Soulagement dans les commissions scolaires

Gilles Normand, président de la Commission scolaire de... (Archives, La Tribune)

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Gilles Normand, président de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), se dit très content de l'écoute dont a fait preuve le ministre Sébastien Proulx en commission parlementaire.

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(SHERBROOKE) Les dirigeants des commissions scolaires ont poussé un soupir de soulagement vendredi, en apprenant que le ministre de l'Éducation et de la Famille, Sébastien Proulx, abandonnait le projet de loi 86 sur la gouvernance scolaire et le remplaçait par un plan pour la réussite scolaire.

« On va enfin pouvoir parler de richesse éducative, et non de structures, applaudit Jean-Philippe Bachand, président de la Commission scolaire des Sommets (CSS). Le plan pour la réussite scolaire du gouvernement met vraiment l'emphase sur la réussite des élèves, et ça, c'est tant mieux. »

Quant à lui, Gilles Normand, président de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), réagit à la situation en employant sensiblement les mêmes termes que son homologue.

« La bonne nouvelle là-dedans, c'est qu'on ne parlera plus de structures et qu'on va travailler sur des stratégies de réussite pour nos élèves », affirme-t-il.

« On a perdu beaucoup de temps au cours des deux dernières années à travailler sur des orientations qui n'amenaient pas plus de réussite : ce n'est pas une fusion des commissions scolaires ou une modification de la gouvernance qui va amener nos jeunes à mieux réussir. C'est de travailler ensemble et d'écouter les attentes du milieu. »

Depuis l'entrée en fonction du gouvernement Couillard en mai 2014, le débat sur la restructuration de la gouvernance en éducation a été la source de nombreuses tensions dans le milieu : des discussions dans lesquelles les commissions scolaires ont dû investir temps et énergie.

« Ça fait deux ans qu'on perd à se chicaner et à déstabiliser la structure éducative au Québec, constate lui aussi M. Bachand. On a bien hâte d'aller de l'avant pour le bien des élèves. »

Des idées prometteuses

Le plan pour la réussite scolaire que compte déployer le gouvernement Couillard au cours des deux prochaines années comporte plusieurs aspects : réforme de la formation des enseignants, révision du financement destiné aux élèves en difficulté d'apprentissage, rehaussement de l'enseignement du français, mise sur pied d'un Institut national d'excellence en éducation, création d'un ordre professionnel des enseignants.

« L'idée de l'Institut national d'excellence en éducation, je pense que c'est une bonne chose, dit Jean-Philippe Bachand. Ça va permettre de transmettre les meilleures pratiques des commissions scolaires. »

Même verdict pour le financement des services aux élèves en difficulté. « On est très contents de tout montant réinvesti en éducation, si petit soit-il, souligne le président de la CSS. L'éducation, il ne faut pas voir ça comme une colonne de dépenses et de revenus, mais comme un investissement, parce que c'est notre société de demain. »

Le seul point du plan qui semble faire douter les commissaires est la maternelle à 4 ans pour tous.

« La maternelle à 4 ans dans les milieux défavorisés, on a toujours cru que c'était bon, mentionne Gilles Normand. Mais de là à l'offrir partout, je pense qu'il faut que la réflexion soit faite à plus large échelle. Il faut comprendre que ça va prendre des espaces pour l'offrir. À notre commission scolaire, on a déjà un peu de problèmes de manque d'espace dans nos écoles. »

Les enseignants protestent

Le plan pour la réussite scolaire détaillé dans La Presse+ vendredi ne fait pas l'unanimité dans le milieu de l'éducation. La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) considère que les orientations du ministre Proulx n'ont pas été déterminées « en tout respect de [l'expertise des enseignants et enseignantes] ».

« Le problème, c'est surtout qu'on n'a pas été consulté », lance d'emblée Benoit Houle, président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE-CSQ).

Dans un communiqué de presse signé par la FSE, la présidente, Josée Scalabrini, s'est opposée à la création d'un « ordre professionnel imposé ».

« Un ordre professionnel, c'est pour protéger le public, souligne M. Houle. Or, nous, on a le protecteur de l'élève, le conseil des commissaires et les directions d'écoles qui ont le droit de faire des évaluations des enseignants. Alors pourquoi instaurer un ordre professionnel, qui ne va que créer une nouvelle structure et nous obliger à débourser annuellement? »

Quant à la scolarité obligatoire de 4 à 18 ans, Benoit Houle considère que cette mesure, implantée seule, n'aurait pas un impact significatif sur le décrochage scolaire.

« Dans les endroits où ils ont mis l'école jusqu'à 18 ans, ce n'est pas nécessairement cette mesure-là qui a eu un réel impact pour contrer le décrochage, affirme-t-il. Les gouvernements ont aussi instauré d'autres mesures. Peut-être que ça peut avoir des conséquences positives au Québec, mais il faudrait encadrer cette mesure-là avec autre chose. »

La FSE dit également craindre que la révision du financement pour les élèves en difficulté ne soit qu'un prétexte pour « faire des compressions dans ce poste budgétaire ».

« À ce que j'ai pu lire aujourd'hui, les professionnels aideraient les enseignants en classe pour qu'ils interviennent auprès des élèves, mentionne M. Houle. Mais un enseignant n'est pas un psychologue. On veut que ce soit le psychologue qui fasse l'intervention auprès des jeunes. »

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