La crainte du regard des autres

Alors qu'il appréhendait le jugement populaire durant son... (Spectre Média, René Marquis)

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Alors qu'il appréhendait le jugement populaire durant son absence causée par le surmenage, le ministre Luc Fortin a reçu de nombreux messages d'encouragement de la part de citoyens ou de parlementaires de tous les partis.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Un autre ministre libéral en arrêt de travail, le plus jeune, en plus...

Luc Fortin ne cache pas qu'il appréhendait le jugement populaire au moment où il a dû s'admettre qu'il était en train de brûler la chandelle par les deux bouts.

« Comme je suis dans la trentaine, je me disais que je pouvais en prendre, que c'était un coup à donner et que je pourrais ralentir une fois que les choses seraient en place. Mais personne n'exigeait autant de moi. Le premier ministre ne nous oblige pas à travailler sept jours par semaine. Je suis le seul responsable de ce qui m'est arrivé. En même temps, notre charge est publique et ça suscite toujours des commentaires ».

M. Fortin a vécu le début de sa cure de repos en ermite.

« Les premiers jours, je ne suis pas sorti de la maison, même pas sur le balcon. J'ai dormi. Mais, à un moment donné, t'as envie de bouger. J'allais à l'épicerie, je suis sorti au restaurant avec ma mère et, partout, on m'a abordé avec énormément de gentillesse. J'ai beaucoup apprécié.

« La perception n'est pas du tout celle qu'on pense et celle qu'on craint. Les gens comprennent la réalité professionnelle et familiale dans laquelle nous sommes plongés. Ils sont capables de faire la part des choses », témoigne M. Fortin.

Ses collègues libéraux ainsi que de nombreux députés des partis d'opposition ont eu la délicatesse de lui faire parvenir un mot d'encouragement.

« Nos désaccords politiques ne teintent pas les rapports sur ces questions. J'étais content d'entendre Véronique Hivon annoncer son intention de prendre une journée par semaine avec sa famille durant la course au leadership du Parti québécois et je comprends les motivations de Pierre Karl Péladeau, qui voulait avoir plus de temps pour ses enfants ».

Les résolutions familiales du Nouvel An ont été couchées sur papier chez les Fortin avec l'intention de valider plus tard si elles avaient été tenues. Le ministre a échoué le test de mémoire.

« J'avais pris la résolution de consacrer une journée par semaine aux miens. Aux fêtes, je n'étais pas encore au conseil des ministres. J'étais simple député. N'empêche, il est possible d'organiser mes horaires pour rester fidèle à mes principes. J'ai l'intention d'être mieux structuré, beaucoup plus discipliné. Aller me cacher aux toilettes pour lire des courriels, j'ai fait ça au cours des derniers mois sur du temps consacré à ma famille. Je veillerai dans le futur à ce que nos moments ensemble soient de qualité ».

Le dernier mois en a vraiment été un d'introspection pour le ministre Fortin.

« Avec les nouvelles charges m'ayant été confiées, ça aurait dû être un passage heureux. Je n'ai été plongé dans aucune controverse, je n'ai vécu que du positif. Malgré tout, je me suis retrouvé sur le carreau en ne me souciant pas suffisamment de préserver l'équilibre ».

C'est le témoignage d'un ministre. Il aurait pu être celui de milliers d'autres Estriens essoufflés par le surmenage.

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