Daniel Lepage se lance dans une nouvelle affaire

Daniel Lepage a fait des mauvais choix par... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Daniel Lepage a fait des mauvais choix par le passé, mais il regarde en avant et tente d'améliorer les choses, une invention à la fois. Le Magogois pose à côté de l'échaudeuse novatrice pour denturologistes qu'il a développée au cours des derniers mois.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Nouvelle vie, nouveau plan d'affaires. Si Daniel Lepage s'est fait connaître dans les médias pour la serre de production aéroponique dissimulée au sous-sol de son atelier de réparation de bateaux, c'est maintenant pour développer un équipement de denturologie novateur qu'il travaille au sous-sol de sa maison à Magog.

« Par le passé, j'ai fait de mauvais choix. Mais je suis ingénieux, j'ai de bonnes idées et j'essaie de les développer », explique celui qui a été déclaré coupable de production de cannabis dans le but d'en faire le trafic en 2010. Le juge de la Cour du Québec l'avait alors identifié comme étant le cerveau derrière la serre aéroponique ultrasophistiquée démantelée le 5 novembre 2005.

Daniel Lepage n'en est pas à sa première invention. Et c'est pour parler de sa dernière création qu'il a contacté les médias, assumant du même coup que son passé referait surface.

« J'ai toujours eu ça en moi la volonté d'inventer des choses ou d'améliorer les processus. À 19 ans, j'ai inventé un nouveau modèle de rack à vélo », note-t-il ajoutant que pendant les neuf mois qu'il a passé à l'ombre, il a aussi noirci plusieurs carnets d'idées à développer.

Celle de l'échaudeuse pour denturologistes lui est venue alors qu'il donnait un coup de main à sa soeur qui travaille dans le domaine. « J'ai vu ce qui se faisait et constaté qu'il y avait place à amélioration. C'est le côté automatisé de mon échaudeuse qui la distingue et la rend intéressante », explique-t-il.

La clientèle visée est celle des grands laboratoires de denturologie. M. Lepage était à Toronto cette semaine pour installer sa première échaudeuse chez Dental Service Group. Le prix de détail de la WaxOff 9000 est évalué à près de 20 000 $.

« La machine sert à enlever la cire des moulages à prothèses dentaires. Elle est autonettoyante, programmable et elle atteint sa température optimale en 23 minutes plutôt que les 90 minutes nécessaires aux équipements actuellement sur le marché », précise M. Lepage.

Un obstacle de plus

Les mauvais choix que Daniel Lepage a faits par le passé ajoutent un niveau de difficulté à ce que représente normalement celui de se lancer en affaires. Avec un casier judiciaire, impossible d'emprunter dans les institutions financières. Le Magogois a dû se tourner vers des amis pour avoir du love money.

Le site internet de l'entreprise, Automatisation de système et équipement, est à venir. M. Lepage y va une étape à la fois. En fonction de ses moyens financiers limités.

« L'objectif est de croître et de créer entre 15 et 20 emplois d'ici 5 ans », note M. Lepage qui, en attendant, continue de gagner sa vie en réparant des bateaux.

Et la confiance des clients est-elle aussi plus difficile à obtenir? Est-il plus simple de cacher le passé à vos clients, fournisseurs, partenaires d'affaires?

« Tout le monde est au courant. J'ai été suffisamment dans les médias pour que mon passé fasse partie de l'inconscient social. Je le tiens pour acquis et j'assume. Je suis à l'aise d'en parler. J'ai fait quelque chose d'illégal et je me suis battu jusqu'au bout par principe, car je crois que la police aussi a fait quelque chose d'illégal », souligne-t-il, faisant ainsi référence à sa tentative de démontrer que le mandat général obtenu par le Service de police de Sherbrooke pour effectuer l'opération en 2005 était trop permissif et trop intrusif.

Et vous regrettez le choix fait en vous tournant vers le cannabis? « C'est effrayant comme je regrette. »

« Ce mauvais choix m'a fait perdre tout mon argent. Et quelques bons amis ont disparu de mon entourage », déplore celui qui a perdu beaucoup, mais a aussi gagné.

« Je suis plus riche comme personne aujourd'hui. J'ai tellement appris de la vie. Avant, j'étais un petit coq qui voulait de l'argent et qui avait une grande insécurité à l'idée d'en manquer. Aujourd'hui, je suis cassé raide, mais j'ai confiance en la vie, j'ai la foi. C'est une forme de libération, de liberté. Je suis mieux », conclut-il.

Rappelons que c'est en creusant autour des fondations de l'atelier de réparation de bateaux que Lepage possédait sur le boulevard Bourque à Deauville que le SPS avait pu découvrir la serre de production aéroponique dissimulée au sous-sol du bâtiment. La perquisition en 2005 avait permis de saisir 2846 plants de cannabis ainsi que tout le matériel de production aéroponique.

Selon la Gendarmerie royale du Canada, cette serre aéroponique produisait 187 livres de cannabis par mois, soit un chiffre d'affaires d'environ 4,5 M$ par année.

Nouvelle vie, nouveau plan d'affaires. Peut-être qu'un jour les ventes d'échaudeuses pour denturologistes atteindront les millions de dollars. En attendant, Daniel Lepage continuera probablement à développer de nouvelles idées.

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