Pas l'apanage de l'Église

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Des scandales sexuels touchant différentes organisations ont également fait les manchettes au fil des ans et les ont incitées à instaurer des mesures préventives pour protéger les enfants et les personnes vulnérables.

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(Sherbrooke) Si Spotlight a ramené le projecteur sur les scandales sexuels commis par l'Église catholique, celle-ci n'est pas la seule institution qui a dû mettre en place des procédés pour les enrayer.

Des scandales sexuels touchant différentes organisations ont également fait les manchettes au fil des ans et les ont incitées à instaurer des mesures préventives pour protéger les enfants et les personnes vulnérables.

On a qu'à penser à des cas récents, comme celui de l'ancien entraîneur de ski alpin Bertrand Charest, qui fait face à 56 chefs d'accusation en lien avec des contacts et des agressions sexuelles sur des mineures au cours des années 1990. Plus tôt cette année, un promoteur immobilier de Longueuil, Patrice Cuerrier, a également été reconnu coupable de contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels, agression sexuelle, voyeurisme, impression et publication de pornographie juvénile pour des gestes commis en 2014, lorsqu'il a profité des préparatifs d'un camp scout où il agissait en qualité d'animateur pour attirer une adolescente de moins de 16 ans chez lui, durant l'été, afin de l'abuser sexuellement.

« On n'en a jamais eu ici heureusement, mais comme dans pratiquement tous les organismes maintenant, les antécédents judiciaires sont systématiquement filtrés et deux recommandations sont demandées pour chaque personne qui veut s'impliquer au sein de notre organisation et on répète le processus aux trois ans pour chaque personne », explique le directeur général de Soccer Estrie, André Cabana.

Même son de cloche chez Hockey Sherbrooke, où entraîneurs, bénévoles, arbitres, et autres personnes impliquées sont fichées depuis 12 ans, et auprès de l'Association des Aventuriers de Baden-Powell, une association scoute qui chapeaute une quarantaine de jeunes en Estrie et dont deux animateurs ont été arrêtés à Montréal lors de la vaste opération Malaise de la Sûreté du Québec visant l'exploitation sexuelle des enfants.

« Malheureusement, les gens mal intentionnés n'ont pas nécessairement un écriteau dans le front qui dévoile leurs intentions, déplore le vice-président de l'AABP, Nicolas Rousseau. Mais on sait qu'on travaille avec une clientèle vulnérable, la prunelle des yeux des gens, et on fait tout pour les protéger. »

Des règles très strictes encadrent ainsi les relations entre les animateurs scouts et les jeunes sous leur responsabilité.

« Il ne peut jamais y avoir un adulte seul avec un enfant, les portes des dortoirs doivent toujours demeurer ouvertes et les jeunes doivent aller seuls aux toilettes. Pour les douches, on fait comme les parents et on sent les cheveux des jeunes à leur sortie pour vérifier qu'ils se sont lavés. On veut protéger autant les adultes que les enfants là-dedans et des inspecteurs font des visites-surprises aux différents camps pour s'assurer que les règles sont respectées et c'est tolérance zéro », mentionne M. Rousseau.

« On ne peut jamais garantir le risque zéro, mais tout est fait pour assurer au maximum la sécurité des jeunes », soutient de son côté André Cabana.

L'importance du dialogue

Il n'y a aucun profil type qui correspond à un pédophile et qui permet de l'identifier d'emblée, mais plusieurs moyens existent pour les parents afin d'aider les enfants à s'en protéger, indique la chercheure et psychologue Mélanie Gagnon, du Centre d'expertise Marie-Vincent, à Montréal.

Le Centre vient en aide aux enfants de 12 ans et moins victimes d'agressions sexuelles ainsi qu'à leurs parents et à leurs proches.

« Malheureusement, on ne peut pas donner une liste aux gens qui leur permettrait de tout prévenir, mais essentiellement, il faut en parler. Plus on va en parler, plus on va faire tomber les tabous et le silence. On rencontre des enfants de cinq ou six ans qui n'ont pas le vocabulaire pour exprimer ce qui s'est passé. Et c'est aussi difficile pour un enfant de nommer quelque chose s'il ne saisit pas que ce n'est pas correct. »

Dès la plus tendre enfance, les parents peuvent apprendre à leur enfant à nommer ses parties génitales pour ouvrir ensuite le dialogue à son rythme, signale Mme Gagnon.

« Quand vous donnez le bain, vous pouvez simplement nommer les endroits que vous nettoyez; indiquer à votre enfant que vous lavez ses oreilles, ensuite ses fesses, son pénis ou sa vulve. Dans le quotidien, tous les moments de soins sont des moments propices. On peut ensuite leur faire comprendre que c'est à eux, que personne n'a le droit d'y toucher. »

Et rappeler l'importance de leur consentement, insiste la spécialiste.

« Que s'il ne se sent pas à l'aise qu'il a le droit de dire non et qu'il a le droit d'en parler à un adulte. »

À cet égard, Mélanie Gagnon met en garde les parents qui obligent les enfants à embrasser des membres de la famille contre leur gré.

« On doit faire attention à ces paradoxes; dire qu'il a le droit de dire non, mais de l'obliger d'embrasser matante ou grand-maman. Parce qu'il ne distinguera pas l'adulte qui le fait par plaisir et celui qui le fait pour profiter de lui. »

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