Mosquée A'Rahmane : ouvrir les portes et les esprits

Les deuxièmes portes ouvertes de la mosquée A'... (Spectre média, Maxime Picard)

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Les deuxièmes portes ouvertes de la mosquée A' Rahmane, située rue Massé, avaient notamment pour objectif de partager les valeurs de respect, d'égalité et d'inclusion de l'islam avec la communauté sherbrookoise.

Spectre média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) « On veut échanger avec la communauté de Sherbrooke. On veut montrer nos valeurs d'entraide et de partage, et montrer qu'on est prêts à s'impliquer dans la communauté avec les citoyens. »
Voilà le message que souhaitait passer la mosquée A' Rahmane (de la Miséricorde, en arabe) en ouvrant ses portes au public samedi.

« On a un trésor caché, il suffit juste de le faire découvrir », affirme Djouaher Madjid, membre actif de l'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE).

En organisant des portes ouvertes, l'ACIE espérait non seulement faire découvrir cet endroit multifonctionnel, mais aussi faire connaître les valeurs universelles d'un islam authentique et moderne et apporter des réponses aux questions que peuvent se poser les Sherbrookois au sujet de cette religion.

« J'aurais aimé qu'il y ait un peu plus d'affluence, déplore M. Madjid. Mais les personnes qui sont venues sont ressorties satisfaites. »

Car peu de citoyens non musulmans se sont présentés à cette journée placée sous le thème Islam = paix + tolérance.

Greg Altine, un Sherbrookois catholique, était présent pour accompagner sa fille Odrée-Maude, qui s'est convertie à l'islam il y a près de trois ans.

« Comme ma fille est rendue musulmane, j'étais curieux de savoir c'était quoi un peu, j'étais intrigué parce que je ne connais absolument rien de ça, confie-t-il. Moi, j'ai peur pour elle : je n'aime pas ça qu'elle se promène avec son turban sur la tête, j'ai peur qu'elle se fasse écoeurer avec ça, qu'on lui crie des insultes. Mais elle est tellement bien là-dedans qu'on veut la soutenir. »

« Quand on ne connaît pas ça, ça fait peur, ajoute sa conjointe Nicole. Mais quand elle te l'explique bien, que tu vois qu'elle a l'air heureuse et que ce n'est pas une magouille, c'est rassurant. »

Défier les préjugés

Odrée-Maude Lepage-Altine, qui se fait aujourd'hui appeler Maryam (Marie) par ses amis, avait 23 ans lorsqu'elle s'est convertie à l'islam, une religion qu'elle a découverte par le biais de ses amis sénégalais.

« À partir de là, l'islam a vraiment été un encadrement pour moi, explique-t-elle. Juste le fait de prier cinq fois par jour, ça donne un horaire à ta vie! »

C'est qu'avant, lorsqu'elle était athée, Odrée-Maude faisait beaucoup la fête. Trop, selon elle.

« De me convertir, ça m'a apporté du calme, parce j'étais quelqu'un de vraiment stressée, dit-elle. Ça m'a aussi donné de la sagesse, dans le sens que mes décisions sont maintenant plus réfléchies, moins spontanées. »

Son histoire est très semblable à celle de sa vieille amie, qui l'accompagnait à la mosquée samedi. Celle qui a préféré garder l'anonymat a fait un voyage au Mali en 2012, où elle a découvert cette religion qui l'a profondément attirée.

« Je n'en suis pas revenue à quel point c'était pacifiste, comment il y avait une belle solidarité entre les gens : ça m'a vraiment touchée, raconte-t-elle. Quand j'ai entendu l'appel à la prière pour la première fois, c'était la nuit. Pendant les deux premières secondes, je ne comprenais rien, mais ensuite, je me suis mise à écouter, et ça m'a fait quelque chose... je me suis sentie vraiment bien. »

Depuis qu'elles se sont converties et qu'elles portent le voile à certaines occasions - elles ne sont pas encore à l'aise de le mettre au quotidien - les deux jeunes femmes ont évidemment vu le regard des autres changer sur elles.

« Dernièrement, mes parents ont su que j'étais convertie officiellement, dit la deuxième. Ça passe moyen. Ils ne comprennent pas trop pourquoi je fais ça. »

Lorsqu'on leur demande ce qui pourrait aider à dissiper les préjugés que plusieurs Québécois entretiennent envers l'islam, les deux amies sont unanimes : l'ouverture d'esprit doit venir des gens, sans quoi on ne peut pas les obliger à écouter.

« Il faut que les gens viennent à des événements comme aujourd'hui, affirment-elles. Qu'ils viennent et qu'ils posent des questions aux vraies personnes au lieu de se fier uniquement à ce que véhiculent les médias. »

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