Un pédophile logé à l'archevêché

L'abbé Richard Bouffard avait été reconnu coupable en... (Archives, La Tribune)

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L'abbé Richard Bouffard avait été reconnu coupable en 2005 de crimes sexuels contre un adolescent et un jeune adulte commis dans les années 1980.

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(Sherbrooke) Même si le diocèse de Sherbrooke assure se rallier du côté des victimes d'abus sexuels, l'abbé Richard Bouffard profite d'un soutien qui pourrait sembler embarrassant aux yeux de plusieurs, lui qui est logé à l'archevêché de Sherbrooke depuis sa libération en 2006, a appris La Tribune.

Treize prêtres sont actuellement pensionnaires à l'archevêché de Sherbrooke. Questionné par le journal à propos de l'abbé Bouffard, l'un d'entre eux a parlé d'un « homme brisé par les événements dramatiques dont il est responsable » qui y avait été « accueilli comme un frère ».

« C'était avant que j'arrive ici, mais c'est une question de fraternité et de charité », explique quant à lui Mgr Luc Cyr.

« C'est un homme (l'abbé Richard Bouffard) qui a purgé sa peine et qui avait besoin de se loger qui est venu vivre ici. Sa famille est ici et ses suivis médicaux le sont également. On est bien conscient de sa responsabilité et on n'est pas en accord. Mais en même temps, on ne peut pas le mettre à la rue non plus. Il y a une charité à vivre là-dedans. On n'abandonne pas personne. C'est comme dans une famille. Si une telle chose arrive à un frère ou une soeur, on n'est pas d'accord avec ses agissements. Qu'est-ce qu'on fait après? L'Évangile nous demande de pardonner et d'accueillir et c'est ce qu'on fait. »

Au-delà de l'Évangile, il s'agit de la responsabilité et du devoir d'un évêque de veiller sur ses ouailles, renchérit l'archevêque de Sherbrooke.

« Si l'aide sociale ou une pension de vieillesse ne suffit pas, moralement, je suis obligé d'aider », indique-t-il.

Car derrière l'opulence que peuvent dégager les murs de la Basilique-Cathédrale Saint-Michel ou de l'archevêché se trouvent des abbés qui ne roulent pas nécessairement sur l'or, mentionne Mgr Luc Cyr.

« C'est une réalité dont on ne parle pas beaucoup, mais comme prêtres diocésains, nous sommes autonomes, contrairement aux communautés religieuses. Chacun est indépendant, paye ses affaires, fait ses déclarations d'impôts, paye son loyer ou sa pension et doit aussi assurer sa retraite. Nous avons un salaire, et certains ont eu la chance d'être professeurs d'université ou aumôniers dans un collège ou une école, d'autres ont pu compter sur un bon héritage familial, mais ce n'est vraiment pas le cas de tous. Certains ont moins de revenus et peuvent avoir des problèmes de santé. Ici, les prêtres peuvent s'entraider. »

Et contrairement aux autres pensionnaires de l'archevêché, l'abbé Richard Bouffard ne peut célébrer aucune cérémonie.

« Il loge ici, mais il n'est impliqué dans rien de public », résume Mgr Luc Cyr.

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