Autonomie des municipalités : Sévigny tend la main à Couillard

Dans son premier discours à titre de président... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Dans son premier discours à titre de président de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny a tendu la main au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour régler le dossier de l'autonomie des municipalités, assurer un nouveau partage des coûts des infrastructures et stimuler l'entrepreneuriat.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Au lendemain de son élection à titre de président de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny a tendu la main au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour régler le dossier de l'autonomie des municipalités, pour assurer un nouveau partage des coûts des infrastructures et pour stimuler l'entrepreneuriat.

Dans son discours livré en ouverture des Assises de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Bernard Sévigny ne pouvait éluder les relations de travail avec les employés municipaux. Le président de l'UMQ a rappelé que les Villes avaient besoin d'outils pour mettre fin aux négociations qui n'aboutissent pas.

« Il faut changer le cadre des relations du travail. En donnant des pouvoirs normaux à des gouvernements normaux, nous allons rétablir une équité normale, sans rien enlever à personne et dans le plein respect de nos employés », a-t-il dit.

En citant un sondage, il a mentionné que « les trois quarts des Québécois sont d'accord pour que les municipalités réclament plus de moyens pour négocier les conditions de travail de leurs employés afin de limiter l'augmentation des taxes municipales... Alors vous voyez, le pouvoir de décréter les conditions de travail, après avoir mené une négociation de bonne foi, n'est pas un simple caprice d'élus municipaux. Nous avons l'appui de la population ».

Le premier ministre Couillard a cherché à le rassurer. « Rééquilibrer le rapport de force, nous allons le faire. Ce n'est pas symétrique. Il doit être égalisé. Mon choix est celui de la confiance envers les élus municipaux. Ma destination est une négociation véritablement libre parce qu'assise sur un rapport de force. Mon parti pris, mon seul parti pris, c'est le contribuable, le citoyen. »

M. Couillard n'a toutefois pas confirmé qu'il accorderait le pouvoir aux municipalités de décréter les conditions de travail de leurs employés. La Presse laissait d'ailleurs entendre que le gouvernement opterait peut-être pour un arbitre plutôt qu'un décret.

« J'ai eu une rencontre avec M. Couillard et M. Coiteux (ministre des Affaires municipales) ce matin (jeudi) sur les objectifs des gouvernements de proximité, d'autonomie municipale, de relations de travail. Nous sommes à la même place. Ils comprennent très bien ce qu'est un gouvernement de proximité. Il reste du travail à faire. Je ne veux pas donner des pistes de solutions. Mais celle de décréter les conditions de travail, si c'est celle-là qu'on utilise, il faut que légalement elle soit blindée. On ne peut pas faire l'économie d'un manque de prudence et se faire débouter dans un an ou deux par les tribunaux. De concert avec le gouvernement du Québec, le véhicule qu'on va choisir va atteindre l'objectif. Peu importe le véhicule, il faut qu'il nous mène à destination. »

Infrastructures

M. Sévigny a aussi plaidé pour que le gouvernement fédéral assume 50 % des coûts des infrastructures et que le gouvernement du Québec continue de les financer à 33 %, ce qui laisserait 17 % pour les municipalités.

« Fini le partage un tiers, un tiers, un tiers. Pourquoi ne pas convenir d'un nouveau partage 50 %, 33 %, 17 % ? Il me semble que cette formule respecterait mieux la capacité de payer de chaque palier de gouvernement.

« Je pense que M. Couillard n'est pas fermé à revoir cette formule dans le pourcentage. Nous allons le plaider. Il faut trouver un espace en bas de 20 % pour maintenir un équilibre dans la contribution des fonds municipaux. »

Comme il l'a fait à la Ville de Sherbrooke, M. Sévigny a aussi vanté les bienfaits de l'entrepreneuriat. « Pour créer de la richesse aujourd'hui, la façon la plus porteuse c'est de miser sur l'entrepreneuriat, c'est d'encourager des entrepreneurs chez nous à démarrer et à développer leurs projets. C'est pourquoi la capacité d'action des municipalités en matière de développement économique doit être accrue.

« Pour alimenter notre élan, je mettrai sur pied rapidement un laboratoire d'idées, communément appelé un think tank, avec des personnalités de la sphère économique. Dans cette même foulée, je discuterai de développement économique avec l'ensemble des associations municipales des provinces canadiennes que j'ai conviées à un Sommet sur les gouvernements de proximité, le 17 juin prochain à Québec. »

Bernard Sévigny a confirmé que son mandat s'inscrirait dans la continuité de celui de Suzanne Roy. « Je vous rassure, ce n'est pas un défaut la continuité. Après six ans d'effervescence, la continuité, ce n'est pas le repos. »

Il n'est donc pas surprenant que l'autonomie municipale soit aussi une priorité. « Ce n'est pas une lubie à la mode. Encore moins un power trip des maires. C'est aussi une nécessité. Pour jouer notre rôle, nous avons besoin d'air.

« Que ce soit en Gaspésie, en Abitibi, sur la Côte Nord, en Estrie, dans Lanaudière, dans l'Outaouais, ou ailleurs au Québec, les municipalités doivent avoir la capacité d'agir comme de véritables gouvernements de proximité pour répondre aux défis du développement économique de leur milieu. »

Bernard Sévigny a donc tendu la main au premier ministre Philippe Couillard pour réaliser ces changements en partenariat.

« Votre main tendue, je la saisis avec amitié. Quand les municipalités avancent, c'est tout le Québec qui avance », a répondu M. Couillard dans son propre discours.

Un 4e président de l'UMQ issu de Sherbrooke

Bernard Sévigny a affirmé dans son discours devant les maires et mairesses du Québec qu'il était le quatrième maire de Sherbrooke à assumer la présidence de l'Union des municipalités du Québec. Aucune autre ville, selon lui, n'a produit autant de présidents. Il en a profité pour saluer son prédécesseur à Sherbrooke, Jean Perrault, qu'il a qualifié d'inspiration.

« Je suis content que Bernard prenne la relève de la présidence. C'est sûr que c'est un poste qui est difficile sur l'agenda. Moi, c'est quelque chose qui m'a réellement aidé pour avoir des contacts au provincial et au fédéral. Pour Cité des rivières, il fallait convaincre les gouvernements. Avoir un contact direct avec le premier ministre du Québec est un privilège », réagit Jean Perrault.

Comment M. Perrault explique-t-il que les maires de Sherbrooke soient aussi volontaires à occuper le poste de président de l'UMQ ? « J'ai toujours dit que nous sommes dans une communauté où nous ne sommes dépendants de personne. Dans un certain sens, Gatineau s'est développé grâce à la proximité d'Ottawa, Longueuil grâce à la proximité de Montréal. Nous, nous avons appris à nous tisser serré. »

L'ex-maire de Sherbrooke prévient qu'il faut toutefois trouver un moyen de ne pas négliger les obligations au conseil municipal. « Il faut être présent localement, mais il faut aussi l'être à l'échelle du Québec, et si possible, du Canada. C'est de la formation pour nos élus municipaux. Si on peut apprendre des voisins, on en sort enrichis. On ne peut pas rester dans notre ville, isolés. »

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