres reconnus coupables de crimes de nature sexuelle sur des mineurs.

« Il y a un double sens dans le discours de l'Église. D'un côté, l'Église affirme que c'est tolérance zéro envers les prêtres pédophiles; et de l'autre, elle les garde dans son giron une fois qu'ils sont libérés de prison et ne fait rien pour s'en débarrasser » , souligne Carlo Tarini.

Le directeur de l'Association des victimes de prêtres déplore aussi le moyen de défense de l'Église lors des poursuites civiles, alors que les avocats évoquent le délai de prescription pour entreprendre des poursuites civiles.

« La loi a changé en 2012, mais il n'était pas rare que cet argument soit invoqué. Les victimes devaient alors prouver qu'elles étaient dans l'incapacité d'agir lorsqu'elles ont été victimes des prêtres souvent autour de 8, 9 ou 10 ans. L'enfant ciblé, souvent un jeune isolé, était entraîné dans une culture du secret et de culpabilité par son agresseur » , explique Carlo Tarini.

Selon lui, l'Église catholique devrait consacrer son argent et ses énergies à chercher à indemniser du mieux possible les victimes.

« Les paroles et les prières, c'est bien beau, mais nous vivons dans une société de droit. L'argent ne peut réparer tous les torts, mais peut permettre de payer des spécialistes pour contribuer à l'aide aux victimes de ces gestes. Vingt, trente ou même quarante ans plus tard, plusieurs victimes de ces prêtres pédophiles sont encore en morceaux. Qu'est-ce que l'Église catholique a fait pour les victimes en termes de réadaptation ou de traitements ? » demande M. Tarini.

Ce dernier souhaite que Québec décrète une commission d'enquête sur les agissements des prêtres pédophiles.

« Souvent, les prêtres pédophiles étaient déménagés d'une paroisse à l'autre permettant à ce cancer des prêtres pédophiles de se propager », signale Carlo Tarini.

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